Sur la ligne blanche – Michel Embareck

sur la ligne blanche

Polar de 181 pages publié en 1985 et réédité par les éditions L’Archipel (Archipoche) en février 2018.

C’est un polar qui ravira les fans de rock tant la plongée au cœur de ce monde est totale.

De quoi ça parle :

« Star des médias, Langlet, surnommé le pape du rock, fait et défait les réputations dans le micro-maquereaucosme du show-biz. Trente ans, fast-donjuan, buveur, shooté, ubiquiste, ce wonder boy tout-puissant n’a pas réussi de la sorte sans se faire de nombreux ennemis. Aussi sa disparition soudaine fait-elle sensation.
Journaliste sur la touche, le narrateur, flairant le scoop de sa vie, se lance sur les traces du disparu, dont il va reconstituer le fulgurant et dangereux parcours en une série de ash-backs stroboscopiques, zigzaguant des milieux branchés aux campements de ferrailleurs et du Palace aux vestiges du Golf Drouot… » (Michel Lebrun, L’Année du polar)
Journalistes vendus aux producteurs, concerts organisés par la mafia, musiciens animés du seul souci d’échapper à l’usine… Entre Paris, Marseille, New York et Le Havre, l’enquête-fiction de Michel Embareck nous entraîne en Cadillac dans les coulisses obscures du show-biz, où l’intégrité s’achète et où l’honnêteté se noie dans le Jack Daniel’s.
Fresque d’une génération en perfecto et santiags croco, Sur la ligne blanche redonne au rock les couleurs du mythe.

Mon avis :

Fan de polars/thrillers, je saisis chaque occasion de découvrir un nouvel auteur et surtout quand il est français. Les éditions L’Archipel m’ont donné cette occasion dans le cadre de leur appel à partenariat pour le mois de février et j’étais ravie d’avoir été sélectionnée pour découvrir ce polar.  Sauf que je n’avais pas détecté le caractère omniprésent du rock pur et dur dans ce roman.

Car la plongée dans le monde du rock est telle que les non initiés, dont je fais partie, peuvent se retrouver perdus, noyés non pas dans l’alcool mais dans les références perpétuelles à des grands noms du rock. Je ne m’attendais pas à une telle immersion et du coup ma lecture s’en est ressentie un peu difficile. J’ai eu du mal à m’attacher aux personnages et ma lecture s’est faite de façon trop distante à mon goût pour apprécier pleinement ce que je lisais.

Cela étant dit, l’intrigue est bien ficelée, l’auteur nous balade entre le présent où le narrateur, un journaliste, essaie de comprendre ce qui a pu arriver à Philippe Langlet, ex-présentateur vedette de la télé française, pape du rock, poignardé dans les douches d’une prison américaine  et les 6 derniers mois de la vie de Philippe Langlet. L’alternance des chapitres donne du rythme à l’histoire et comme autant de coups de baguettes sur une batterie, l’auteur déroule la partition d’une enquête sombre, aux frontières de la légalité, comme sur une corde ou le moindre faux pas peut vous faire basculer.

Le tout porté par une écriture ciselée, incisive, des phrases courtes, très courtes, sans verbes, successions de mots forts …

extrait sur la ligne blanche

… comme des refrains d’une chanson avant de reprendre une écriture plus classique. Cette alternance de rythme colle parfaitement avec le sujet et participe au climat général de ce polar, une plongée totale dans un monde particulier.

La fin de ce polar a éclairé ma lanterne et j’ai refermé ce polar moins déçue que ce que je m’étais imaginé, je n’avais rien vu venir et cette belle surprise a été bien agréable.

Bref, ce polar est un bon polar qui ravira les fans de rock, ceux qui savent et qui  comprendront les références musicales qui parsèment le récit.

Merci aux Editions l’Archipel pour leur confiance

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Pyromane – Wojciech Chmeliarz

pyromane

Polar de 416 pages publié par les éditions Agullo dans la collection Agullo noir le 4 mai 2017 – traduction Erik Veaux

De quoi ça parle:

À Varsovie, au cœur d’un hiver glacial, l’inspecteur Mortka est appelé un samedi matin aux aurores sur les lieux d’un incendie criminel. Dans les ruines fumantes d’une villa d’un quartier chic, on découvre le corps de Jan Kameron, un businessman qui a connu des revers de fortune. Sa femme Klaudia, une ex-star éphémère de la chanson, lutte pour sa vie à l’hôpital. Mortka espère d’abord qu’il s’agisse d’un règlement de comptes lié aux affaires pas toujours limpides de Kameron. Mais bien vite, il lui faut se rendre à l’évidence : un pyromane sévit dans les rues de la capitale, balançant des cocktails Molotov par les cheminées et semant la mort sur son passage… Il faudra toute la ténacité de Mortka, déjà fragilisé par son divorce récent et épuisé par les fiestas de ses colocs étudiants, pour mener à bien une enquête où les fausses pistes abondent. Sans compter le harcèlement de sa hiérarchie qui lui colle une profileuse dans les pattes, et le comportement suspect de son adjoint porté sur la boisson…

Avec cette première aventure de l’inspecteur Jakub Mortka, dit Le Kub, Wojciech Chmielarz nous offre un polar noir comme la suie, où police ne rime pas toujours avec justice…

Mon avis :

Je ne connaissais absolument pas ni les polars polonais, ni cette maison d’édition. Et la découverte fût agréable dans les deux cas. Le format, à mi chemin entre le broché grand format qui pèse trois tonnes et le poche, est agréable à prendre en mains. La couverture sobre et mystérieuse si on enlève le bandeau est très sympathique également.

Venons en aux faits…

Ce polar venu du froid…de l’Est m’a offert un excellent moment de lecture. L’auteur a su ajuster les deux composantes qui me plaisent dans ce genre de roman. On a un juste équilibre entre la vie personnelle des personnages et une intrigue très bien ficelée.

Tout commence avec un incendie dans une maison où on retrouve un cadavre et dont une femme a réussi à sortir miraculeusement. Très vite la piste criminelle est mise en avant et c’est à Jakub Mortka dit Le Kub que l’enquête est confié. Avec son adjoint Kochan ils vont tout faire pour mettre la main sur ce pyromane.

C’est le point de départ d’une enquête qui va se révéler très bien ficelée avec des nouvelles pistes et des nouvelles questions au fil des interrogatoires et des recherches de nos 2 policiers. Le ryhtme est très bon sans être intense on ne s’ennuie jamais, chaque action des policiers ouvre de nouvelles portes et apporte également de nouvelles perspectives sans perdre le lecteur. Tout est cohérent et bien amené.

Au milieu de l’enquête à proprement parler on apprend à connaître Le Kub, sa vie, ses déboires amoureux, ses relations avec ses enfants et ses collègues policiers que ce soit son coéquipier ou ses autres collègues. Et même pendant ces passages, on ne perd jamais de vue l’enquête policière et c’est très agréable.

On découvre également le mode de fonctionnement de la justice qui m’a semblé assez similaire du système américain ce qui m’a surprise car je ne m’y attendais pas. La pression du procureur et la concurrence entre collègues pour avoir le meilleur taux de résolution.

Le tout est orchestré de main de maître par l’auteur pour nous amener jusqu’à la résolution finale elle même très bien faite. Le lecteur a toutes les réponses à ses questions et tout prend un sens.

Bref, c’est un excellent polar qu’on dévore page après page pour découvrir le coupable. Un excellent moment de lecture. Ce polar a été lauréat du prix du Gros Calibre, récompensant les meilleurs polars polonais et c’est selon moi largement mérité.

Une nouvelle enquête du Kub, « La ferme aux poupées », doit paraître en avril 2018. Autant vous dire que j’ai hâte de pouvoir découvrir cette nouvelle enquête et je suis persuadée que si vous lisez Pyromane, vous serez aussi impatients que moi de retrouver le Kub et son coéquipier Kochan.

 

La maison de poupée – M.J Arlidge

maison de poupée

Thriller de 398 pages publié par les éditions Les Escales noires le 30 mars 2017 – traduction Sandrine Quelet.

De quoi ça parle :

Une jeune femme se réveille, désorientée. Elle n’est pas dans son lit mais dans une cave. Prisonnière d’un simulacre de chambre. La panique monte. Comment a-t-elle atterri là ?Pourquoi ?
Non loin de là, des promeneurs font une découverte macabre : le corps décomposé d’une femme. Sa disparition n’a jamais été signalée : sa famille recevait régulièrement de ses nouvelles via les réseaux sociaux et n’avait donc aucune raison de s’inquiéter. Quel assassin peut être assez pervers pour jouer ainsi avec les proches de ses victimes?
La détective Helen Grace se lance sur la piste de ce meurtrier redoutable. Un prédateur vicieux et intelligent qui ne recule devant rien. Mais elle doit faire vite. Quelque part, une femme lutte pour sa survie…

Mon avis :

C’est le troisième roman de l’auteur et j’ai découvert après lecture qu’il s’inscrivait dans la « saga » Helen Grace et était précédé des deux autres romans de l’auteur Am Stram Gram et Il court, Il court le furet. Je n’ai pas lu ces 2 romans et cela explique pourquoi j’ai trouvé certains passages bizarres, comme si on connaissait déjà les personnages (ben tiens oui!!!). Mais cela ne m’a pas empêchée d’apprécier ma lecture.

La maison de poupée est un roman ultra dynamique qui démarre très vite et immerge directement le lecteur dans l’intrigue. Par une alternance de chapitres assez courts sur l’enquête des policiers après la découverte d’un corps sur la plage et sur Ruby, une jeune femme prisonnière, l’auteur nous offre un suspense et une intrigue bien ficelée. On suit en parallèle ces 2 « histoires » qui sont aussi passionnantes l’une que l’autre même si un peu classiques finalement.

Les personnages sont très bien travaillés, surtout celui de Ruby que l’on découvre terrorisée et qui doit affronter sa peur et essayer de se sortir de là. J’ai bien aimé son caractère à la fois fort et fragile. Elle m’a parue très réaliste et en cohérence avec ce qu’elle vivait.

Il y a par ailleurs une intrigue personnelle au personnage d’Helen Grace qui se joue avec plusieurs acteurs dont on suit les points de vue. J’ai bien aimé  même si c’est là que le fait de ne pas avoir lu les précédents tomes a nuit à la compréhension intégrale des enjeux. Mais cette partie, aussi intéressante soit-elle, vient un peu parasiter l’intrigue première en cassant le rythme et en sortant le lecteur de l’histoire première.

La résolution finale s’en est ressentie en apparaissant un peu abrupte avec des raccourcis un peu rapides sur l’identification du méchant mais cela reste un bon roman policier / thriller palpitant, une lecture agréable où on ne s’ennuie pas.

 

La sorcière – Camilla Läckberg

la sorciere

La Sorcière est un roman policier de Camilla Läckberg, publié en Suède en 2017. La version française est parue le 1ᵉʳ novembre 2017 aux éditions Actes Sud dans la collection Actes noirs.

De quoi ça parle :

Une fillette de quatre ans disparaît de la ferme isolée de ses parents. Après une longue battue, Nea est retrouvée nue sous un tronc d’arbre dans la forêt, assassinée. Fait troublant : la fillette se trouvait à l’endroit où, trente ans plus tôt, avait été découvert le corps sans vie de la petite Stella, une fillette du même âge qui habitait la même ferme. À l’époque, deux ado­lescentes, Marie et Helen, avaient été condamnées pour le meurtre : elles avaient avoué avant de se rétracter. Désormais mariée à un militaire autoritaire et psychopathe, Helen mène une vie recluse, non loin de la ferme, dans l’ombre des crimes passés. La belle Marie, quant à elle, est devenue une star du cinéma à Hollywood ; pour la première fois depuis la tragé­die, elle vient de revenir à Fjällbacka pour un tournage. Cette coïncidence et les similitudes entre les deux affaires sont trop importantes pour que Patrik Hedström et son équipe puissent les ignorer, mais ils sont encore loin de se douter des répercus­sions désastreuses que va avoir leur enquête sur la petite loca­lité. De son côté, Erica Falck écrit un livre sur l’affaire Stella. Une découverte la trouble : juste avant son suicide, le policier responsable de l’enquête à l’époque s’était mis à douter de la culpabilité des deux adolescentes. Pourquoi ?

Mon avis :

C’est avec une grande tristesse que je vous annonce que Camilla Läckberg et moi venons de « divorcer » après de longues années d’une relation livresque intense et addictive. Chaque tome était attendu avec fébrilité, gage d’un moment de bonheur livresque intense pour la fan de POLARS que je suis. Mais ça, c’était avant. Déjà « Le gardien de phare » avait jeté une ombre sur mon « amour » pour cet auteur. Les tomes suivants, s’ils n’avaient pas été des vrais coups de coeur, avaient au moins accompli leur mission « polaristique ».

Ce nouveau tome a été une énorme déception, le ciel m’est tombé sur la tête !!!

Pourtant  j’ai bien aimé retrouver tous les personnages récurrents habituels, vivre avec eux leurs morceaux de vie, les voir évoluer…J’ai aimé lire l’histoire parallèle de Elin en 1671, jeune veuve avec une petite fille qui doit vivre chez sa demi sœur et son mari dont la vie se révèle bien difficile.

MAIS, l’élément principal d’un polar doit rester avant toute chose l’enquête policière…et ici on en est loin. Certes j’aime bien connaître la vie personnelle des personnages d’un roman policier mais point trop n’en faut. Dans ce tome, le déséquilibre entre la vie des personnages et l’enquête quand la 1ère prend le pas sur la seconde, est tel que l’intrigue perd en dynamisme, noyée au milieu d’un roman « normal ». On tombe dans le genre « plus belle la vie » « Dallas » et autres soap, contre lesquels je n’ai rien à reprocher mais qui n’est pas ce qu’on attend d’un livre catalogué POLAR.

En plus d’être noyée dans la masse, l’intrigue est loin d’être captivante, elle n’a rien de très surprenant. Une petite fille morte il y a 30 ans, 2 adolescentes soupçonnées…une petite fille disparue aujourd’hui alors que les 2 adolescentes d’autrefois sont maintenant des femmes complètement différentes qui vivent justement à Fjallbacka… le raccourci est vite fait. Certes l’auteur a bien rajouté des thèmes à la mode (et des personnages en plus du coup) pour dynamiser le tout et tisser une toile où le lecteur ne saura plus donner de la tête. On rencontre des réfugiés syriens victimes de racisme, des adolescents mal aimés qui se cherchent…

Mais à trop vouloir en faire, l’auteur m’a perdue. J’ai bien aimé « individuellement »toutes les histoires que l’auteur a mises dans ce roman mais n’ai trouvé aucune cohérence entre toutes. C’était trop, trop de personnages, trop de rebondissements trop prévisibles et convenus, peu de surprise pour le lecteur qui, par manque de réelle tension, n’est finalement pas époustouflé par la résolution finale qui m’est apparue bâclée, révélée à la va vite sans permettre au lecteur de comprendre.

Et que dire du « lien » entre l’histoire parallèle passée et l’histoire actuelle !!!! Ce lien marque de fabrique de l’auteur qui m’a fait dévorer ses premiers tomes, est ma plus grosse déception je crois tellement c’est absolument scandaleux (j’ose !!! le mot n’est pas trop fort). J’ai eu la vilaine impression d’un lien purement artificiel qu’il fallait absolument créer parce que c’est justement ce qui a fait le succès de ses premiers romans. Je brûle d’envie de vous dire précisément en quoi ce « lien » me rend tellement en colère mais je ne veux pas vous spolier donc chut….

Et enfin, et ce sera mon dernier coup de gueule, l’auteur nous a encore fait une fin « cliffhanger » (il se passe un truc mais on nous laisse avec un …à suivre !!!), procédé qui a de plus en plus le don de m’énerver car il vise selon moi à s’assurer la lecture du livre à venir par les lecteurs attachés aux personnages. Et parfois au mépris d’une bonne intrigue. J’ai l’impression d’être prise pour une tourte. Ce procédé me hérisse le poil. Les auteurs qui utilisent ce genre de procédé devraient garder à l’esprit  que le maintien de la qualité de l’intrigue est d’autant plus importante avec ce genre de procédé car un lecteur déçu sur la « nature » première du roman qu’il attendait ne reviendra pas quand bien même il est attaché aux personnages récurrents. C’est mon cas. Comme pour la série Friends, qui a su, elle, s’arrêter au bon moment, je quitte définitivement Fjalbacka et ses personnages que j’aimais tant pare qu’ils ne font plus partie des POLARS du début qui m’avaient plu. DOMMAGE !!!!

Le temps de la sorcière – Arni Thorarinsson

le temps de la sorciere

Une enquête journalistique sympathique !!

Roman de 360 pages publié par les éditions Métalié le 23 août 2007 – traduction Eric Boury

De quoi ça parle :

La vie est difficile quand on est alcoolique “en pause” et journaliste exilé, pour mauvais esprit, dans le nord de l’Islande. Pourtant, il se passe des choses dans ce grand nulle part bouleversé par la mondialisation et l’arrivée des émigrés. Un petit chien disparaît, une vieille dame téléphone pour dire que la mort accidentelle de sa fille arrange bien les affaires de son gendre. Des adolescents se suicident. Un reportage sur la troupe de théâtre du lycée est publié, et le jeune et talentueux acteur qui tient avec tant de conviction le rôle principal disparaît…
Pour échapper aux chiens écrasés et aux radios-trottoirs, mais surtout pour contredire l’ambitieux rédacteur en chef qui le téléguide depuis la capitale, Einar enquête sur cette microsociété gangrénée par la corruption, la drogue et la “politique des cousins”. Il étudie le théâtre classique et découvre un présent inquiétant peuplé lui aussi, si on y regarde bien, de sorcières.
Un roman noir plein d’humour, de vivacité et de suspense.

C’est grâce à Anaïs serial lectrice que j’ai eu envie de découvrir cet auteur du Grand Nord et cette première découverte fût une réussite.

Traité du point de vue journalistique à 100 % cette histoire ou plutôt ces histoires se mêlent et il faudra tout le talent de Einar pour en venir à bout. On sent bien l’ambiance pesante de cette petite ville du nord de l’Islande, où Einar est envoyé pour y développer la parution d’un journal. Le côté journalistique est vraiment omniprésent, on ressent bien la pression du chef de Einar pour trouver des sujets à publier. Entre petites affaires (disparition d’un chien ), question du jour et affaires plus importantes, Einar doit mener plusieurs rédactions de front tout en se battant pour rester droit dans ses bottes et respecter les règles du journalisme. C’est vraiment très bien fait. Le rythme est assez lent, il n’y a pas d’énormes rebondissements, pas de courses poursuites mais juste un journaliste qui, pour rédiger ses articles, doit interviewer les protagonistes des événements plus que troublants qui se passent dans cette petite ville. Liens avec la police local, renseignements donnés, entretiens plus ou moins émouvants tout est mis en place pour nous livrer une vision globale, le lecteur se balade aux côtés de Einar, apprend les mêmes choses que lui en même temps que lui. C’est une immersion totale dans la vie d’un journaliste, on ne suit que lui, pas de passages où il n’est pas présent, on a l’impression d’être dans un reportage consacré sa vie et à son métier.

Pendant les 3 quarts de cette histoire tout se passe tranquillement, « les fils de l’écheveau se démêlent, les uns après les autres, lentement mais sûrement », les informations s’emmagasinent et tout d’un coup, les choses s’accélèrent,  les révélations s’enchaînent et tout devient clair.

Il faut aimer les récits lents et sans action à proprement parler qui maintiennent l’attention du lecteur au même niveau jusqu’à la résolution finale. Mais l’écriture est tellement fluide et agréable qu’à aucun moment on ne s’ennuie, on prend plaisir à découvrir ce qui se passe et la résolution finale est la cerise sur le gâteau.

Bref, c’est un roman à découvrir, une première découverte réussie qui va faire augmenter ma liste de livres à lire des autres titres de l’auteur.

 

Tu tueras l’Ange – Sandrone Dazieri

tu tueras l ange

Encore une enquête addictive  !!!

Roman policier de 594 pages publié par les éditions Robert Laffont – collection La bête noire – le 18 mai 2017 – traduction Delphine Gachet.

De quoi ça parle:

La mort rôde, aussi belle que fatale. Serez-vous sa prochaine victime ?
Lorsque le TGV Milan-Rome arrive à quai, la police fait une macabre découverte : tous les passagers de la classe affaires sont morts.
Si les premiers indices orientent l’enquête vers un attentat, la commissaire adjointe Colomba Caselli, muscles d’acier et âme fragile, a de sérieux doutes. Pour elle, seul Dante Torre, l’« Homme du Silo », est capable d’y voir clair dans ce brouillard de mensonges et de fausses pistes. Très vite, ils découvrent que ce massacre n’est que l’énième épisode d’une longue série de carnages, sur laquelle plane l’ombre d’une mystérieuse figure féminine. Elle ne laisse aucune trace, juste un nom : Giltiné, l’ange lituanien des morts.
Après le succès de Tu tueras le père, une nouvelle enquête de Colomba Caselli et Dante Torre.

Après avoir adoré Tu tueras le Père, il m’était impensable de ne pas enchaîner avec le tome suivant Tu tueras l’ange. Et mon enthousiasme pour cette série est confirmée.

Il s’agit bien d’une série parce que la part de l’histoire personnelle des deux héros est bien présente et l’auteur fait ce qu’il faut pour qu’on ait envie de lire le tome suivant. Bon en même temps avec les titres on avait déjà bien envisagé la chose. Et il faut absolument lire les tomes dans l’ordre parce que, comme Camilla Läckberg, Sandrone Dazieri mène 2 intrigues de front, une au long court sur la vie de Colomba et de Dante tout en résolvant une enquête par tome.

La nouvelle enquête de Colomba et Dante est  moins rythmée que dans le premier tome mais non moins prenante. On connait mieux les personnages et on est plus dans la découverte de l’histoire de Dante.  Ici il est question d’attentat et les indices étant bien minces il faut tout le talent de Dante pour démêler le vrai du faux. Et comme pour le 1er toma on se laisse embarquer par nos 2 héros dans une aventure pleine de rebondissements et comme pour le précédent tome l’auteur balade le lecteur qui avale les pages sans s’en apercevoir.

Les passages en italiques consacrés au passé, et les passage du point de vue du vilain, en l’occurrence de la vilaine, donnent du rythme à l’intrigue et permettent aussi au lecteur de connaître la personnalité du « méchant ».

J’ai autant aimé ce tome que le précédent, même s’il n’y avait plus l’attrait de la découverte, et c’est maintenant avec impatience que je vais attendre le tome suivant. Mais attention à ne pas tomber dans le piège d’attirer les lecteurs avec une fin de tome précédent comme une saison de série qui te fait te dire « non mais c’est pas vrai !!! » et te « forces » à regarder la saison suivante pour savoir… La pression reste entière pour servir des intrigues toujours aussi bien ficelées. En ce qui me concerne, je pense que le tome 3 sera le « test » final Parce que certes j’aime bien ce genre de procédé mais pas pendant trop longtemps.

Bref, un excellent moment de lecture!!!

Toxique – Nico Tackian

toxique

Un bon polar mais…!!!

Roman policier de 306 pages publié par les éditions Calmann Lévy le 4 janvier 2017

De quoi ça parle :

ELLE AIME SABOTER LA VIE DES AUTRES,
ELLE N’ÉPROUVE AUCUNE EMPATHIE,
ELLE POURSUIT UN BUT. ELLE EST TOXIQUE.

Mais ça, Tomar Khan, un des meilleurs flics de la Crim, ne le sait pas. Nous sommes en janvier 2016. La directrice d’une école maternelle de la banlieue parisienne est retrouvée morte dans son bureau. Dans ce Paris meurtri par les attentats de l’hiver, le sujet des écoles est très sensible. La Crim dépêche donc Tomar, chef de groupe de la section 3, surnommé le Pitbull et connu pour être pointilleux sur les violences faites aux femmes.
À première vue, l’affaire est simple, « sera bouclée en 24 heures », a dit un des premiers enquêteurs, mais les nombreux démons qui hantent Tomar ont au moins un avantage : il a développé un instinct imparable pour déceler une histoire beaucoup plus compliquée qu’il n’y paraît.

Quand on m’a proposé de lire ce roman, je ne me suis pas fait prier, la personne qui me le conseillait en disait le plus grand bien.

C’est un bon polar, il y a du rythme, on est pris dans l’histoire, les personnages des flics sont attachants. Tomar Khan est le personnage fort, flic aguéri, bourru, borderline mais qui cache derrière cette carapace un cœur tendre pour ses proches. L’intrigue est bien menée, les passages consacrés à la vilaine sont glaçants et viennent pimenter l’histoire. Bref c’est un bon « page turner ».

Sauf que la fin est un peu décevante à mon goût.

D’une part, j’aurai aimé en savoir plus sur la vilaine et ses motivations. Elle est finalement travaillée de manière superficielle et après l’avoir « suivie » pendant tout le roman,  avoir admiré son self contrôle et sa  grande facilité à manipuler les gens, on ne peut que se retrouver déçu de ne rien découvrir de ses motivations. Mais bon après tout on peut juste se dire qu’elle est cinglée !!!

D’autre part, j’ai eu la vilaine sensation d’une fin précipitée, de raccourcis un peu faciles ayant permis à Tomar de savoir qui était la méchante. J’aime être surprise dans les polars, mais pas de cette manière. Il n’y a aucun indice qui permette de trouver la méchante, si ce n’est le talent du flic mais qui, pour le coup, n’est pas cohérent. J’ai eu l’impression d’un roman qu’on décide de finir vite, un peu comme une dissertation « bâclée » sur la fin par manque de temps, et cela m’a déçue.

Il me faudra lire un autre roman de Niko Tackian pour me faire une opinion définitive. Mais pour le coup ce roman est un bon polar mais…!!!