Mille petits riens – Jodi Picoult

mille petits riens

Roman de 592 pages à paraître le 7 mars 2018 aux éditions Actes Sud

De quoi ça parle :

Ruth est sage-femme depuis plus de vingt ans. C’est une em­ployée modèle. Une collègue appréciée et respectée de tous. La mère dévouée d’un adolescent qu’elle élève seule. En prenant son service par une belle journée d’octobre 2015, Ruth est loin de se douter que sa vie est sur le point de basculer.
Pour Turk et Brittany, un jeune couple de suprémacistes blancs, ce devait être le plus beau moment de leur vie : celui de la venue au monde de leur premier enfant. Le petit garçon qui vient de naître se porte bien. Pourtant, dans quelques jours, ses parents repartiront de la Maternité sans lui.
Kennedy a renoncé à faire fortune pour défendre les plus démunis en devenant avocate de la défense publique. Le jour où elle rencontre une sage-femme noire accusée d’avoir tué le bébé d’un couple raciste, elle se dit qu’elle tient peut-être là sa première grande affaire. Mais la couleur de peau de sa cliente, une certaine Ruth Jefferson, ne la condamne-t-elle pas d’avance ?
Avec ce nouveau roman captivant et émouvant, Jodi Picoult aborde de front le grand mal américain et nous montre – à travers les petits riens du quotidien, les pas vers l’autre – comment il peut être combattu.

Mon avis:

Jodi Picoult est une autrice que j’adore depuis que j’ai lu Ma vie pour la tienne. D’elle j’ai également lu Pardonne-lui et A l’intérieur. Toutes mes lectures ont été des coups de coeur. Aussi, quand Babélio m’a proposé de découvrir en avant première son nouveau roman, autant vous dire que je me suis précipitée pour postuler et que j’ai sauté de joie quand j’ai su que j’allais le recevoir. Et cette lecture fût un ENORMISSIME coup de coeur.

C’est une lecture dense, difficile émotionnellement parlant mais tellement passionnante.

Ruth est une sage-femme noire qui, depuis 20 ans, aide les femmes à passer le plus agréablement possible (ou tout du moins le moins douloureusement possible) cette étape cruciale qu’est l’accouchement. Elle essaie depuis bien plus longtemps encore de gommer par son comportement exemplaire la couleur de sa peau, espérant que les blancs la considèreront  comme une des leurs. Mais un post-it va changer le cour de sa vie et modifier sa vision du monde dans lequel elle vit.

post it original

Un couple de suprémacistes blancs venu pour mettre au monde leur premier enfant n’ont pas vu la douceur et la compétence de cette femme, ils n’ont vu que la couleur de sa peau et demandé à ce qu’elle ne touche plus jamais à son bébé. Et quand leur bébé décède, ils accusent Ruth d’avoir tuer leur bébé.

« Il n’y a rien de pire que de sortir de l’hôpital sans le bébé que vous étiez censé mettre au monde la-dedans »

Sous couvert du procès au cours duquel le sort de Ruth va être joué, l’autrice nous plonge dans une profonde réflexion sur le racisme. On suit alternativement Ruth, Turk le papa suprémaciste et Kénnedy la jeune maman avocate au service des plus démunis.

Pour Ruth qui toute sa vie durant a essayé de se fondre dans la masse, de ne pas faire de vague, « c’est comme si ce petit post-it dans le dossier de Davis Bauer avait sectionné une artère vitale et qu'(elle) n’arrivait pas à stopper l’hémorragie« . Elle réalise que quoi qu’elle fasse et peu importe qu’elle le fasse encore mieux que les autres, elle sera toujours une femme noire, celle qu’on suit dans les magasins pour vérifier qu’elle ne vole rien. Et le choc est rude. Elle a « libéré un monstre probablement tapi en (elle) depuis des années. Il était là, caché quelque part, attendant que quelque chose vienne ébranler (son) inébranlable optimisme, tranchant ses liens du même coup« . Ses relations avec Kennedy, son avocate vont être l’occasion de montrer ce qu’elle subit tous les jours, d’ouvrir les yeux de cette femme blanche qui « n’accorde aucune importance à la couleur de peau » sur ces mille petites phrases que l’ont dit sans réfléchir, ces milles comportements que l’on adopte, ces « mille petits riens » qui peuvent être pires que d’afficher ouvertement ses opinions raciales.

Parce qu’en opposition à cette vision du racisme « passif », inconscient, l’autrice nous montre, par le personnage de Turk, le racisme revendiqué, assumé, un mode de vie comme une religion. Turk est un personnage qu’on déteste, il a un vilain tatouage sur la crane qui montre clairement ses opinions, on découvre son passé de skinead violent, comment il a rencontré son épouse. Il est horrible… mais c’est aussi un père ravagé par le chagrin d’avoir perdu son bébé, un homme pétri de colère qui veut qu’un coupable soit désigné.

En alternant le point de vue des trois personnages, l’autrice nous offre une histoire dure, profondément psychologique avec des protagonistes extrêmement travaillés, une histoire qui fait réfléchir sur ses propres convictions. C’est captivant, envoûtant tellement on a envie de savoir comment vont évoluer les personnages et comment tout va se finir et on tourne les pages encore et encore. Et l’autrice nous offre un dénouement insoupçonnable, la cerise sur le gâteau. Une histoire qu’il est difficile de quitter tant elle est porteuse de questionnements intérieurs.

Bref, c’est un magnifique roman, une histoire à lire absolument.

Et il est dit dans le communiqué de presse qu’une adaptation cinématographique est en cours avec Julia Roberts et Viola Davis dans les rôles titres…Oh joie!!!!

Merci à Babelio pour ce superbe cadeau dans le cadre d’une opération Masse critique privilégiée

 

 

 

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Ce soir on regardera les étoiles – Ali Ehsani

ce soir on regardera les etoiles

Roman de 220 pages publié par les éditions Belfond dans leur collection Le cercle-Belfond le 1er février 2018.

De quoi ça parle :

Des bombardements de Kaboul aux mirages des côtes italiennes, la leçon de vie pleine d’humanité d’un enfant déterminé à faire bouger les frontières d’un monde à la dérive. Bouleversant.
La guerre, c’est le quotidien d’Alì, huit ans. Les rues de Kaboul englouties sous les tirs de mortier, les terrains de foot improvisés au milieu des décombres, le petit garçon est habitué. Mais un soir, au retour de l’école, c’est sa maison qui a disparu et, avec elle, ses parents.
Sans famille ni argent, Alì et son grand-frère Mohammed prennent la route. Direction l’Iran, la Turquie, la Méditerranée, d’autres rives, à la recherche d’autres étoiles sous lesquelles trouver refuge.
Cinq ans plus tard, Alì est devenu un adolescent. Un gamin de treize ans cramponné au châssis d’un poids lourd en partance pour l’Italie. Un jeune homme épuisé, qui rassemble ses forces pour fuir, toujours plus loin. Seul.
Car Mohammed, son grand frère, son héros, s’est égaré en chemin… Qu’est-il arrivé ? Les deux garçons pourront-ils jamais tenir leur promesse d’être réunis, libres et heureux, sous les étoiles ?

Mon avis :

Cette lecture fût une très belle lecture. Emouvante et originale dans l’écriture, j’ai pris beaucoup de plaisir malgré la dureté du sujet.

Ali et son frère Mohammed vivaient à Kaboul, ils n’étaient pas riches mais ils n’étaient pas malheureux. Entourés de leurs parents et malgré les difficultés, ils vivaient leurs vies d’enfants. Jusqu’à ce que la guerre leur arrache leurs parents et leur maison… Et là, leur vie a pris une autre tournure.

« Il est normal que tout être humain cherche à améliorer sa condition et, dans certains cas, partir est le seul moyen d’y arriver ».

Et c’est ce voyage, cette quête d’un avenir meilleur que l’auteur qui, n’est autre qu’Ali, nous raconte. Et c’est un voyage difficile. Déjà dès le second chapitre on découvre que les deux frères ont été séparés. Et c’est là que l’originalité de l’écriture se révèle. C’est Ali qui parle et qui s’adresse à son frère. On a l’impression de lire une longue lettre et c’est très plaisant à lire.

Alternant des passages où les 2 frères sont ensemble et d’autres où Ali est tout seul le périple de nos petits orphelins est peuplé de rencontres bonnes ou mauvaises, d’espoirs, de désillusions mais toujours avec force et courage. Ils ne se plaignent jamais, ne s’appesantissent pas sur leurs malheurs, ce sont même des souvenirs heureux de leur passé qu’Ali nous raconte.

« Ici, il n’y a de place que pour l’avenir, nous avons laissé derrière nous un monceau de décombres, de peur et de douleur dont personne n’a envie de parler. »

L’auteur qui n’est autre qu’Ali, ce petit garçon fort attachant, nous livre un témoignage très émouvant qui montre, avec beaucoup de pudeur et de sensibilité, ce que doivent subir tous ces gens qui n’ont d’autre choix que de tout tenter et même au péril de leur vie, pour espérer avoir une vie meilleure. C’est un magnifique roman qui nous montre l’immigration par l’autre bout de la lorgnette.

Profondément touchant et édifiant c’est un roman à lire assurément et à faire lire au plus grand nombre.

Un book club est organisé le 4 mars sur Facebook dans le groupe des lecteurs du cercle Belfond, vous avez encore le temps de vous l’offrir et de le lire pour participer et échanger sur cette lecture.

Merci à la plateforme NetGalley et aux éditions Belfond de m’avoir permis de découvrir ce titre

 

Au nom de ma mère – Hanni Münzer

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Roman de 396 pages publié par les éditions L’Archipel le 8 novembre 2017, c’est mon second coup de cœur de ce début d’année 2018.

De quoi ça parle:

Étudiante à Seattle, Felicity reçoit un appel : Martha, sa mère, a disparu… Felicity la retrouve à Rome, où Martha s’est enfuie avec des archives familiales.
Martha a en effet découvert une longue lettre écrite par sa propre mère, Deborah, fille d’une diva qui connut son heure de gloire aux débuts du IIIe Reich. Une lettre qui va plonger Felicity dans une quête douloureuse.
Alternant passé et présent, ce roman mêle amour et trahison, colère et culpabilité, péché et expiation, autour d’un secret de famille courant sur quatre générations.

Mon avis :

Encore une lecture sur la seconde guerre mondiale. Je n’y peux rien, c’est ma thématique de lecture préférée. Chacune de mes lectures de cette nature a été porteuse d’émotions et s’est révélée être un coup de coeur ou presque et là encore j’ai été bouleversée.

Ce roman démarre très vite. En une cinquantaine de pages, l’auteur pose l’intrigue fort bien résumée par la quatrième de couverture. Des questions sont posées et le mystère est entier lorsque l’auteur nous fait faire un bond en arrière pour nous replacer dans les années 1920. On découvre alors Elisabeth et son mari Gustav et leur vie en Allemagne, on découvre progressivement comment le nazisme a pris le pouvoir dans ce pays.

« La puissance du bien se révèle sans fard afin de se prodiguer à tous, tandis que le mal s’approche de nous hypocritement et nous séduit par la ruse et la fourberie si bien que nous comprenons trop tard, voire jamais que nous sommes irrémédiablement pris à son piège »

C’est une histoire haletante qui monte en puissance au fil des pages, au gré des tentatives de cette famille pour quitter le pays avant qu’il ne soit trop tard. Entre rebondissements et tension narrative, on est happé dans cette période terrible où la peur de l’avenir vous pousse à faire des choses auxquelles vous n’auriez jamais pensé. Fort bien documentée, cette première partie de l’histoire est très intéressante sur la montée en puissance du pouvoir nazi.

On passe ensuite à l’histoire de Déborah, la fille d’Elisabeth et Gustav, qui est encore plus captivante. Elle est jeune mais doit déjà faire face à un destin tragique et tout faire pour s’en sortir avec son jeune frère. On suit sa vie aux côtés d’un officier SS qui les a aidés, elle et sa famille tout en cherchant des liens avec ce qu’on a appris dès le début du roman et du coup la lecture prend des tournures de « thriller », on a plein de questions et on tourne les pages encore et encore pour avoir nos réponses. L’histoire devient encore plus passionnante et captivante, de nombreux rebondissements, de nouvelles interactions avec des nouveaux personnages, une tension grandissante donnent un rythme effréné à cette lecture dont on ne peut plus se sortir avant d’en connaître le fin mot.

Et le retour au présent avec le dénouement final que nous offre l’autrice est tout simplement magnifique. On ne voit rien venir et le plaisir n’en est que plus grand. On a toutes les réponses à nos questions et on en ressort bouleversés.

C’est une belle histoire de femmes courageuses, fortes et déterminées que nous offre l’autrice avec en toile de fond une belle réflexion sur les liens familiaux et l’amour maternel.

La lecture de la postface nous apprend que si ce roman est une fiction il est adapté de faits réels.

Bref, cette lecture fût un énorme coup de cœur et je ne peux que vous encourager à découvrir ce roman à votre tour.

Du danger de perdre patience en faisant son plein d’essence – Pascal Martin

du danger de perdre

Roman de 158 pages publié par les éditions Robert Laffont le 12 février 2015 puis repris par France Loisirs dans leur collection Piment (256 pages).

De quoi ça parle :

Trader arrogant et successful, Victor Cobus est incarcéré après une terrible mésaventure et se retrouve dans le collimateur du caïd de la prison. Contre leur protection, les matons lui proposent un marché pour le moins inhabituel : faire fructifier leur petit pécule de 30 000 euros, la totalité de leurs économies. La salle des marchés de Victor est désormais une cellule de prison dotée d’un ordinateur et d’une connexion Internet. Mais lorsque c’est votre vie qui dépend des fluctuations du Dow Jones et du CAC 40, le métier de trader prend une tout autre dimension…

Depuis la parution du roman Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire, les titres à rallonge sont à la mode. Bien souvent attrayants par leur côté incongru, ils attirent les lecteurs curieux. Et c’est ce qui s’est passé pour moi avec ce titre qui m’a attirée en premier lieu. Et le résumé à fini de me convaincre de tenter la lecture de ce roman.

L’histoire démarre très vite et dès le premier chapitre l’auteur donne le ton. Victor Cobus est un trader tel qu’on les imagine, fier, roulant dans une grosse voiture et à qui tout réussit. Alors quand en sortant d’une station essence il se retrouve coincé derrière une voiture arrêtée en pleine voie et dont le chauffeur discute avec un chauffeur de taxi arrêté sur la voie d’en face, il n’hésite pas une seconde, il klaxonne violemment pour manifester son mécontentement. Sauf que la situation lui échappe… et il se retrouve en détention provisoire à Fleury Mérogis. Finis le costume cravate et le bel appartement…bonjour la jolie combinaison  et la chambre/salle de bain/toilette… le choc est rude pour notre bellâtre. Et ce n’est que le début des déconvenues… Il doit aussi améliorer la situation financière des gardiens en faisant fructifier leurs économies. Et bien sûr aucun droit à l’erreur ne lui sera accordé.

Derrière le côté drôle de cette histoire, se révèle aussi un excellent travail de l’auteur sur le monde des prisons, de la justice et des traders.

C’est une immersion totale du lecteur dans la vie d’une prison, micro société où les gardiens du bon ordre plus que du respect des lois. Le juste milieu entre répression et permission est le quotidien des gardiens. Sous couvert de la relation qui se noue entre notre prisonnier et son geôlier attitré, l’auteur nous dit tout sur ce qui se passe dans le monde carcéral, de la nécessaire présence d’un Caïd, charismatique et craint de tous pour assurer le maintien de la « paix ».

Le milieu de la justice n’est pas épargné non lus. Les rencontres du trader avec son avocat chargé d’assurer sa défense et les entretiens avec le juge d’instruction sont aussi propices à dénoncer certaines pratiques de la justice. Les méthodes plus ou moins « catholiques » des avocats pour sortir leurs clients du joug de la justice, les relations entre magistrats et avocats, l’auteur nous livre une vision très réaliste de ce monde judiciaire.

Et que dire du monde de la finance, parce que bien évidemment c’est plus facile de gérer les millions de milliardaires très peu regardant sur leurs pertes que de gérer les petites économies de petites gens qui ont les yeux rivés sur le trader et ses résultats. La pression n’est pas la même.

La vie de Victor Cobus n’est plus du tout un long fleuve tranquille et c’est avec beaucoup d’humour que l’auteur nous raconte tout. On apprend même, au fil des pages, à apprécier Victor Cobus, on voit évoluer son personnage et on est impatients de voir comment il va pouvoir se sortir de cette situation.

C’est un très bon roman détente, sans prise de tête, très agréable à lire.

La sorcière – Camilla Läckberg

la sorciere

La Sorcière est un roman policier de Camilla Läckberg, publié en Suède en 2017. La version française est parue le 1ᵉʳ novembre 2017 aux éditions Actes Sud dans la collection Actes noirs.

De quoi ça parle :

Une fillette de quatre ans disparaît de la ferme isolée de ses parents. Après une longue battue, Nea est retrouvée nue sous un tronc d’arbre dans la forêt, assassinée. Fait troublant : la fillette se trouvait à l’endroit où, trente ans plus tôt, avait été découvert le corps sans vie de la petite Stella, une fillette du même âge qui habitait la même ferme. À l’époque, deux ado­lescentes, Marie et Helen, avaient été condamnées pour le meurtre : elles avaient avoué avant de se rétracter. Désormais mariée à un militaire autoritaire et psychopathe, Helen mène une vie recluse, non loin de la ferme, dans l’ombre des crimes passés. La belle Marie, quant à elle, est devenue une star du cinéma à Hollywood ; pour la première fois depuis la tragé­die, elle vient de revenir à Fjällbacka pour un tournage. Cette coïncidence et les similitudes entre les deux affaires sont trop importantes pour que Patrik Hedström et son équipe puissent les ignorer, mais ils sont encore loin de se douter des répercus­sions désastreuses que va avoir leur enquête sur la petite loca­lité. De son côté, Erica Falck écrit un livre sur l’affaire Stella. Une découverte la trouble : juste avant son suicide, le policier responsable de l’enquête à l’époque s’était mis à douter de la culpabilité des deux adolescentes. Pourquoi ?

Mon avis :

C’est avec une grande tristesse que je vous annonce que Camilla Läckberg et moi venons de « divorcer » après de longues années d’une relation livresque intense et addictive. Chaque tome était attendu avec fébrilité, gage d’un moment de bonheur livresque intense pour la fan de POLARS que je suis. Mais ça, c’était avant. Déjà « Le gardien de phare » avait jeté une ombre sur mon « amour » pour cet auteur. Les tomes suivants, s’ils n’avaient pas été des vrais coups de coeur, avaient au moins accompli leur mission « polaristique ».

Ce nouveau tome a été une énorme déception, le ciel m’est tombé sur la tête !!!

Pourtant  j’ai bien aimé retrouver tous les personnages récurrents habituels, vivre avec eux leurs morceaux de vie, les voir évoluer…J’ai aimé lire l’histoire parallèle de Elin en 1671, jeune veuve avec une petite fille qui doit vivre chez sa demi sœur et son mari dont la vie se révèle bien difficile.

MAIS, l’élément principal d’un polar doit rester avant toute chose l’enquête policière…et ici on en est loin. Certes j’aime bien connaître la vie personnelle des personnages d’un roman policier mais point trop n’en faut. Dans ce tome, le déséquilibre entre la vie des personnages et l’enquête quand la 1ère prend le pas sur la seconde, est tel que l’intrigue perd en dynamisme, noyée au milieu d’un roman « normal ». On tombe dans le genre « plus belle la vie » « Dallas » et autres soap, contre lesquels je n’ai rien à reprocher mais qui n’est pas ce qu’on attend d’un livre catalogué POLAR.

En plus d’être noyée dans la masse, l’intrigue est loin d’être captivante, elle n’a rien de très surprenant. Une petite fille morte il y a 30 ans, 2 adolescentes soupçonnées…une petite fille disparue aujourd’hui alors que les 2 adolescentes d’autrefois sont maintenant des femmes complètement différentes qui vivent justement à Fjallbacka… le raccourci est vite fait. Certes l’auteur a bien rajouté des thèmes à la mode (et des personnages en plus du coup) pour dynamiser le tout et tisser une toile où le lecteur ne saura plus donner de la tête. On rencontre des réfugiés syriens victimes de racisme, des adolescents mal aimés qui se cherchent…

Mais à trop vouloir en faire, l’auteur m’a perdue. J’ai bien aimé « individuellement »toutes les histoires que l’auteur a mises dans ce roman mais n’ai trouvé aucune cohérence entre toutes. C’était trop, trop de personnages, trop de rebondissements trop prévisibles et convenus, peu de surprise pour le lecteur qui, par manque de réelle tension, n’est finalement pas époustouflé par la résolution finale qui m’est apparue bâclée, révélée à la va vite sans permettre au lecteur de comprendre.

Et que dire du « lien » entre l’histoire parallèle passée et l’histoire actuelle !!!! Ce lien marque de fabrique de l’auteur qui m’a fait dévorer ses premiers tomes, est ma plus grosse déception je crois tellement c’est absolument scandaleux (j’ose !!! le mot n’est pas trop fort). J’ai eu la vilaine impression d’un lien purement artificiel qu’il fallait absolument créer parce que c’est justement ce qui a fait le succès de ses premiers romans. Je brûle d’envie de vous dire précisément en quoi ce « lien » me rend tellement en colère mais je ne veux pas vous spolier donc chut….

Et enfin, et ce sera mon dernier coup de gueule, l’auteur nous a encore fait une fin « cliffhanger » (il se passe un truc mais on nous laisse avec un …à suivre !!!), procédé qui a de plus en plus le don de m’énerver car il vise selon moi à s’assurer la lecture du livre à venir par les lecteurs attachés aux personnages. Et parfois au mépris d’une bonne intrigue. J’ai l’impression d’être prise pour une tourte. Ce procédé me hérisse le poil. Les auteurs qui utilisent ce genre de procédé devraient garder à l’esprit  que le maintien de la qualité de l’intrigue est d’autant plus importante avec ce genre de procédé car un lecteur déçu sur la « nature » première du roman qu’il attendait ne reviendra pas quand bien même il est attaché aux personnages récurrents. C’est mon cas. Comme pour la série Friends, qui a su, elle, s’arrêter au bon moment, je quitte définitivement Fjalbacka et ses personnages que j’aimais tant pare qu’ils ne font plus partie des POLARS du début qui m’avaient plu. DOMMAGE !!!!

#La Mère Coupable – Caroline Fourment

la mere coupable

Un véritable coup de coeur !!!!

Roman de 165 pages publié par les éditions Mazarine en mai 2017, ce roman vous procurera un pur moment de bonheur livresque.

Caroline Fourment est la créatrice du blog La mère coupable. Ses citations sur les réseaux sociaux ont fait le tour du monde et elle a été lauréate en 2016 du Prix littéraire écrire au féminin. Le succès de son roman est largement mérité.

De quoi ça parle :

La Mère coupable, c’est cet individu qui peut dans le même temps râler et faire des bisous, crier « Va dans ta chambre ! » et susurrer « Viens faire un câlin à Maman », qui hurle à mort quand l’ado fait couler l’eau trop longtemps, mais qui laisse la petite lumière allumée toute la nuit pour rassurer le petit dernier…
La Mère coupable, c’est vous, cette maman pleine de paradoxes inexplicables, qui tente de mener sa vie comme elle l’entend pour tordre le cou à la mère parfaite. Ajoutez-y un soupçon de crise de la quarantaine, quelques kilos en trop, un mari aimant mais souvent absent, un ex-petit ami qui refait surface, et une chanson d’amour des années 1980 qui vient interrompre la bande-son du quotidien de cette mère de famille perdue dans sa routine.
Sans jamais donner de leçon, l’auteure qui se cache derrière ce pseudo depuis la création de son blog croque avec humour et bienveillance la vie de famille #ensirotantunverredemojitopardi !

C’est clairement la lecture de ce résumé qui m’a convaincue de tenter cette lecture tant je me suis vue dans ce résumé. Et je n’ai pas été déçue, bien au contraire. C’est drôle, pertinent, on se dit que l’auteur s’est caché quelque part derrière nous et raconte notre vie tellement ce qu’on lit colle à notre vie. Des enfants qui ne jurent que par leur Maman, un papa qui ne sait jamais où sont rangées les choses, au point qu’on se demande s’il vit vraiment dans cette maison, toutes ses anecdotes qui font qu’on a l’impression de lire sa propre vie racontée par une autre.

Mais ce n’est pas que cela. derrière le côté drôle des citations se cache une véritable histoire de maman et une véritable réflexion profonde sur la considération de la femme une fois qu’elle est devenue maman. Comment concilier vie de femme, d’épouse et de mère.

C’est bien écrit, ça se lit tout seul et ça vous colle la banane pour ma journée!!!

Bref, j’ai adoré cette lecture que je vous recommande chaudement.

J’ai appris que le tome 2 va sortir en mars prochain et autant vous dire que je vais me précipiter pour retrouver cette ambiance et ce ton très plaisants à lire.

 

Ils vont tuer Robert Kenndey – Marc Dugain

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Roman de 400 pages publié par les éditions Gallimard le 17 août 2017

J’ai découvert ce roman en avant première grâce à Babelio dans le cadre d’un opération spéciale de Masse critique et je remercie vivement ce site pour cette découverte même si cela ne fût pas une réussite pour moi.

De quoi ça parle:

« Un professeur d’histoire contemporaine de l’université de Colombie-Britannique est persuadé que la mort successive de ses deux parents en 1967 et 1968 est liée à l’assassinat de Robert Kennedy. Le roman déroule en parallèle l’enquête sur son père, psychiatre renommé, spécialiste de l’hypnose, qui a quitté précipitamment la France avec sa mère à la fin des années quarante pour rejoindre le Canada et le parcours de Robert Kennedy. Celui-ci s’enfonce dans la dépression après l’assassinat de son frère John, avant de se décider à reprendre le flambeau familial pour l’élection présidentielle de 1968, sachant que cela le conduit à une mort inévitable. Ces deux histoires intimement liées sont prétexte à revisiter l’histoire des États-Unis des années soixante. Contre-culture et violence politique dominent cette période pourtant porteuse d’espoir pour une génération dont on comprend comment et par qui elle a été sacrifiée. 

 

C’est un roman qui ressemble à un essai… Dans un style très soutenu, un texte tassé très peu aéré et très narratif donc beaucoup de descriptions et peu de dialogues, Marc Dugain retrace le chemin de Robert Kennedy après le décès de son frère et en parallèle l’enquête de Mark sur la mort de ses parents. Les passionnés d’histoire adoreront, parce que l’auteur passe au crible l’histoire américaine de cette époque et je suis persuadée que cela plaira aux férus du roman historique. Hélas ce n’est pas mon cas.

Je m’attendais à une histoire passionnante, pleine de rebondissements et de révélations surtout du fait des liens supposés entre la mort des parents de Mark et l’assassinat de Robert Kennedy. Il n’en fût rien en tout cas pour moi.

On ne sait pas grand chose de Mark, il ne dévoile rien de ce qui l’a poussé à réaliser cette enquête. Du coup je suis restée complètement à l’extérieur de ce livre, je n’ai pas du tout été embarquée et c’est ce qui me laisse un goût de déception. Malgré les quelques moments un peu plus palpitants qui parsèment cette lecture, je ne suis pas rentrée dedans.

Je n’ai pas abandonné parce que la plume de l’auteur même si elle est ardue est plaisante à lire et que j’avais quand même envie de connaître la résolution de l’enquête de Mark, mais c’est sans grand enthousiasme que j’ai tourné les pages. Bref, je n’ai pas accroché.