Mille petits riens – Jodi Picoult

mille petits riens

Roman de 592 pages à paraître le 7 mars 2018 aux éditions Actes Sud

De quoi ça parle :

Ruth est sage-femme depuis plus de vingt ans. C’est une em­ployée modèle. Une collègue appréciée et respectée de tous. La mère dévouée d’un adolescent qu’elle élève seule. En prenant son service par une belle journée d’octobre 2015, Ruth est loin de se douter que sa vie est sur le point de basculer.
Pour Turk et Brittany, un jeune couple de suprémacistes blancs, ce devait être le plus beau moment de leur vie : celui de la venue au monde de leur premier enfant. Le petit garçon qui vient de naître se porte bien. Pourtant, dans quelques jours, ses parents repartiront de la Maternité sans lui.
Kennedy a renoncé à faire fortune pour défendre les plus démunis en devenant avocate de la défense publique. Le jour où elle rencontre une sage-femme noire accusée d’avoir tué le bébé d’un couple raciste, elle se dit qu’elle tient peut-être là sa première grande affaire. Mais la couleur de peau de sa cliente, une certaine Ruth Jefferson, ne la condamne-t-elle pas d’avance ?
Avec ce nouveau roman captivant et émouvant, Jodi Picoult aborde de front le grand mal américain et nous montre – à travers les petits riens du quotidien, les pas vers l’autre – comment il peut être combattu.

Mon avis:

Jodi Picoult est une autrice que j’adore depuis que j’ai lu Ma vie pour la tienne. D’elle j’ai également lu Pardonne-lui et A l’intérieur. Toutes mes lectures ont été des coups de coeur. Aussi, quand Babélio m’a proposé de découvrir en avant première son nouveau roman, autant vous dire que je me suis précipitée pour postuler et que j’ai sauté de joie quand j’ai su que j’allais le recevoir. Et cette lecture fût un ENORMISSIME coup de coeur.

C’est une lecture dense, difficile émotionnellement parlant mais tellement passionnante.

Ruth est une sage-femme noire qui, depuis 20 ans, aide les femmes à passer le plus agréablement possible (ou tout du moins le moins douloureusement possible) cette étape cruciale qu’est l’accouchement. Elle essaie depuis bien plus longtemps encore de gommer par son comportement exemplaire la couleur de sa peau, espérant que les blancs la considèreront  comme une des leurs. Mais un post-it va changer le cour de sa vie et modifier sa vision du monde dans lequel elle vit.

post it original

Un couple de suprémacistes blancs venu pour mettre au monde leur premier enfant n’ont pas vu la douceur et la compétence de cette femme, ils n’ont vu que la couleur de sa peau et demandé à ce qu’elle ne touche plus jamais à son bébé. Et quand leur bébé décède, ils accusent Ruth d’avoir tuer leur bébé.

« Il n’y a rien de pire que de sortir de l’hôpital sans le bébé que vous étiez censé mettre au monde la-dedans »

Sous couvert du procès au cours duquel le sort de Ruth va être joué, l’autrice nous plonge dans une profonde réflexion sur le racisme. On suit alternativement Ruth, Turk le papa suprémaciste et Kénnedy la jeune maman avocate au service des plus démunis.

Pour Ruth qui toute sa vie durant a essayé de se fondre dans la masse, de ne pas faire de vague, « c’est comme si ce petit post-it dans le dossier de Davis Bauer avait sectionné une artère vitale et qu'(elle) n’arrivait pas à stopper l’hémorragie« . Elle réalise que quoi qu’elle fasse et peu importe qu’elle le fasse encore mieux que les autres, elle sera toujours une femme noire, celle qu’on suit dans les magasins pour vérifier qu’elle ne vole rien. Et le choc est rude. Elle a « libéré un monstre probablement tapi en (elle) depuis des années. Il était là, caché quelque part, attendant que quelque chose vienne ébranler (son) inébranlable optimisme, tranchant ses liens du même coup« . Ses relations avec Kennedy, son avocate vont être l’occasion de montrer ce qu’elle subit tous les jours, d’ouvrir les yeux de cette femme blanche qui « n’accorde aucune importance à la couleur de peau » sur ces mille petites phrases que l’ont dit sans réfléchir, ces milles comportements que l’on adopte, ces « mille petits riens » qui peuvent être pires que d’afficher ouvertement ses opinions raciales.

Parce qu’en opposition à cette vision du racisme « passif », inconscient, l’autrice nous montre, par le personnage de Turk, le racisme revendiqué, assumé, un mode de vie comme une religion. Turk est un personnage qu’on déteste, il a un vilain tatouage sur la crane qui montre clairement ses opinions, on découvre son passé de skinead violent, comment il a rencontré son épouse. Il est horrible… mais c’est aussi un père ravagé par le chagrin d’avoir perdu son bébé, un homme pétri de colère qui veut qu’un coupable soit désigné.

En alternant le point de vue des trois personnages, l’autrice nous offre une histoire dure, profondément psychologique avec des protagonistes extrêmement travaillés, une histoire qui fait réfléchir sur ses propres convictions. C’est captivant, envoûtant tellement on a envie de savoir comment vont évoluer les personnages et comment tout va se finir et on tourne les pages encore et encore. Et l’autrice nous offre un dénouement insoupçonnable, la cerise sur le gâteau. Une histoire qu’il est difficile de quitter tant elle est porteuse de questionnements intérieurs.

Bref, c’est un magnifique roman, une histoire à lire absolument.

Et il est dit dans le communiqué de presse qu’une adaptation cinématographique est en cours avec Julia Roberts et Viola Davis dans les rôles titres…Oh joie!!!!

Merci à Babelio pour ce superbe cadeau dans le cadre d’une opération Masse critique privilégiée

 

 

 

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Ce soir on regardera les étoiles – Ali Ehsani

ce soir on regardera les etoiles

Roman de 220 pages publié par les éditions Belfond dans leur collection Le cercle-Belfond le 1er février 2018.

De quoi ça parle :

Des bombardements de Kaboul aux mirages des côtes italiennes, la leçon de vie pleine d’humanité d’un enfant déterminé à faire bouger les frontières d’un monde à la dérive. Bouleversant.
La guerre, c’est le quotidien d’Alì, huit ans. Les rues de Kaboul englouties sous les tirs de mortier, les terrains de foot improvisés au milieu des décombres, le petit garçon est habitué. Mais un soir, au retour de l’école, c’est sa maison qui a disparu et, avec elle, ses parents.
Sans famille ni argent, Alì et son grand-frère Mohammed prennent la route. Direction l’Iran, la Turquie, la Méditerranée, d’autres rives, à la recherche d’autres étoiles sous lesquelles trouver refuge.
Cinq ans plus tard, Alì est devenu un adolescent. Un gamin de treize ans cramponné au châssis d’un poids lourd en partance pour l’Italie. Un jeune homme épuisé, qui rassemble ses forces pour fuir, toujours plus loin. Seul.
Car Mohammed, son grand frère, son héros, s’est égaré en chemin… Qu’est-il arrivé ? Les deux garçons pourront-ils jamais tenir leur promesse d’être réunis, libres et heureux, sous les étoiles ?

Mon avis :

Cette lecture fût une très belle lecture. Emouvante et originale dans l’écriture, j’ai pris beaucoup de plaisir malgré la dureté du sujet.

Ali et son frère Mohammed vivaient à Kaboul, ils n’étaient pas riches mais ils n’étaient pas malheureux. Entourés de leurs parents et malgré les difficultés, ils vivaient leurs vies d’enfants. Jusqu’à ce que la guerre leur arrache leurs parents et leur maison… Et là, leur vie a pris une autre tournure.

« Il est normal que tout être humain cherche à améliorer sa condition et, dans certains cas, partir est le seul moyen d’y arriver ».

Et c’est ce voyage, cette quête d’un avenir meilleur que l’auteur qui, n’est autre qu’Ali, nous raconte. Et c’est un voyage difficile. Déjà dès le second chapitre on découvre que les deux frères ont été séparés. Et c’est là que l’originalité de l’écriture se révèle. C’est Ali qui parle et qui s’adresse à son frère. On a l’impression de lire une longue lettre et c’est très plaisant à lire.

Alternant des passages où les 2 frères sont ensemble et d’autres où Ali est tout seul le périple de nos petits orphelins est peuplé de rencontres bonnes ou mauvaises, d’espoirs, de désillusions mais toujours avec force et courage. Ils ne se plaignent jamais, ne s’appesantissent pas sur leurs malheurs, ce sont même des souvenirs heureux de leur passé qu’Ali nous raconte.

« Ici, il n’y a de place que pour l’avenir, nous avons laissé derrière nous un monceau de décombres, de peur et de douleur dont personne n’a envie de parler. »

L’auteur qui n’est autre qu’Ali, ce petit garçon fort attachant, nous livre un témoignage très émouvant qui montre, avec beaucoup de pudeur et de sensibilité, ce que doivent subir tous ces gens qui n’ont d’autre choix que de tout tenter et même au péril de leur vie, pour espérer avoir une vie meilleure. C’est un magnifique roman qui nous montre l’immigration par l’autre bout de la lorgnette.

Profondément touchant et édifiant c’est un roman à lire assurément et à faire lire au plus grand nombre.

Un book club est organisé le 4 mars sur Facebook dans le groupe des lecteurs du cercle Belfond, vous avez encore le temps de vous l’offrir et de le lire pour participer et échanger sur cette lecture.

Merci à la plateforme NetGalley et aux éditions Belfond de m’avoir permis de découvrir ce titre

 

Au nom de ma mère – Hanni Münzer

aunomdemamere

Roman de 396 pages publié par les éditions L’Archipel le 8 novembre 2017, c’est mon second coup de cœur de ce début d’année 2018.

De quoi ça parle:

Étudiante à Seattle, Felicity reçoit un appel : Martha, sa mère, a disparu… Felicity la retrouve à Rome, où Martha s’est enfuie avec des archives familiales.
Martha a en effet découvert une longue lettre écrite par sa propre mère, Deborah, fille d’une diva qui connut son heure de gloire aux débuts du IIIe Reich. Une lettre qui va plonger Felicity dans une quête douloureuse.
Alternant passé et présent, ce roman mêle amour et trahison, colère et culpabilité, péché et expiation, autour d’un secret de famille courant sur quatre générations.

Mon avis :

Encore une lecture sur la seconde guerre mondiale. Je n’y peux rien, c’est ma thématique de lecture préférée. Chacune de mes lectures de cette nature a été porteuse d’émotions et s’est révélée être un coup de coeur ou presque et là encore j’ai été bouleversée.

Ce roman démarre très vite. En une cinquantaine de pages, l’auteur pose l’intrigue fort bien résumée par la quatrième de couverture. Des questions sont posées et le mystère est entier lorsque l’auteur nous fait faire un bond en arrière pour nous replacer dans les années 1920. On découvre alors Elisabeth et son mari Gustav et leur vie en Allemagne, on découvre progressivement comment le nazisme a pris le pouvoir dans ce pays.

« La puissance du bien se révèle sans fard afin de se prodiguer à tous, tandis que le mal s’approche de nous hypocritement et nous séduit par la ruse et la fourberie si bien que nous comprenons trop tard, voire jamais que nous sommes irrémédiablement pris à son piège »

C’est une histoire haletante qui monte en puissance au fil des pages, au gré des tentatives de cette famille pour quitter le pays avant qu’il ne soit trop tard. Entre rebondissements et tension narrative, on est happé dans cette période terrible où la peur de l’avenir vous pousse à faire des choses auxquelles vous n’auriez jamais pensé. Fort bien documentée, cette première partie de l’histoire est très intéressante sur la montée en puissance du pouvoir nazi.

On passe ensuite à l’histoire de Déborah, la fille d’Elisabeth et Gustav, qui est encore plus captivante. Elle est jeune mais doit déjà faire face à un destin tragique et tout faire pour s’en sortir avec son jeune frère. On suit sa vie aux côtés d’un officier SS qui les a aidés, elle et sa famille tout en cherchant des liens avec ce qu’on a appris dès le début du roman et du coup la lecture prend des tournures de « thriller », on a plein de questions et on tourne les pages encore et encore pour avoir nos réponses. L’histoire devient encore plus passionnante et captivante, de nombreux rebondissements, de nouvelles interactions avec des nouveaux personnages, une tension grandissante donnent un rythme effréné à cette lecture dont on ne peut plus se sortir avant d’en connaître le fin mot.

Et le retour au présent avec le dénouement final que nous offre l’autrice est tout simplement magnifique. On ne voit rien venir et le plaisir n’en est que plus grand. On a toutes les réponses à nos questions et on en ressort bouleversés.

C’est une belle histoire de femmes courageuses, fortes et déterminées que nous offre l’autrice avec en toile de fond une belle réflexion sur les liens familiaux et l’amour maternel.

La lecture de la postface nous apprend que si ce roman est une fiction il est adapté de faits réels.

Bref, cette lecture fût un énorme coup de cœur et je ne peux que vous encourager à découvrir ce roman à votre tour.

La maison de poupée – M.J Arlidge

maison de poupée

Thriller de 398 pages publié par les éditions Les Escales noires le 30 mars 2017 – traduction Sandrine Quelet.

De quoi ça parle :

Une jeune femme se réveille, désorientée. Elle n’est pas dans son lit mais dans une cave. Prisonnière d’un simulacre de chambre. La panique monte. Comment a-t-elle atterri là ?Pourquoi ?
Non loin de là, des promeneurs font une découverte macabre : le corps décomposé d’une femme. Sa disparition n’a jamais été signalée : sa famille recevait régulièrement de ses nouvelles via les réseaux sociaux et n’avait donc aucune raison de s’inquiéter. Quel assassin peut être assez pervers pour jouer ainsi avec les proches de ses victimes?
La détective Helen Grace se lance sur la piste de ce meurtrier redoutable. Un prédateur vicieux et intelligent qui ne recule devant rien. Mais elle doit faire vite. Quelque part, une femme lutte pour sa survie…

Mon avis :

C’est le troisième roman de l’auteur et j’ai découvert après lecture qu’il s’inscrivait dans la « saga » Helen Grace et était précédé des deux autres romans de l’auteur Am Stram Gram et Il court, Il court le furet. Je n’ai pas lu ces 2 romans et cela explique pourquoi j’ai trouvé certains passages bizarres, comme si on connaissait déjà les personnages (ben tiens oui!!!). Mais cela ne m’a pas empêchée d’apprécier ma lecture.

La maison de poupée est un roman ultra dynamique qui démarre très vite et immerge directement le lecteur dans l’intrigue. Par une alternance de chapitres assez courts sur l’enquête des policiers après la découverte d’un corps sur la plage et sur Ruby, une jeune femme prisonnière, l’auteur nous offre un suspense et une intrigue bien ficelée. On suit en parallèle ces 2 « histoires » qui sont aussi passionnantes l’une que l’autre même si un peu classiques finalement.

Les personnages sont très bien travaillés, surtout celui de Ruby que l’on découvre terrorisée et qui doit affronter sa peur et essayer de se sortir de là. J’ai bien aimé son caractère à la fois fort et fragile. Elle m’a parue très réaliste et en cohérence avec ce qu’elle vivait.

Il y a par ailleurs une intrigue personnelle au personnage d’Helen Grace qui se joue avec plusieurs acteurs dont on suit les points de vue. J’ai bien aimé  même si c’est là que le fait de ne pas avoir lu les précédents tomes a nuit à la compréhension intégrale des enjeux. Mais cette partie, aussi intéressante soit-elle, vient un peu parasiter l’intrigue première en cassant le rythme et en sortant le lecteur de l’histoire première.

La résolution finale s’en est ressentie en apparaissant un peu abrupte avec des raccourcis un peu rapides sur l’identification du méchant mais cela reste un bon roman policier / thriller palpitant, une lecture agréable où on ne s’ennuie pas.

 

Du danger de perdre patience en faisant son plein d’essence – Pascal Martin

du danger de perdre

Roman de 158 pages publié par les éditions Robert Laffont le 12 février 2015 puis repris par France Loisirs dans leur collection Piment (256 pages).

De quoi ça parle :

Trader arrogant et successful, Victor Cobus est incarcéré après une terrible mésaventure et se retrouve dans le collimateur du caïd de la prison. Contre leur protection, les matons lui proposent un marché pour le moins inhabituel : faire fructifier leur petit pécule de 30 000 euros, la totalité de leurs économies. La salle des marchés de Victor est désormais une cellule de prison dotée d’un ordinateur et d’une connexion Internet. Mais lorsque c’est votre vie qui dépend des fluctuations du Dow Jones et du CAC 40, le métier de trader prend une tout autre dimension…

Depuis la parution du roman Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire, les titres à rallonge sont à la mode. Bien souvent attrayants par leur côté incongru, ils attirent les lecteurs curieux. Et c’est ce qui s’est passé pour moi avec ce titre qui m’a attirée en premier lieu. Et le résumé à fini de me convaincre de tenter la lecture de ce roman.

L’histoire démarre très vite et dès le premier chapitre l’auteur donne le ton. Victor Cobus est un trader tel qu’on les imagine, fier, roulant dans une grosse voiture et à qui tout réussit. Alors quand en sortant d’une station essence il se retrouve coincé derrière une voiture arrêtée en pleine voie et dont le chauffeur discute avec un chauffeur de taxi arrêté sur la voie d’en face, il n’hésite pas une seconde, il klaxonne violemment pour manifester son mécontentement. Sauf que la situation lui échappe… et il se retrouve en détention provisoire à Fleury Mérogis. Finis le costume cravate et le bel appartement…bonjour la jolie combinaison  et la chambre/salle de bain/toilette… le choc est rude pour notre bellâtre. Et ce n’est que le début des déconvenues… Il doit aussi améliorer la situation financière des gardiens en faisant fructifier leurs économies. Et bien sûr aucun droit à l’erreur ne lui sera accordé.

Derrière le côté drôle de cette histoire, se révèle aussi un excellent travail de l’auteur sur le monde des prisons, de la justice et des traders.

C’est une immersion totale du lecteur dans la vie d’une prison, micro société où les gardiens du bon ordre plus que du respect des lois. Le juste milieu entre répression et permission est le quotidien des gardiens. Sous couvert de la relation qui se noue entre notre prisonnier et son geôlier attitré, l’auteur nous dit tout sur ce qui se passe dans le monde carcéral, de la nécessaire présence d’un Caïd, charismatique et craint de tous pour assurer le maintien de la « paix ».

Le milieu de la justice n’est pas épargné non lus. Les rencontres du trader avec son avocat chargé d’assurer sa défense et les entretiens avec le juge d’instruction sont aussi propices à dénoncer certaines pratiques de la justice. Les méthodes plus ou moins « catholiques » des avocats pour sortir leurs clients du joug de la justice, les relations entre magistrats et avocats, l’auteur nous livre une vision très réaliste de ce monde judiciaire.

Et que dire du monde de la finance, parce que bien évidemment c’est plus facile de gérer les millions de milliardaires très peu regardant sur leurs pertes que de gérer les petites économies de petites gens qui ont les yeux rivés sur le trader et ses résultats. La pression n’est pas la même.

La vie de Victor Cobus n’est plus du tout un long fleuve tranquille et c’est avec beaucoup d’humour que l’auteur nous raconte tout. On apprend même, au fil des pages, à apprécier Victor Cobus, on voit évoluer son personnage et on est impatients de voir comment il va pouvoir se sortir de cette situation.

C’est un très bon roman détente, sans prise de tête, très agréable à lire.

Elle voulait juste marcher tout droit – Sarah Barukh

elle voulait juste marcher tout droit

Roman de 432 pages publié par les éditions Albin Michel le 1er février 2017, cette lecture fût un énormissime coup de coeur livresque.

De quoi ça parle :

1946. La guerre est finie depuis quelques mois lorsqu’Alice, huit ans, rencontre pour la première fois sa mère. Après des années à vivre cachée dans une ferme auprès de sa nourrice, la petite fille doit tout quitter pour suivre cette femme dont elle ne sait rien et qui lui fait peur, avec son drôle de tatouage sur le bras.
C’est le début d’un long voyage : de Paris à New York, Alice va découvrir le secret de son passé, et quitter à jamais l’enfance.

Comment trouver son chemin dans un monde dévasté par la guerre ? Avec une sensibilité infinie, Sarah Barukh exprime les sentiments et les émotions d’une enfant prise dans la tourmente de l’Histoire.

Un premier roman magistral.

Mon avis :

Depuis mes débuts de lectrice et ma lecture de Au nom de tous les miens de Martin Gray, je suis une inconditionnelle des romans qui traitent de cette horrible période de l’Histoire qu’est la seconde guerre mondiale, parce qu’ils sont toujours porteurs d’émotion et de courage. Et ce premier roman de l’auteur ne déroge pas à cette règle.

J’ai dévoré ce roman, happée dès les premières pages par le personnage d’Alice, une petite fille de 5 ans, qui doit affronter les moqueries de ses petits camarades de classe parce qu’elle n’a pas de maman, ni de papa et qu’elle vit chez une nourrice, Jeanne, depuis qu’elle est tout bébé. Elle est extrêmement attachante avec ses questions auxquelles la réponse automatique donnée est « parce que c’est la guerre ». Elle se pose des questions, elle s’imagine des choses qui façonnent son caractère et la rendent encore plus attachante. De son côté le lecteur, eu égard à la période, se fait également son propre scénario et attend avec avidité de savoir s’il a raison ou non, embarqué aux côtés de cette petite fille courageuse et déjà malmenée par la vie.

Le retour de la mère est une étape importante dans la vie d’Alice. Cette maman qu’elle a fantasmée, rêvée, espérée et qui revient la chercher. Oui mais voilà, on est loin de la parisienne belle et bien habillée à laquelle Alice s’attendait. C’est une femme frêle, froide, limite mutique qui vient arracher Alice à la vie qu’elle s’était faite et à laquelle elle avait fini par s’habituer aux côtés de Jeanne, cette femme gentille aimante qu’elle aimait comme une mère et qui a tout fait pour la protéger et la rendre heureuse. Le choc est rude. Mais Alice est une petite fille obéissante et respectueuse et elle se résout à quitter son petit village de campagne pour suivre sa maman à Paris avec l’espoir de pouvoir tout savoir et rattraper le temps perdu.

Et c’est le début d’une aventure palpitante pour notre jeune héroïne.

L’histoire est très bien construite, alternant moments calmes et rebondissements qui donnent du rythme à cette lecture sans enlever le côté émotions fortes. Le lecteur est tenu en haleine et tourne les pages encore et encore pour accompagner Alice dans tous les évènements qui vont se produire et avoir les réponses à ses questions.

Le personnage d’Alice est extrêmement bien travaillé, cohérent avec son âge, c’est une belle réussite d’avoir su garder la naïveté de l’enfance en miroir avec la « noirceur » des adultes. Elle est empathique, courageuse et en constante évolution au fil des pages. C’est un réel bonheur que de la suivre et de le voir se dépatouiller et affronter la vie.

Bref, Elle voulait juste marcher tout droit est une histoire émouvante, passionnante qui vous emporte des les premières pages, c’est aussi petite héroïne tellement attachante et forte qui vous touchera, c’ est encore des rebondissements, du suspens qui vous tiennent en haleine et vous gardent dans les pages qui se tournent encore et encore…

A LIRE ABSOLUMENT !!!!!

 

Satan était un ange – Karine Giebel

satan était un ange

Thriller-Noir – Thriller
ISBN: 9782266258654

Thriller de 384 pages publié le 12 novembre 2015 par les Editions Pocket, c’est le 4ème roman que je lis de l’auteur. Après Juste une ombre, Les morsures de l’ombre et Purgatoire des innocents, tous très appréciés j’ai poursuivi ma découverte de cet auteur avec ce thriller.

De quoi ça parle :

Deux trajectoires, deux lignes de fuite. Hier encore, François était quelqu’un. Un homme qu’on regardait avec admiration, avec envie. Aujourd’hui, il n’est plus qu’un fugitif tentant d’échapper à son assassin. Qui le rattrapera, où qu’il aille. Quoi qu’il fasse. Paul regarde derrière lui ; il voit la cohorte des victimes qui hurlent vengeance. Il paye le prix de ses fautes. L’échéance approche… Dans la même voiture, sur une même route, deux hommes que tout semble opposer, et qui pourtant fuient ensemble leur destin différent. Rouler droit devant. Faire ce qu’ils n’ont jamais fait. Puisque l’horizon est bouché, autant tenter une dernière percée. Flamboyante

Mon avis :

Ce thriller se déroule sous forme de road movie. On suit François, un homme « banal » en fuite à bord de son véhicule qui voit sa vie bousculée et basculer lorsqu’il croise la route de Paul, un jeune auto-stoppeur. Tous les 2 embarqués dans la même galère, ils unissent leurs forces pour s’en sortir.

Il y a de l’action,  le rythme est bon mais assez irrégulier. L’intrigue est un peu classique et (trop) prévisible. On imagine assez facilement ce qui va se passer et comment cela va finir…La quatrième de couverture très mystérieuse de cette édition (merci aux Editions Pocket) laissait présager un suspense intense. Mais pas du tout… l’histoire révèle assez vite qui est l’assassin qui poursuit François (et l’édition grand format est encore pire…Ah ces quatrièmes de couverture!!!!) et moi j’aurai aimé ne pas le savoir aussi tôt dans le roman.

MAIS 

Et c’est là tout le talent de l’auteur qui parvient à nous surprendre et à nous fournir à chaque lecture un bon moment livresque, différent du précédent roman lu, encourageant ainsi l’envie de découvrir toujours sa plume. Point de routine livresque avec Karine Giebel. Et j’adore ça.

Parce qu’effectivement, l’intrigue est peut être « cousue de fil blanc » mais à aucun moment on ne s’ennuie, chaque passage a son importance et l’émotion prend le pas sur le suspense. On prend plaisir à découvrir qui sont réellement les 2 personnages et surtout Paul, un personnage très mystérieux au départ, qui se révèle un peu plus au fil des pages. Il est très plaisant de voir évoluer la relation de François et de Paul et si on aimait assez facilement François, on apprend au fur et à mesure à apprécier Paul. Issus de 2 milieux radicalement opposés, ils s’apprivoisent l’un l’autre et une relation attachante s’instaure entre eux. Pour le plus grand bonheur du lecteur.

L’auteur nous offre une lecture qui fait réfléchir sur le comportement humain face à l’injustice de la vie et de la mort. Qu’est-on prêt à faire quand on n’a plus rien à perdre, même pas la vie? Et elle nous montre également qu’il peut y avoir du bon dans chacun d’entre nous, une belle leçon sur les comportements humains.

Ce roman n’est certes pas le meilleur roman de l’auteur que j’ai lu mais j’ai quand même passé un bon moment livresque sans m’ennuyer et c’est ce qu’il faut en retenir. A défaut d’être un excellent thriller à dévorer, Satan était un ange reste un bon roman à découvrir.