Par amour – Valérie Tong Cuong

par amour

Roman historique de 404 pages publié par les éditions JC Lattès le 25 janvier 2017. Il est disponible en format poche depuis le 3 janvier 2018.

De quoi ça parle :

Par amour, n’importe quel être humain peut se surpasser. On tient debout, pour l’autre plus encore que pour soi-même.

Valérie Tong Cuong a publié dix romans, dont le très remarqué Atelier des miracles. Avec cette fresque envoûtante qui nous mène du Havre sous l’Occupation à l’Algérie, elle trace les destinées héroïques de gens ordinaires, dont les vies secrètes nous invitent dans la grande Histoire.

Mon avis :

C’est avec L’atelier des miracles (mon avis ici) resté fort longtemps dans ma PAL, que j’ai découvert la plume de Valérie Tong Cuong. Et j’ai beaucoup aimé. En visitant le blog de Carnet parisien  je suis tombée sur sa chronique de Par amour et s’agissant d’un roman sur un thème cher à mon coeur, il fallait impérativement que je le lise…alors quand je l’ai vu à la médiathèque je me suis empressée de le prendre. Et ce fût une nouvelle fois un énorme coup de coeur.

C’est un roman choral qui nous plonge au coeur de la seconde guerre mondiale au Havre. Au milieu du combat que se livrent les anglais et les allemands, on suit le combat d’une famille pour survivre. Avec une écriture douce, tout en subtilité, l’autrice nous montre que les civils français ont également beaucoup souffert et beaucoup perdu pendant cette horrible période.

On suit Emélie, Joffre son mari, Lucie et Jean ses enfants, Muguette sa soeur, Marline et Joseph, les enfants de Muguette pendant leurs quatre années de souffrance, de résistance et de courage. La faim, la peur, la séparation, rien de ne leur sera épargné. Leur histoire se déroule à travers les yeux des différents personnages, vivant chacun la même histoire mais avec leur propre ressenti. Des retours en arrière effectués avec beaucoup de talent par l’autrice permettent de revoir un moment sous un autre point de vue.

C’est un roman magnifique, porteur de beaucoup d’émotions qui nous chamboule et nous emporte aux côtés des personnages auxquels on s’attache très vite et surtout très fort. Ils ont tous un point commun : l’amour, l’amour des siens, l’amour des autres, l’amour de la vie.

Je dis toujours que pour qu’une lecture me plaise il suffit que je m’attache aux personnages et que je me fasse le film dans ma tête et c’est ce qui s’est passé ici mais avec une telle force qu’arriver à la fin et refermer ce roman fût un déchirement.

L’autrice nous a offert avec ce roman une magnifique histoire racontée de façon admirable.  Une lecture indispensable.

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Pyromane – Wojciech Chmeliarz

pyromane

Polar de 416 pages publié par les éditions Agullo dans la collection Agullo noir le 4 mai 2017 – traduction Erik Veaux

De quoi ça parle:

À Varsovie, au cœur d’un hiver glacial, l’inspecteur Mortka est appelé un samedi matin aux aurores sur les lieux d’un incendie criminel. Dans les ruines fumantes d’une villa d’un quartier chic, on découvre le corps de Jan Kameron, un businessman qui a connu des revers de fortune. Sa femme Klaudia, une ex-star éphémère de la chanson, lutte pour sa vie à l’hôpital. Mortka espère d’abord qu’il s’agisse d’un règlement de comptes lié aux affaires pas toujours limpides de Kameron. Mais bien vite, il lui faut se rendre à l’évidence : un pyromane sévit dans les rues de la capitale, balançant des cocktails Molotov par les cheminées et semant la mort sur son passage… Il faudra toute la ténacité de Mortka, déjà fragilisé par son divorce récent et épuisé par les fiestas de ses colocs étudiants, pour mener à bien une enquête où les fausses pistes abondent. Sans compter le harcèlement de sa hiérarchie qui lui colle une profileuse dans les pattes, et le comportement suspect de son adjoint porté sur la boisson…

Avec cette première aventure de l’inspecteur Jakub Mortka, dit Le Kub, Wojciech Chmielarz nous offre un polar noir comme la suie, où police ne rime pas toujours avec justice…

Mon avis :

Je ne connaissais absolument pas ni les polars polonais, ni cette maison d’édition. Et la découverte fût agréable dans les deux cas. Le format, à mi chemin entre le broché grand format qui pèse trois tonnes et le poche, est agréable à prendre en mains. La couverture sobre et mystérieuse si on enlève le bandeau est très sympathique également.

Venons en aux faits…

Ce polar venu du froid…de l’Est m’a offert un excellent moment de lecture. L’auteur a su ajuster les deux composantes qui me plaisent dans ce genre de roman. On a un juste équilibre entre la vie personnelle des personnages et une intrigue très bien ficelée.

Tout commence avec un incendie dans une maison où on retrouve un cadavre et dont une femme a réussi à sortir miraculeusement. Très vite la piste criminelle est mise en avant et c’est à Jakub Mortka dit Le Kub que l’enquête est confié. Avec son adjoint Kochan ils vont tout faire pour mettre la main sur ce pyromane.

C’est le point de départ d’une enquête qui va se révéler très bien ficelée avec des nouvelles pistes et des nouvelles questions au fil des interrogatoires et des recherches de nos 2 policiers. Le ryhtme est très bon sans être intense on ne s’ennuie jamais, chaque action des policiers ouvre de nouvelles portes et apporte également de nouvelles perspectives sans perdre le lecteur. Tout est cohérent et bien amené.

Au milieu de l’enquête à proprement parler on apprend à connaître Le Kub, sa vie, ses déboires amoureux, ses relations avec ses enfants et ses collègues policiers que ce soit son coéquipier ou ses autres collègues. Et même pendant ces passages, on ne perd jamais de vue l’enquête policière et c’est très agréable.

On découvre également le mode de fonctionnement de la justice qui m’a semblé assez similaire du système américain ce qui m’a surprise car je ne m’y attendais pas. La pression du procureur et la concurrence entre collègues pour avoir le meilleur taux de résolution.

Le tout est orchestré de main de maître par l’auteur pour nous amener jusqu’à la résolution finale elle même très bien faite. Le lecteur a toutes les réponses à ses questions et tout prend un sens.

Bref, c’est un excellent polar qu’on dévore page après page pour découvrir le coupable. Un excellent moment de lecture. Ce polar a été lauréat du prix du Gros Calibre, récompensant les meilleurs polars polonais et c’est selon moi largement mérité.

Une nouvelle enquête du Kub, « La ferme aux poupées », doit paraître en avril 2018. Autant vous dire que j’ai hâte de pouvoir découvrir cette nouvelle enquête et je suis persuadée que si vous lisez Pyromane, vous serez aussi impatients que moi de retrouver le Kub et son coéquipier Kochan.

 

Mille petits riens – Jodi Picoult

mille petits riens

Roman de 592 pages à paraître le 7 mars 2018 aux éditions Actes Sud

De quoi ça parle :

Ruth est sage-femme depuis plus de vingt ans. C’est une em­ployée modèle. Une collègue appréciée et respectée de tous. La mère dévouée d’un adolescent qu’elle élève seule. En prenant son service par une belle journée d’octobre 2015, Ruth est loin de se douter que sa vie est sur le point de basculer.
Pour Turk et Brittany, un jeune couple de suprémacistes blancs, ce devait être le plus beau moment de leur vie : celui de la venue au monde de leur premier enfant. Le petit garçon qui vient de naître se porte bien. Pourtant, dans quelques jours, ses parents repartiront de la Maternité sans lui.
Kennedy a renoncé à faire fortune pour défendre les plus démunis en devenant avocate de la défense publique. Le jour où elle rencontre une sage-femme noire accusée d’avoir tué le bébé d’un couple raciste, elle se dit qu’elle tient peut-être là sa première grande affaire. Mais la couleur de peau de sa cliente, une certaine Ruth Jefferson, ne la condamne-t-elle pas d’avance ?
Avec ce nouveau roman captivant et émouvant, Jodi Picoult aborde de front le grand mal américain et nous montre – à travers les petits riens du quotidien, les pas vers l’autre – comment il peut être combattu.

Mon avis:

Jodi Picoult est une autrice que j’adore depuis que j’ai lu Ma vie pour la tienne. D’elle j’ai également lu Pardonne-lui et A l’intérieur. Toutes mes lectures ont été des coups de coeur. Aussi, quand Babélio m’a proposé de découvrir en avant première son nouveau roman, autant vous dire que je me suis précipitée pour postuler et que j’ai sauté de joie quand j’ai su que j’allais le recevoir. Et cette lecture fût un ENORMISSIME coup de coeur.

C’est une lecture dense, difficile émotionnellement parlant mais tellement passionnante.

Ruth est une sage-femme noire qui, depuis 20 ans, aide les femmes à passer le plus agréablement possible (ou tout du moins le moins douloureusement possible) cette étape cruciale qu’est l’accouchement. Elle essaie depuis bien plus longtemps encore de gommer par son comportement exemplaire la couleur de sa peau, espérant que les blancs la considèreront  comme une des leurs. Mais un post-it va changer le cour de sa vie et modifier sa vision du monde dans lequel elle vit.

post it original

Un couple de suprémacistes blancs venu pour mettre au monde leur premier enfant n’ont pas vu la douceur et la compétence de cette femme, ils n’ont vu que la couleur de sa peau et demandé à ce qu’elle ne touche plus jamais à son bébé. Et quand leur bébé décède, ils accusent Ruth d’avoir tuer leur bébé.

« Il n’y a rien de pire que de sortir de l’hôpital sans le bébé que vous étiez censé mettre au monde la-dedans »

Sous couvert du procès au cours duquel le sort de Ruth va être joué, l’autrice nous plonge dans une profonde réflexion sur le racisme. On suit alternativement Ruth, Turk le papa suprémaciste et Kénnedy la jeune maman avocate au service des plus démunis.

Pour Ruth qui toute sa vie durant a essayé de se fondre dans la masse, de ne pas faire de vague, « c’est comme si ce petit post-it dans le dossier de Davis Bauer avait sectionné une artère vitale et qu'(elle) n’arrivait pas à stopper l’hémorragie« . Elle réalise que quoi qu’elle fasse et peu importe qu’elle le fasse encore mieux que les autres, elle sera toujours une femme noire, celle qu’on suit dans les magasins pour vérifier qu’elle ne vole rien. Et le choc est rude. Elle a « libéré un monstre probablement tapi en (elle) depuis des années. Il était là, caché quelque part, attendant que quelque chose vienne ébranler (son) inébranlable optimisme, tranchant ses liens du même coup« . Ses relations avec Kennedy, son avocate vont être l’occasion de montrer ce qu’elle subit tous les jours, d’ouvrir les yeux de cette femme blanche qui « n’accorde aucune importance à la couleur de peau » sur ces mille petites phrases que l’ont dit sans réfléchir, ces milles comportements que l’on adopte, ces « mille petits riens » qui peuvent être pires que d’afficher ouvertement ses opinions raciales.

Parce qu’en opposition à cette vision du racisme « passif », inconscient, l’autrice nous montre, par le personnage de Turk, le racisme revendiqué, assumé, un mode de vie comme une religion. Turk est un personnage qu’on déteste, il a un vilain tatouage sur la crane qui montre clairement ses opinions, on découvre son passé de skinead violent, comment il a rencontré son épouse. Il est horrible… mais c’est aussi un père ravagé par le chagrin d’avoir perdu son bébé, un homme pétri de colère qui veut qu’un coupable soit désigné.

En alternant le point de vue des trois personnages, l’autrice nous offre une histoire dure, profondément psychologique avec des protagonistes extrêmement travaillés, une histoire qui fait réfléchir sur ses propres convictions. C’est captivant, envoûtant tellement on a envie de savoir comment vont évoluer les personnages et comment tout va se finir et on tourne les pages encore et encore. Et l’autrice nous offre un dénouement insoupçonnable, la cerise sur le gâteau. Une histoire qu’il est difficile de quitter tant elle est porteuse de questionnements intérieurs.

Bref, c’est un magnifique roman, une histoire à lire absolument.

Et il est dit dans le communiqué de presse qu’une adaptation cinématographique est en cours avec Julia Roberts et Viola Davis dans les rôles titres…Oh joie!!!!

Merci à Babelio pour ce superbe cadeau dans le cadre d’une opération Masse critique privilégiée

 

 

 

Ce soir on regardera les étoiles – Ali Ehsani

ce soir on regardera les etoiles

Roman de 220 pages publié par les éditions Belfond dans leur collection Le cercle-Belfond le 1er février 2018.

De quoi ça parle :

Des bombardements de Kaboul aux mirages des côtes italiennes, la leçon de vie pleine d’humanité d’un enfant déterminé à faire bouger les frontières d’un monde à la dérive. Bouleversant.
La guerre, c’est le quotidien d’Alì, huit ans. Les rues de Kaboul englouties sous les tirs de mortier, les terrains de foot improvisés au milieu des décombres, le petit garçon est habitué. Mais un soir, au retour de l’école, c’est sa maison qui a disparu et, avec elle, ses parents.
Sans famille ni argent, Alì et son grand-frère Mohammed prennent la route. Direction l’Iran, la Turquie, la Méditerranée, d’autres rives, à la recherche d’autres étoiles sous lesquelles trouver refuge.
Cinq ans plus tard, Alì est devenu un adolescent. Un gamin de treize ans cramponné au châssis d’un poids lourd en partance pour l’Italie. Un jeune homme épuisé, qui rassemble ses forces pour fuir, toujours plus loin. Seul.
Car Mohammed, son grand frère, son héros, s’est égaré en chemin… Qu’est-il arrivé ? Les deux garçons pourront-ils jamais tenir leur promesse d’être réunis, libres et heureux, sous les étoiles ?

Mon avis :

Cette lecture fût une très belle lecture. Emouvante et originale dans l’écriture, j’ai pris beaucoup de plaisir malgré la dureté du sujet.

Ali et son frère Mohammed vivaient à Kaboul, ils n’étaient pas riches mais ils n’étaient pas malheureux. Entourés de leurs parents et malgré les difficultés, ils vivaient leurs vies d’enfants. Jusqu’à ce que la guerre leur arrache leurs parents et leur maison… Et là, leur vie a pris une autre tournure.

« Il est normal que tout être humain cherche à améliorer sa condition et, dans certains cas, partir est le seul moyen d’y arriver ».

Et c’est ce voyage, cette quête d’un avenir meilleur que l’auteur qui, n’est autre qu’Ali, nous raconte. Et c’est un voyage difficile. Déjà dès le second chapitre on découvre que les deux frères ont été séparés. Et c’est là que l’originalité de l’écriture se révèle. C’est Ali qui parle et qui s’adresse à son frère. On a l’impression de lire une longue lettre et c’est très plaisant à lire.

Alternant des passages où les 2 frères sont ensemble et d’autres où Ali est tout seul le périple de nos petits orphelins est peuplé de rencontres bonnes ou mauvaises, d’espoirs, de désillusions mais toujours avec force et courage. Ils ne se plaignent jamais, ne s’appesantissent pas sur leurs malheurs, ce sont même des souvenirs heureux de leur passé qu’Ali nous raconte.

« Ici, il n’y a de place que pour l’avenir, nous avons laissé derrière nous un monceau de décombres, de peur et de douleur dont personne n’a envie de parler. »

L’auteur qui n’est autre qu’Ali, ce petit garçon fort attachant, nous livre un témoignage très émouvant qui montre, avec beaucoup de pudeur et de sensibilité, ce que doivent subir tous ces gens qui n’ont d’autre choix que de tout tenter et même au péril de leur vie, pour espérer avoir une vie meilleure. C’est un magnifique roman qui nous montre l’immigration par l’autre bout de la lorgnette.

Profondément touchant et édifiant c’est un roman à lire assurément et à faire lire au plus grand nombre.

Un book club est organisé le 4 mars sur Facebook dans le groupe des lecteurs du cercle Belfond, vous avez encore le temps de vous l’offrir et de le lire pour participer et échanger sur cette lecture.

Merci à la plateforme NetGalley et aux éditions Belfond de m’avoir permis de découvrir ce titre

 

Au nom de ma mère – Hanni Münzer

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Roman de 396 pages publié par les éditions L’Archipel le 8 novembre 2017, c’est mon second coup de cœur de ce début d’année 2018.

De quoi ça parle:

Étudiante à Seattle, Felicity reçoit un appel : Martha, sa mère, a disparu… Felicity la retrouve à Rome, où Martha s’est enfuie avec des archives familiales.
Martha a en effet découvert une longue lettre écrite par sa propre mère, Deborah, fille d’une diva qui connut son heure de gloire aux débuts du IIIe Reich. Une lettre qui va plonger Felicity dans une quête douloureuse.
Alternant passé et présent, ce roman mêle amour et trahison, colère et culpabilité, péché et expiation, autour d’un secret de famille courant sur quatre générations.

Mon avis :

Encore une lecture sur la seconde guerre mondiale. Je n’y peux rien, c’est ma thématique de lecture préférée. Chacune de mes lectures de cette nature a été porteuse d’émotions et s’est révélée être un coup de coeur ou presque et là encore j’ai été bouleversée.

Ce roman démarre très vite. En une cinquantaine de pages, l’auteur pose l’intrigue fort bien résumée par la quatrième de couverture. Des questions sont posées et le mystère est entier lorsque l’auteur nous fait faire un bond en arrière pour nous replacer dans les années 1920. On découvre alors Elisabeth et son mari Gustav et leur vie en Allemagne, on découvre progressivement comment le nazisme a pris le pouvoir dans ce pays.

« La puissance du bien se révèle sans fard afin de se prodiguer à tous, tandis que le mal s’approche de nous hypocritement et nous séduit par la ruse et la fourberie si bien que nous comprenons trop tard, voire jamais que nous sommes irrémédiablement pris à son piège »

C’est une histoire haletante qui monte en puissance au fil des pages, au gré des tentatives de cette famille pour quitter le pays avant qu’il ne soit trop tard. Entre rebondissements et tension narrative, on est happé dans cette période terrible où la peur de l’avenir vous pousse à faire des choses auxquelles vous n’auriez jamais pensé. Fort bien documentée, cette première partie de l’histoire est très intéressante sur la montée en puissance du pouvoir nazi.

On passe ensuite à l’histoire de Déborah, la fille d’Elisabeth et Gustav, qui est encore plus captivante. Elle est jeune mais doit déjà faire face à un destin tragique et tout faire pour s’en sortir avec son jeune frère. On suit sa vie aux côtés d’un officier SS qui les a aidés, elle et sa famille tout en cherchant des liens avec ce qu’on a appris dès le début du roman et du coup la lecture prend des tournures de « thriller », on a plein de questions et on tourne les pages encore et encore pour avoir nos réponses. L’histoire devient encore plus passionnante et captivante, de nombreux rebondissements, de nouvelles interactions avec des nouveaux personnages, une tension grandissante donnent un rythme effréné à cette lecture dont on ne peut plus se sortir avant d’en connaître le fin mot.

Et le retour au présent avec le dénouement final que nous offre l’autrice est tout simplement magnifique. On ne voit rien venir et le plaisir n’en est que plus grand. On a toutes les réponses à nos questions et on en ressort bouleversés.

C’est une belle histoire de femmes courageuses, fortes et déterminées que nous offre l’autrice avec en toile de fond une belle réflexion sur les liens familiaux et l’amour maternel.

La lecture de la postface nous apprend que si ce roman est une fiction il est adapté de faits réels.

Bref, cette lecture fût un énorme coup de cœur et je ne peux que vous encourager à découvrir ce roman à votre tour.

La maison de poupée – M.J Arlidge

maison de poupée

Thriller de 398 pages publié par les éditions Les Escales noires le 30 mars 2017 – traduction Sandrine Quelet.

De quoi ça parle :

Une jeune femme se réveille, désorientée. Elle n’est pas dans son lit mais dans une cave. Prisonnière d’un simulacre de chambre. La panique monte. Comment a-t-elle atterri là ?Pourquoi ?
Non loin de là, des promeneurs font une découverte macabre : le corps décomposé d’une femme. Sa disparition n’a jamais été signalée : sa famille recevait régulièrement de ses nouvelles via les réseaux sociaux et n’avait donc aucune raison de s’inquiéter. Quel assassin peut être assez pervers pour jouer ainsi avec les proches de ses victimes?
La détective Helen Grace se lance sur la piste de ce meurtrier redoutable. Un prédateur vicieux et intelligent qui ne recule devant rien. Mais elle doit faire vite. Quelque part, une femme lutte pour sa survie…

Mon avis :

C’est le troisième roman de l’auteur et j’ai découvert après lecture qu’il s’inscrivait dans la « saga » Helen Grace et était précédé des deux autres romans de l’auteur Am Stram Gram et Il court, Il court le furet. Je n’ai pas lu ces 2 romans et cela explique pourquoi j’ai trouvé certains passages bizarres, comme si on connaissait déjà les personnages (ben tiens oui!!!). Mais cela ne m’a pas empêchée d’apprécier ma lecture.

La maison de poupée est un roman ultra dynamique qui démarre très vite et immerge directement le lecteur dans l’intrigue. Par une alternance de chapitres assez courts sur l’enquête des policiers après la découverte d’un corps sur la plage et sur Ruby, une jeune femme prisonnière, l’auteur nous offre un suspense et une intrigue bien ficelée. On suit en parallèle ces 2 « histoires » qui sont aussi passionnantes l’une que l’autre même si un peu classiques finalement.

Les personnages sont très bien travaillés, surtout celui de Ruby que l’on découvre terrorisée et qui doit affronter sa peur et essayer de se sortir de là. J’ai bien aimé son caractère à la fois fort et fragile. Elle m’a parue très réaliste et en cohérence avec ce qu’elle vivait.

Il y a par ailleurs une intrigue personnelle au personnage d’Helen Grace qui se joue avec plusieurs acteurs dont on suit les points de vue. J’ai bien aimé  même si c’est là que le fait de ne pas avoir lu les précédents tomes a nuit à la compréhension intégrale des enjeux. Mais cette partie, aussi intéressante soit-elle, vient un peu parasiter l’intrigue première en cassant le rythme et en sortant le lecteur de l’histoire première.

La résolution finale s’en est ressentie en apparaissant un peu abrupte avec des raccourcis un peu rapides sur l’identification du méchant mais cela reste un bon roman policier / thriller palpitant, une lecture agréable où on ne s’ennuie pas.

 

Du danger de perdre patience en faisant son plein d’essence – Pascal Martin

du danger de perdre

Roman de 158 pages publié par les éditions Robert Laffont le 12 février 2015 puis repris par France Loisirs dans leur collection Piment (256 pages).

De quoi ça parle :

Trader arrogant et successful, Victor Cobus est incarcéré après une terrible mésaventure et se retrouve dans le collimateur du caïd de la prison. Contre leur protection, les matons lui proposent un marché pour le moins inhabituel : faire fructifier leur petit pécule de 30 000 euros, la totalité de leurs économies. La salle des marchés de Victor est désormais une cellule de prison dotée d’un ordinateur et d’une connexion Internet. Mais lorsque c’est votre vie qui dépend des fluctuations du Dow Jones et du CAC 40, le métier de trader prend une tout autre dimension…

Depuis la parution du roman Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire, les titres à rallonge sont à la mode. Bien souvent attrayants par leur côté incongru, ils attirent les lecteurs curieux. Et c’est ce qui s’est passé pour moi avec ce titre qui m’a attirée en premier lieu. Et le résumé à fini de me convaincre de tenter la lecture de ce roman.

L’histoire démarre très vite et dès le premier chapitre l’auteur donne le ton. Victor Cobus est un trader tel qu’on les imagine, fier, roulant dans une grosse voiture et à qui tout réussit. Alors quand en sortant d’une station essence il se retrouve coincé derrière une voiture arrêtée en pleine voie et dont le chauffeur discute avec un chauffeur de taxi arrêté sur la voie d’en face, il n’hésite pas une seconde, il klaxonne violemment pour manifester son mécontentement. Sauf que la situation lui échappe… et il se retrouve en détention provisoire à Fleury Mérogis. Finis le costume cravate et le bel appartement…bonjour la jolie combinaison  et la chambre/salle de bain/toilette… le choc est rude pour notre bellâtre. Et ce n’est que le début des déconvenues… Il doit aussi améliorer la situation financière des gardiens en faisant fructifier leurs économies. Et bien sûr aucun droit à l’erreur ne lui sera accordé.

Derrière le côté drôle de cette histoire, se révèle aussi un excellent travail de l’auteur sur le monde des prisons, de la justice et des traders.

C’est une immersion totale du lecteur dans la vie d’une prison, micro société où les gardiens du bon ordre plus que du respect des lois. Le juste milieu entre répression et permission est le quotidien des gardiens. Sous couvert de la relation qui se noue entre notre prisonnier et son geôlier attitré, l’auteur nous dit tout sur ce qui se passe dans le monde carcéral, de la nécessaire présence d’un Caïd, charismatique et craint de tous pour assurer le maintien de la « paix ».

Le milieu de la justice n’est pas épargné non lus. Les rencontres du trader avec son avocat chargé d’assurer sa défense et les entretiens avec le juge d’instruction sont aussi propices à dénoncer certaines pratiques de la justice. Les méthodes plus ou moins « catholiques » des avocats pour sortir leurs clients du joug de la justice, les relations entre magistrats et avocats, l’auteur nous livre une vision très réaliste de ce monde judiciaire.

Et que dire du monde de la finance, parce que bien évidemment c’est plus facile de gérer les millions de milliardaires très peu regardant sur leurs pertes que de gérer les petites économies de petites gens qui ont les yeux rivés sur le trader et ses résultats. La pression n’est pas la même.

La vie de Victor Cobus n’est plus du tout un long fleuve tranquille et c’est avec beaucoup d’humour que l’auteur nous raconte tout. On apprend même, au fil des pages, à apprécier Victor Cobus, on voit évoluer son personnage et on est impatients de voir comment il va pouvoir se sortir de cette situation.

C’est un très bon roman détente, sans prise de tête, très agréable à lire.