Poulets grillés – Sophie Henaff

poulets grilles

Un délice !

Roman policier de 332 pages publié le 30 mars 2016 par Le livre de poche, ayant obtenu le prix des lecteurs polar et le prix Arsène Lupin

De quoi ça parle:

« Le 36 quai des Orfèvres s’offre un nouveau patron. Le but de la manœuvre : faire briller les statistiques en placardisant tous ceux qu’on ne peut pas virer et qui encombrent les services.
Nommée à la tête de ce ramassis d’alcoolos, de porte-poisse, d’homos, d’écrivains et autres crétins, Anne Capestan, étoile déchue de la Judiciaire, a bien compris que sa mission était de se taire. Mais voilà, elle déteste obéir et puis… il ne faut jamais vendre la peau des poulets grillés avant de les avoir plumés ! »

En entendant une lectrice de mon club de lecture en parler j’ai eu envie de découvrir ce roman policier apparemment déjanté. Et ce fût une très belle réussite!!!

C’est un roman policier original de par ses personnages. Point de héros policier sombre, à la vie difficile, fâché avec le monde entier, ni de beau gosse en costume. On est loin de l’image classique des flics de polar. Le grand chef de la police l’a dit au commissaire Capestan « on nettoie la police pour faire briller les statistiques. Les alcoolos, les brutes, les dépressifs, les flemmards et j’en passe, tout ce qui encombre nos services mais qu’on ne peut pas virer, on les rassemble dans une brigade et on l’oublie dans un coin ». On ne peut être plus clair. Un policier de l’IGS déchu pour cause d’homosexualité, une policière auteur de romans policiers à succès qui, adaptés à la télé, l’ont rendue richissime, un policier dont aucun coéquipier n’a survécu bien longtemps sans être blessé…ou pire, autant de personnages hauts en couleur qui, regroupés en une seul et même équipe, forment une brigade atypique et très attachante.

C’est un roman bourré d’humour qui tire des sourires de son lecteur. Courses poursuites en moto-crottes, écoutes policières par baby-phone, grève de la faim en binôme avec pause déjeuner incluse, quand on est une brigade déchue mais motivée, on fait ce qu’on peut avec ce qu’on a.

Mais attention ce roman est aussi un véritable roman policier avec une intrigue extrêmement bien ficelée. Parmi les cartons d’affaires anciennes qui leur ont été attribuées, au milieu de vulgaires plaintes pour des clopinettes, notre équipe infernale tombe sur une affaire de cambriolage qui a mal tourné et décide d’enquêter sur la mort de la victime de ce cambriolage. Après tout ils n’ont que ça à faire !! Et c’est le début d’une enquête passionnante.

C’est fluide, direct, ça se lit tout seul, c’est bourré d’humour et de situations truculentes, un vrai délice!!!

Le second volet est sorti en mars 2017 et autant vous dire qu’il a déjà intégré ma liste de livres à lire en 2017. Incontestablement je suis fan de cette « série » et ne peux que vous inviter à la découvrir à votre tour.

rester groupés

L’heure des fous – Nicolas Lebel

l'heure des fousRoman policier de 380 pages publié par les éditions Marabout en 2013

« Paris : un SDF est poignardé à mort sur une voie ferrée de la gare de Lyon. « Vous me réglez ça. Rapide et propre, qu’on n’y passe pas Noël », ordonne le commissaire au capitaine Mehrlicht et à son équipe : le lieutenant Dossantos, exalté du code pénal et du bon droit, le lieutenant Sophie Latour qui panique dans les flash mobs, et le lieutenant stagiaire Ménard, souffre-douleur du capitaine à tête de grenouille, amateur de sudoku et de répliques d’Audiard…
Mais ce qui s’annonçait comme un simple règlement de comptes entre SDF se complique quand le cadavre révèle son identité.
L’affaire va entraîner le groupe d’enquêteurs dans les méandres de la Jungle, nouvelle Cour des miracles au cœur du bois de Vincennes, dans le dédale de l’illustre Sorbonne, jusqu’aux arrière-cours des troquets parisiens, pour s’achever en une course contre la montre dans les rues de la capitale.
Il leur faut à tout prix empêcher que ne sonne l’heure des fous… »

Mon avis :

L’heure des fous est le premier roman de l’auteur et pour une premier roman il est top.

Point besoin d’être américain ou suédois (auteurs que j’affectionne également) pour faire un bon polar, c’est ce que j’ai envie de dire d’emblée car cette lecture fut un véritable moment de plaisir livresque pour moi.

L’histoire en elle-même est assez classique : un cadavre sur le territoire d’un petit commissariat de quartier et une nouvelle affaire à résoudre pour l’équipe du capitaine Mehrlicht. Mais au fil des pages se profile une affaire bien plus complexe qu’il n’y paraît.

Construit sur le mode classique de l’enquête policière pure et simple et porté par une écriture fluide et directe, ce roman se lit très vite et très facilement. Il n’y a aucun temps mort, les indices s’enchaînent à bon rythme et entraînent le lecteur, lentement mais sûrement, vers le dénouement. Car il faut bien le dire, il y a des romans bien plus trépidants. Mais cela n’enlève en rien son intérêt à l’histoire, bien au contraire, le lecteur a le temps de s’imprégner des informations données et a l’impression de participer à l’enquête. C’est aspect m’a beaucoup plu car cela donne une impression de réalisme assez agréable et ce d’autant plus que l’action se situe à Paris et que les lieux ne nous sont pas inconnus.

Les personnages sont également un point fort de ce roman. Ils sont tous excellents, attachants, drôles : le capitaine Mehrlicht (mon préféré), homme bourru au cœur tendre, grand fan des phrases d’Audiard qui surgissent, au gré des appels téléphoniques qu’il reçoit, aux moments les plus inopportuns et qui utilise un langage plutôt fleuri et parfois difficile à comprendre ; le lieutenant Dossantos, THE policier droit et respectueux de l’ordre qui parle en récitant des articles du Code pénal et qui est le traducteur officiel des propos du capitaine ; le lieutenant Latour, la femme dans ce monde d’hommes, qui doit se battre pour faire reconnaître sa valeur; le lieutenant stagiaire Ménard, le jeunot qui subit les pics du capitaine Mehrlicht et qui doit apprendre son boulot. Tous participent à l’histoire et c’est avec plaisir qu’on les retrouve chacun leur tour ou ensemble au fil des pages.

Ce roman s’inscrit, pour moi, dans la lignée des romans de Fred Vargas et se révèle très prometteur du talent de l’auteur. Personnellement j’ai hâte de retrouver le capitaine Mehrlicht et son équipe dans une nouvelle enquête.

Bref, ce roman est un coup de cœur que je vous invite fortement à découvrir.

Meurtre en librairie – Carolyn G. Hart

meurtre en librairieRoman policier de 302 pages publié par les éditions Liana Lévi le 19/05/1998

« Crimes à la demande. Il ne s’agit pas d’une offre de service, mais de l’enseigne de la librairie que dirige Annie Laurence dans la petite île de Broward’s Rock, au large de la Caroline du Sud. Une librairie spécialisée en romans policiers, évidemment. En bonne professionnelle, Annie y organise chaque dimanche des rencontres littéraires où se pressent les habitués. Mais c’est bien involontairement qu’un meurtre – un vrai ! – vient animer une de ces soirées… Suspecte numéro un, Annie décide de se servir de ses connaissances en matière de polar pour mener sa propre enquête. »

Mon avis :

Parfois en déambulant dans les rayons de la bibliothèque on fait de bonnes petites découvertes et ce court roman policier en est une.

Annie Laurence, l’héroïne tient une librairie « Crimes à la demande » et organise tous les dimanches soirs des soirées pour échanger autour des livres jusqu’à ce qu’un dimanche soir un meurtre soit commis en plein milieu d’une de ces rencontres. Et le comble du comble, Annie est la principale suspecte du policier en charge de l’enquête. Elle décide alors, avec son ami Max, de mener sa propre enquête.

C’est un polar un peu désuet, il n’y a pas de sang à toutes les pages, (en même temps je l’ai lu en 2014 quand il a été publié en 1998 !), mais ça marche toujours. Le rythme est assez lent mais avec tout de même des rebondissements et des des indices disséminés au fil des pages et de l’enquête de Annie. C’est un roman qui m’a fait penser aux séries Perry Mason et Arabesque que je regardais quand j’étais jeune. Tous les suspects sont connus dès le départ et la question est de savoir lequel est le coupable.

Ce roman est le premier d’une série écrite par l’auteur et on sent bien le côté novice de Annie en tant qu’enquêtrice et c’est aussi ça qui rend la lecture intéressante. Nous pourrions tous être Annie.

Bref, c’est un bon petit polar qui se lit bien et rapidement et qui procure un bon moment de lecture.

Le chat qui volait une banque – Lilian Jackson Braun

Couverture Le chat qui volait une banqueRoman policier de 254 pages publiés par les éditions 10/18 en 2000

« La petite ville tranquille de Pickax est en ébullition : son vieil hôtel restauré s’apprête à ouvrir ses portes dans le cadre du Festival Mark Twain. Un gros client est attendu, le très charmant joaillier Delacamp. Le journaliste Qwilleran, figure emblématique du comté, s’amuse des papotages de ces dames qui, endimanchées, assistent à la soirée inaugurale d’ouverture. D’ailleurs, ses chats siamois Koko et Yom-Yom semblent du même avis en participant avec dédain à toutes ces effusions. Mais Delacamp est retrouvé assassiné dans son lit. Les dons exceptionnels de Koko suppléeront ceux du journaliste dont l’intérêt va se porter sur un certain Boze Campbell et une histoire vieille de vingt ans. »

Il suffit parfois de peu pour être intéressée. C’est à l’occasion d’une visite sur le blog de Knitspirit (que je suis également pour ses belles créations en tricot) ou elle nous parlait de ce qu’elle était en train de lire et notamment des aventures du « chat qui … ». Des aventures policières où il était question d’un héro qui résout des énigmes avec l’aide de ses chats. Il n’en fallait pas plus pour me tenter et c’est cet exemplaire qui m’est tombé dans les mains à la bibliothèque.

Mon avis :

L’histoire en elle-même est sympathique, j’ai aimé le petit côté désuet, vieillot de l’histoire. En effet, point de sang à toutes les pages et le rythme est plutôt lent. Le personnage principal Qwilleran est lui aussi très sympathique même si j’ai trouvé qu’il restait quand même très en dehors de l’enquête. Finalement il n’est pas si impliqué que cela même si c’est à travers lui et les informations qu’il recueille ici ou là que le lecteur voit se dérouler le fil de l’histoire. Cela ne m’a pas trop gênée mais j’avoue que je me suis demandée ou l’auteur allait m’emmener.

Et la résolution de l’enquête a été des plus surprenantes, à tel point que je me suis demandé si j’avais bien tout lu comme il faut… avant de me dire que lire l’épisode n°22 d’une série avec un héro récurrent n’était peut être pas une bonne idée parce que si le nom du coupable disait bien quelque chose à Qwilleran et son chat, à moi il ne disait rien et c’est bien frustrée que j’ai tourné la dernière page.

Alors je ne suis pas rancunière et quand je tomberai sur l’épisode n°1, peut être à l’occasion d’une balade en brocante, je retenterai l’aventure parce que je ne veux pas rester sur ce demi-échec.

En bref, une belle petite lecture d’enquête mais à ne lire que si on a lu les 21 épisodes précédents ou au moins celui dans lequel apparaît pour la première fois le méchant.