#La Mère Coupable – Caroline Fourment

la mere coupable

Un véritable coup de coeur !!!!

Roman de 165 pages publié par les éditions Mazarine en mai 2017, ce roman vous procurera un pur moment de bonheur livresque.

Caroline Fourment est la créatrice du blog La mère coupable. Ses citations sur les réseaux sociaux ont fait le tour du monde et elle a été lauréate en 2016 du Prix littéraire écrire au féminin. Le succès de son roman est largement mérité.

De quoi ça parle :

La Mère coupable, c’est cet individu qui peut dans le même temps râler et faire des bisous, crier « Va dans ta chambre ! » et susurrer « Viens faire un câlin à Maman », qui hurle à mort quand l’ado fait couler l’eau trop longtemps, mais qui laisse la petite lumière allumée toute la nuit pour rassurer le petit dernier…
La Mère coupable, c’est vous, cette maman pleine de paradoxes inexplicables, qui tente de mener sa vie comme elle l’entend pour tordre le cou à la mère parfaite. Ajoutez-y un soupçon de crise de la quarantaine, quelques kilos en trop, un mari aimant mais souvent absent, un ex-petit ami qui refait surface, et une chanson d’amour des années 1980 qui vient interrompre la bande-son du quotidien de cette mère de famille perdue dans sa routine.
Sans jamais donner de leçon, l’auteure qui se cache derrière ce pseudo depuis la création de son blog croque avec humour et bienveillance la vie de famille #ensirotantunverredemojitopardi !

C’est clairement la lecture de ce résumé qui m’a convaincue de tenter cette lecture tant je me suis vue dans ce résumé. Et je n’ai pas été déçue, bien au contraire. C’est drôle, pertinent, on se dit que l’auteur s’est caché quelque part derrière nous et raconte notre vie tellement ce qu’on lit colle à notre vie. Des enfants qui ne jurent que par leur Maman, un papa qui ne sait jamais où sont rangées les choses, au point qu’on se demande s’il vit vraiment dans cette maison, toutes ses anecdotes qui font qu’on a l’impression de lire sa propre vie racontée par une autre.

Mais ce n’est pas que cela. derrière le côté drôle des citations se cache une véritable histoire de maman et une véritable réflexion profonde sur la considération de la femme une fois qu’elle est devenue maman. Comment concilier vie de femme, d’épouse et de mère.

C’est bien écrit, ça se lit tout seul et ça vous colle la banane pour ma journée!!!

Bref, j’ai adoré cette lecture que je vous recommande chaudement.

J’ai appris que le tome 2 va sortir en mars prochain et autant vous dire que je vais me précipiter pour retrouver cette ambiance et ce ton très plaisants à lire.

 

Publicités

Ils vont tuer Robert Kenndey – Marc Dugain

Ils-vont-tuer-Robert-Kennedy_603

Roman de 400 pages publié par les éditions Gallimard le 17 août 2017

J’ai découvert ce roman en avant première grâce à Babelio dans le cadre d’un opération spéciale de Masse critique et je remercie vivement ce site pour cette découverte même si cela ne fût pas une réussite pour moi.

De quoi ça parle:

« Un professeur d’histoire contemporaine de l’université de Colombie-Britannique est persuadé que la mort successive de ses deux parents en 1967 et 1968 est liée à l’assassinat de Robert Kennedy. Le roman déroule en parallèle l’enquête sur son père, psychiatre renommé, spécialiste de l’hypnose, qui a quitté précipitamment la France avec sa mère à la fin des années quarante pour rejoindre le Canada et le parcours de Robert Kennedy. Celui-ci s’enfonce dans la dépression après l’assassinat de son frère John, avant de se décider à reprendre le flambeau familial pour l’élection présidentielle de 1968, sachant que cela le conduit à une mort inévitable. Ces deux histoires intimement liées sont prétexte à revisiter l’histoire des États-Unis des années soixante. Contre-culture et violence politique dominent cette période pourtant porteuse d’espoir pour une génération dont on comprend comment et par qui elle a été sacrifiée. 

 

C’est un roman qui ressemble à un essai… Dans un style très soutenu, un texte tassé très peu aéré et très narratif donc beaucoup de descriptions et peu de dialogues, Marc Dugain retrace le chemin de Robert Kennedy après le décès de son frère et en parallèle l’enquête de Mark sur la mort de ses parents. Les passionnés d’histoire adoreront, parce que l’auteur passe au crible l’histoire américaine de cette époque et je suis persuadée que cela plaira aux férus du roman historique. Hélas ce n’est pas mon cas.

Je m’attendais à une histoire passionnante, pleine de rebondissements et de révélations surtout du fait des liens supposés entre la mort des parents de Mark et l’assassinat de Robert Kennedy. Il n’en fût rien en tout cas pour moi.

On ne sait pas grand chose de Mark, il ne dévoile rien de ce qui l’a poussé à réaliser cette enquête. Du coup je suis restée complètement à l’extérieur de ce livre, je n’ai pas du tout été embarquée et c’est ce qui me laisse un goût de déception. Malgré les quelques moments un peu plus palpitants qui parsèment cette lecture, je ne suis pas rentrée dedans.

Je n’ai pas abandonné parce que la plume de l’auteur même si elle est ardue est plaisante à lire et que j’avais quand même envie de connaître la résolution de l’enquête de Mark, mais c’est sans grand enthousiasme que j’ai tourné les pages. Bref, je n’ai pas accroché.

Room – Emma Donoghue

room-01

Une lecture émouvante !!!

Roman de 408 pages publié par les éditions Stock le 24 août 2011 – traduction Virginie Buhl

De quoi ça parle :

Sur le point de fêter ses cinq ans, Jack a les préoccupations des petits garçons de son âge. Ou presque.
Il ne pense qu’à jouer et à essayer de comprendre le monde qui l’entoure, comptant sur sa mère pour répondre à toutes ses questions. Cette mère occupe dans sa vie une place immense, d’autant plus qu’il habite seul avec elle dans une pièce unique, depuis sa naissance.
Il y a bien les visites du Grand Méchant Nick, mais Ma fait tout pour éviter à Jack le moindre contact avec ce personnage. Jusqu’au jour où elle réalise que l’enfant grandit, et qu’elle ne va pouvoir continuer longtemps à entretenir l’illusion d’une vie ordinaire. Elle va alors tout risquer pour permettre à Jack de s’enfuir.
Mais l’enfant va-t-il réussir à trouver des repères loin de leur univers ? Quel accueil lui réservera le monde extérieur, lui l’enfant né de la captivité d’une femme ?

Cette lecture est une merveille d’émotions bouleversantes car cette histoire est monstrueuse. Dans l’esprit du film La vie est belle on découvre Jack, un petit garçon de 5 ans qui n’a connu toute sa vie qu’une petite pièce de 12 m² où il vit avec sa mère qui déploie toute son imagination pour lui rendre la vie la plus « normale » possible. Tous les objets portent un nom, il y a Monsieur Tapis, Monsieur Frigo, Madame Table et ainsi de suite. Jack vit sa vie selon un rituel bien établi. Et cette partie est troublante pour le lecteur. On ne sait rien, même si on le devine, des raisons pour lesquelles Jack vit avec sa mère dans cette pièce et les visites du Grand Méchant Nick jettent un voile effrayant et mystérieux qui obnubile le lecteur. Mais pour Jack tout est normal c’est sa vie et il l’aime. D’ailleurs c’est de son point de vue que l’on suit cette histoire, c’est lui qui raconte.

J’ai bien aimé cette partie car c’est vraiment impressionnant de voir les choses du point de vue d’un enfant.

Mais la deuxième partie est encore plus émouvante. Je ne spolie pas puisque on sait en lisant la quatrième de couverture que Jack va sortir. Et là c’est tout un autre univers qui s’ouvre pour lui et pour le lecteur. Son monde passe de 12 m² à l’infini et le bouleversement du lecteur est total. Vivre avec Jack cette nouvelle découverte est émouvant et perturbant. On ressent bien son incompréhension de ce qui lui arrive. C’est aussi à travers ses yeux que l’on vit la façon dont sa maman vit cette nouvelle aventure. Et ses réactions sont bien surprenantes.

C’est un roman très original dans sa conception. L’auteur a fait preuve d’un énorme talent pour nous raconter cette histoire au travers du regard d’un enfant de 5 ans. On ressent toutes les émotions de tous les personnages, rien ne manque et pourtant le procédé narratif était risqué. Mais c’est extrêmement bien fait. C’est un roman qui fait réfléchir sur ce qui est vraiment nécessaire et/ou indispensable au bonheur, sur les relations sociales, sur le lien mère-enfant. Bref, on n’en ressort pas indemne, c’est une lecture qui marque et dont on se souvient très longtemps. La preuve, je l’ai lu en janvier et je me souvient encore parfaitement des émotions ressenties pour rédiger mon avis aujourd’hui 😉

Sortez vos mouchoirs et plonger dans cette histoire bouleversante !!!!

Baby love – Joyce Maynard

baby love

Une histoire émouvante !!!

Roman de 302 pages publié par les éditions Philippe Rey le 8 février 2013 – traduction Mimi Perrin

De quoi ça parle:

Elles sont quatre adolescentes – la plus vieille a dix-huit ans – confrontées chacune à une maternité précoce. Sandy, Tara et Wandy sont déjà mères. Jill pense être enceinte, mais son petit ami refuse de la croire. Sandy est mariée à un garçon de dix-neuf ans – qui renâcle à la vie conjugale. Les autres pères putatifs ont plus ou moins disparu dans la nature, mais peu importe. Ce qui unit ces gamines, c’est l’amour qu’elles portent à leur bébé, leur seule réussite, leur unique source de bonheur dans une vie d’une banalité terrifiante. Elles le gavent, le dorlotent, le déguisent, jouent avec lui comme à la poupée, et parfois, sans vraiment le vouloir, le malmènent un peu. Et cet après-midi-là, sur les marches d’une laverie automatique, leur lieu de rendez-vous favori, ce sont encore des rêves qu’elles font autour de leurs enfants dont elles parlent avec un optimisme désarmant. Sans se douter un instant de tout ce qui menace leur destin et risque de le faire dramatiquement basculer : non seulement l’arrivée dans la petite ville de deux jeunes femmes, mais encore les obsessions folles d’une vieille bigote, et – inattendue tout autant qu’angoissante -, la présence d’un tueur… Avec ce premier roman paru en 1981 aux Etats-Unis, Joyce Maynard signe un subtil portrait, toujours d’actualité, de l’Amérique profonde.

Ne dit-on pas que le métier de maman est le plus beau métier du monde? Sauf que comme pour tous les métiers il s’apprend, parfois avec difficulté. C’est ce que’ découvrent les adolescentes de ce roman. Devenues mères par choix ou par accident, elles doivent faire avec, vivre et survivre dans une petite ville d’amérique où le travail ne court pas les rues. Et les pères ne sont pas oubliés pour autant.

Le roman entrelace les vies de nombreux personnages sans avertissement, on passe de l’un à l’autre comme on tourne une page, voire même au détour d’un paragraphe. C’est assez déroutant au début, vu le nombre de personnages, et la rapidité avec laquelle on passe de Sandy à Tara avec un peu de Wandy au milieu, il faut beaucoup de concentration pour ne pas se perdre. J’avoue qu’après avoir eu quelques lectures avec peu de personnages, j’ai eu un peu de mal au début. Mais finalement, avec un peu de persévérance on s’attache vraiment à ces jeunes mamans et on prend énormément de plaisir à les suivre.

L’atmosphère est pesante, on sent très bien le poids de la misère dans cette petite ville d’amérique où tout le monde connaît tout le monde, où le travail est rare, où tout nouvel arrivant est scruté… on comprend parfaitement le rêve d’une vie meilleure qui habite chacun des personnages.

C’est vraiment une très belle histoire, très réaliste qui montre avec objectivité et beaucoup de talent, surtout grâce à une écriture soignée, qu’être mère n’est pas une chose facile et que les choses ne se passent pas forcément comme on l’avait imaginer.

J’ai beaucoup aimé ce roman, l’écriture qui m’a fait penser aux romans de Laura Kasischke et c’est avec plaisir que je suivrai les romans de Joyce maynard. d’ailleurs un autre de ses romans, L’homme de la montagne, m’attend dans ma PAL mais plus pour très longtemps.

Bref, un magnifique roman à découvrir !!!

L’atelier des miracles – Valérie Tong Cuong

atelier des miracles

Un coup de coeur !!

Roman de 264 pages publié par les éditions JC lattes le 9 janvier 2013

De quoi ça parle :

Prof d’histoire-géo mariée à un politicien narcissique, Mariette est au bout du rouleau. Une provocation de trop et elle craque, envoyant valser un élève dans l’escalier. Mariette a franchi la ligne rouge.
Millie, jeune secrétaire intérimaire, vit dans une solitude monacale. Mais un soir, son immeuble brûle. Elle tourne le dos aux flammes se jette dans le vide. Déserteur de l’armée, Monsieur Mike a fait de la rue son foyer. Installé tranquillement sous un porche, il ne s’attendait pas à ce que, ce matin, le « farfadet » et sa bande le passent à tabac.
Au moment où Mariette, Millie et Mike heurtent le mur de leur existence, un homme providentiel surgit et leur tend la main – Jean, qui accueille dans son Atelier les âmes cassées, et dont on dit qu’il fait des miracles.

C’est un roman dont tout le monde a dit le plus grand bien et je ne vais pas déroger à cela, j’ai adoré cette lecture.

L’écriture est douce et poétique, très agréable à lire. Les 3 personnages sont très attachants, ces pauvres bougres n’ont pas été gâtés par la vie. Chacun évoqué dans des chapitres qui se suivent de manière alternative, on suit ce qui leur arrive avec empathie et on a envie qu’ils s’en sortent. Après tout le titre nous en donne l’espoir. « Chacun de nous peut un jour être confronté à sa propre impuissance, glisser, chuter et même mourir, par simple ignorance mais surtout par solitude. Il faut se battre pour les ramener à la vie. Prendre la main de celui qui ne vous la tend pas, forcer le destin, offrir un miroir magique qui montre à ceux que la souffrance aveugle ce qu’ils ont en eux de beau et de grand« .

C’est leur rencontre avec Monsieur Jean, au pire moment de leur vie, au moment fatidique ou tout pourrait basculer, qui va changer leur destinée. De trois histoires individuelles, on passe à 3 histoires qui s’emmêlent les unes avec les autres, toujours très agréables à suivre. On est embarqués avec eux dans le tourbillon de leur vie, dans leur combat pour affronter leurs problèmes, survivre et s’en sortir.

L’auteur est très talentueuse pour nous faire vibrer d’émotion et apprécier la lecture d’un roman qui apparaît au premier abord comme une simple histoire de vies. Mais tout est-il toujours simple dans la vie? Ne dit-on pas que rien n’est gratuit? Le mystérieux Monsieur Jean est-il aussi altruiste qu’il le prétend?

« C’est un beau roman, c’est une belle histoire » comme dirait Michel Fugain alors il serait vraiment dommage de passer à côté.

Ce que j’appelle oubli – Laurent Mauvignier

ce que j appelle oubli

Roman de 62 pages publié par les éditions de minuit en 2011

De quoi ça parle:

Quand il est entré dans le supermarché, il s’est dirigé vers les bières. Il a ouvert une canette et l’a bue. À quoi a-t-il pensé en étanchant sa soif, à qui, je ne le sais pas.
Ce dont je suis certain, en revanche, c’est qu’entre le moment de son arrivée et celui où les vigiles l’ont arrêté, personne n’aurait imaginé qu’il n’en sortirait pas.

Cette fiction est librement inspirée d’un fait divers, survenu à Lyon, en décembre 2009.

C’est un très petit roman et fort heureusement parce que si le sujet est intéressant, la forme rend la lecture insupportable.

En effet, encensé par les critiques comme un prodigieux roman d’une seule phrase, ce roman ne comporte que des virgules et des tirets pour séparer les phrases. Car il faut bien le dire l’unique phrase qui compose ce roman n’est en fait qu’une succession de plusieurs phrases qui, au lieu d’être séparées par des points, le sont par des virgules et des tirets. C’est insupportable. Certes cela donne un sentiment de tension, de prise de respiration sans pouvoir la relâcher  mais en fait c’est pénible. J’ai eu l’impression de lire comme mes enfants quand ils ont commencé la lecture, c’est-à-dire dans mettre le ton, en ne s’arrêtant pas aux points et en continuant sur le même rythme.

Alors que le sujet traité était intéressant, cette mort stupide pour une canette bue dans un supermarché sans avoir eu le temps de la payer, les raisons qui ont conduit le personnage principal à agir de la sorte, les conséquences de sa mort pour sa famille, pour les vigiles qui ont commis cet acte inexplicable, tout aurait pu être narré de la même façon mais avec des points ce qui aurait donné un rythme aussi rapide puisque finalement les morceaux de phrases sont courts.

Bref, c’est un roman intéressant sur le fond mais mais détestable sur la forme. Heureusement, avec 62 pages, en moins de 2 heures la torture était finie. Dommage !!

Chanson douce – Leïla Slimani

chanson douce

Un coup de coeur !!

Roman de 240 pages publié par les éditions Gallimard en août 2016.

GRAND PRIX DES LECTRICES DE «ELLE» 2017
GRAND PRIX DES LYCÉENNES DE «ELLE» 2017
PRIX GONCOURT 2016

J’avais dit que plus jamais je ne lirai de Prix Goncourt après Les bienveillantes !!! Il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis hein. Je ne lis quasi jamais de romans des éditions Gallimard car je n’aime pas ces couvertures toutes simples qui n’attirent jamais mon regard. Et pourtant celui-là je l’ai pris. Ah oui mais c’est parce qu’il avait une marguerite, le signe de reconnaissance des bons romans apposé par le club de lecture de la médiathèque de chez moi (et auquel j’appartiens). Et grand bien m’en a pris.

De quoi ça parle:

Lorsque Myriam, mère de deux jeunes enfants, décide malgré les réticences de son mari de reprendre son activité au sein d’un cabinet d’avocats, le couple se met à la recherche d’une nounou. Après un casting sévère, ils engagent Louise, qui conquiert très vite l’affection des enfants et occupe progressivement une place centrale dans le foyer. Peu à peu le piège de la dépendance mutuelle va se refermer, jusqu’au drame.
À travers la description précise du jeune couple et celle du personnage fascinant et mystérieux de la nounou, c’est notre époque qui se révèle, avec sa conception de l’amour et de l’éducation, des rapports de domination et d’argent, des préjugés de classe ou de culture. Le style sec et tranchant de Leïla Slimani, où percent des éclats de poésie ténébreuse, instaure dès les premières pages un suspense envoûtant.

Ce roman est à lire absolument mais si vous êtes une jeune maman qui laisse ses enfants à une nounou pour aller travailler, peut être vaut-il mieux attendre que les petits aillent à l’école, je dis ça je dis rien hein.

C’est un roman qui vous attrape dès le départ et le piège se referme sur vous. La construction est très maligne. Ce roman commence par un drame dès le 1er chapitre. Et la question est de savoir comment ? pourquoi? Alors comme dans les très bon films qui, après une scène horrible visant le héro, vous replongent 24 heures avant, l’auteur ici agit de la même manière. Elle remonte au commencement, quand Myriam, jeune maman en congé parental n’en peut plus de rester à la maison « à ne rien faire » qu’à s’occuper de ses 2 enfants, quand elle décide de reprendre le travail et quand elle et son mari doivent recourir aux services d’une nounou.  Et quand Louise apparaît dans leur vie.

« La nounou est comme ces silhouettes qui, au théâtre, déplacent dans le noir le décor sur la scène« . « Louise s’agite en coulisses, discrète et puissante. C’est elle qui tient les fils transparents sans lesquels la magie ne peut pas advenir. Elle est Vishnou divinité nourricière jalouse et protectrice. Elle est la louve à la mamelle de qui ils viennent boire, la source infaillible de leur bonheur familial« . C’est toute la relation parents-employeurs/ nounou-employé que l’auteur décrit admirablement bien, cette relation ambiguë où la frontière entre employeur/employé peut parfois finir par s’estomper. « Ce n’est jamais clairement dit , ils n’en parlent pas, mais Louise construit patiemment son nid au milieu de l’appartement« .

Les chapitres sont cours, l’écriture est simple mais incisive et très plaisante à lire. Les témoignages de personnes extérieures au milieu viennent accentuer l’angoisse du lecteur, son besoin de savoir ce qui s’est réellement passé.

La fin m’a un peu « déçue » parce que j’aurai aimé en savoir encore un peu plus et que mon imagination avait grandement travaillé pour me faire espérer quelque chose qui ne s’est pas produit. En tous cas cette lecture fût un réel moment de pur bonheur livresque !