After Anna – Alex Lake

after anna

Un thriller efficace !!

Thriller anglais de 394 pages publié par les éditions Pygmalion le 8 février 2017 – traduction Thibaud Eliroff

De quoi ça parle:

Une petite fille de cinq ans disparaît à la sortie de son école. La police n’a aucun indice. Pas la moindre piste sérieuse. La presse s’empare du fait divers et ne recule devant rien. Ses parents, Julia et Brian, vivent l’épreuve la plus effroyable qui soit. Pourtant, une semaine après l’enlèvement, Anna leur est rendue, indemne. Sans aucun souvenir de la semaine qui vient de s’écouler. Mais pour Julia, le pire reste à venir.

Cette petite fille toute de jaune vêtue a attiré mon regard sur la table des nouveautés de la bibliothèque. Ajoutez à cela une phrase d’accroche percutante « Le véritable cauchemar commence lorsque sa fille lui est rendue« , il n’en fallait guère plus pour me tenter.

Comme tous les thrillers anglais que j’ai lus, le rythme est assez particulier, lent mais qui se lit bien. Les chapitres sont assez courts et sont divisés en sous parties, un peu comme au théâtre. Et on commence tout de suite dans le vif du sujet puisque le prologue raconte comment la petite Anna a disparu à la sortie de l’école. Avec l’utilisation du « Tu »,  « Tu l’as repérée à la sortie de l’école, seule, cherchant des yeux un parent qui n’arrivait pas. Quel genre de personne faut-il être pour laisser une enfant de cinq dans cette situation?  » toi lecteur tu te sens mal à l’aise, tu a l’impression de te retrouver dans la tête du « vilain ».

Il y a 2 parties, une « avant » et une « après » le retour d’Anna. La première partie consacrée à la découverte de la disparition d’Anna et à la façon dont ses parents et plus particulièrement Julia, la maman, vont vivre cette situation est assez longue. Même si j’ai aimé cette partie très axée sur la psychologie de la mère qui doit affronter non seulement sa propre culpabilité (ben oui après tout c’est elle qui est arrivée en retard à l’école hein !!) mais également la « vindicte populaire » des gens bien pensants qui font tout comme il faut, je n’ai pu m’empêcher de penser à un moment que bon ça y est on a compris, quand est-ce qu’elle revient la chtiote que le cauchemar commence. Parce qu’évidemment avec cette phrase d’accroche, il n’ y a pas de mystère tu sais qu’elle va revenir la petite alors en lecteur avide d’émotions fortes, cette partie dépourvue de tout suspense, elle finit par te gonfler un peu. Toi tu attends le retour de Anna avec impatience. Il y a bien l’ombre du « vilain » qui plane en début de chaque chapitre qui se rappelle à toi mais est-ce suffisant ? Et c’est là que l’auteur réussit son coup parce que tu lis une partie purement descriptive de la situation, tu voies l’évolution psychologique de la maman, de sa relation avec le papa qui n’était déjà plus très joyeuse et tu apprécies cette lecture.

La deuxième partie voit arriver le retour tant attendu de la petite Anna et avec lui, une tournure que tu n’avais pas imaginée, tu attendais de l’action du cauchemar  et tu te retrouve avec la suite de la première partie, toute en psychologie des personnages face à ce retour et aux conséquences pour leur vie. Tu en viens même à douter du caractère  thrilleresque de ce roman. On t’aurait menti!!!

Et puis bam, sans que tu ne le vois venir, il (ou elle) est malin cet Alex Lake, tu bascules dans le cauchemar tant attendu, et tu réalises tout le talent de l’auteur pour te balader, pour te faire apprécier une histoire poignante, émouvante et réaliste en plus.

Bref, du pur thriller anglais comme je les aime.

Tu tueras le Père – Sandrone Dazieri

tu tueras le pere

Un énormissime coup de coeur !!!!

Thriller de 666 pages publié par les éditions Robert Laffont – collection La bête noire – le 8/08/2015 – traduction Delphine Gachet

De quoi ça parle :

Le père est là, dehors, quelque part. La cage est désormais aussi vaste que le monde, mais Dante est toujours son prisonnier.
Non loin de Rome, un homme affolé tente d’arrêter les voitures. Son fils de huit ans a disparu et le corps de sa femme gît, décapité, au fond d’une clairière.
Le commissaire Colomba Caselli ne croit pas à l’hypothèse du drame familial et fait appel à un expert en disparitions de personnes : Dante Torre. Kidnappé enfant, il a grandi enfermé dans un silo à grains avant de parvenir à s’échapper. Pendant des années, son seul contact avec l’extérieur a été son mystérieux geôlier, qu’il appelle « le Père ».
Colomba va confronter Dante à son pire cauchemar : dans cette affaire, il reconnaît la signature de ce Père jamais identifié, jamais arrêté…

J’avais vu passer ce roman sur Facebook et les avis étaient positifs. Du coup quand je suis tombée dessus dans les rayons de la bibliothèque j’ai saisi l’occasion de découvrir cet auteur qui m’était inconnu et ce roman dont j’avais lu le plus grand bien.

Et alors ce fût une tuerie de lecture, commencé un vendredi matin avant d’aller bosser je n’ai pas pu le lâcher du weekend et je l’ai terminé le dimanche. 666 pages en 3 jours, plus de 550 en 2 jours, du jamais vu pour moi.

Avant je vous aurai dit qu’il est à mon sens difficile de maintenir le lecteur en perpétuelle tension pendant tout le temps d’un thriller de plus de 600 pages, il y a toujours des passages de flottement ou l’attention/la tension du lecteur se relâche. Mais ça c’était avant. Parce que Sandrone Dazieri nous offre ici un tourbillon d’action et d’émotions pendant toute la durée de ce thriller. Certes la construction en elle-même est assez classique puisqu’on retrouve une alternance de chapitres consacrés aux « gentils » et de chapitres consacrés au « méchant ». Lesdits chapitres sont assez courts et s’enchaînent vraiment bien, l’écriture est simple mais efficace ce qui donne une fluidité et une dynamique assez rapide.

L’intrigue est extrêmement bien ficelée, les détails, les questions, les rebondissements, tout est maîtrisé d’une main de maître pour accrocher le lecteur et le maintenir en immersion complète jusqu’au bout du bout du bout de ce thriller. Je n’ai ressenti aucune lenteur, aucun ennui, j’ai adoré suivre le déroulement de l’enquête, j’ai vibré, j’ai eu peur, j’ai souri, tout un tas d’émotions qui ont rendu cette lecture très addictive.

Et cette intrigue déjà fort plaisante en elle-même est portée par des personnages exceptionnels. Énormément travaillés, les 2 héros de ce roman sont tout de suite  très attachants pour le lecteur. On est vraiment à leurs côtés, on vit bien leur complicité croissante. Ils se ressemblent, se comprennent et leur duo marche bien. Dante m’a fait penser à Spencer Reed (Esprits criminels) que j’aime beaucoup, il est torturé mais il essaie d’avancer. Et Colomba n’est guère mieux lotie. Tous les deux forment un duo d’enquêteurs tout à fait hors normes qui démêlent petit à petit les fils de cette histoire.

Bref, j’ai adoré et j’ai déjà la suite Tu tueras l’ange en ligne de mire !!!

Robe de marié – Pierre Lemaitre

robe de marié

Machiavéliquement captivant !!

Thriller de 270 pages publié par les éditions Calmann-Levy en janvier 2009 puis par Le livre de poche en janvier 2010.

De quoi ça parle :

Nul n’est à l’abri de la folie. Sophie, une jeune femme qui mène une existence paisible, commence à sombrer lentement dans la démence : mille petits signes inquiétants s’accumulent puis tout s’accélère. Est-elle responsable de la mort de sa belle-mère, de celle de son mari infirme ? Peu à peu, elle se retrouve impliquée dans plusieurs meurtres dont, curieusement, elle n’a aucun souvenir. Alors, désespérée mais lucide, elle organise sa fuite; elle va changer de nom, de vie, se marier, mais son douloureux passé la rattrape… Les ombres de Hitchcock et de Brian de Palma planent sur ce thriller diabolique.

Volontairement j’ai choisi de vous mettre la quatrième de couverture du Livre de poche parce qu’elle préserve mieux le suspense et je ne peux que vous encourager à boycotter celle du format broché. Alors pour vous faire rire un peu, je l’ai lue cette quatrième de couverture mais mon côté une peu blonde parfois a fait que je n’ai pas tilté et ce n’est qu’en la relisant là que je viens de percuter qu’il ne faut pas la lire avant de lire le roman. Je me demande toujours d’ailleurs comment les maisons d’éditions font pour mettre des quatrième de couverture qui en disent trop. Bref!!!

Revenons-en au principal, ce thriller magistral!!! Il se divise en plusieurs parties mais je ne parlerai que de la première pour ne pas vous spoiler. On découvre le personnage de Sophie, une jeune femme un peu bizarre qui note tout sur des carnets qui a des trous de mémoires et qui nous apparaît au fil des pages comme un peu perchée. Et puis c’est le drame et elle s’enfuit. Une amie qui avait lu ce roman m’avait dit qu’elle avait flippé et surveillé le moindre bruit dans sa maison en lisant ce roman. Et je me demandais bien pourquoi. La première partie se lit bien on suit Sophie, on voit ce qui lui arrive etc… sauf qu’au bout d’un moment on se doit oui bon et alors on fait quoi maintenant il faudrait que ça bouge un peu.

Et c’est le moment où l’auteur passe à la 2ème partie. Et cette partie vous met une 1ère claque. Vous suffoquez, vous vous demandez comment c’est possible.

Et là c’en est fini de votre vie de famille, fini les bons petits plats, les vêtements repassés, non non non, ce sera des pâtes et du jambon, des t-shirts froissés… vous devez impérativement avancer dans votre lecture. C’est un roman abandon de famille. Bref vous l’aurez compris, ce roman devient une tuerie de thriller qui vous scotche, qui vous attrape et ne vous lâche plus jusqu’à la fin.

A lire absolument !!!

Petite bombe noire – Christopher Brookmyre

petite bombe noire

Roman de 458 pages publié en 2004 par les éditions L’aube noire puis par les éditions Points en 2010

Trouvé dans une bourse aux livres il y a fort fort longtemps il attendait patiemment son tour dans ma PAL. Et je ne regrette pas de l’en avoir sorti tout récemment.

De quoi ça parle:

Tous les terroristes sont des enculés. Quel que soit le drapeau dont ils se parent, quelle que soit la religion ou l’histoire liée à leur croisade, tous, sans exception, ne sont que des enculés. Simon Darcourt s’était donné beaucoup de mal pour mettre en scène sa mort dans un accident d’avion, quelque part dans un fjord en Norvège. Sa compagne et ses amis se sont retrouvés au cimetière pour pleurer un mort sans cadavre… Tout va donc pour le mieux pour ce jeune homme discret, par ailleurs le terroriste le plus recherché de la planète, jusqu’au moment où il croise l’un de ses anciens copains de lycée, Raymond Ash. Cette rencontre inopinée oblige Darcourt à agir sans délai. Pas si facile : Ash, passionné de jeux vidéo, jeune père éreinté par les hurlements de son nouveau-né et prof à ses heures, se défend comme un beau diable; il se jette dans une enquête passionnante et terrifiante au côté d’une irrésistible jeune inspectrice de police à Glasgow qui porte le doux nom d’Angélique de Xavia, une véritable petite bombe noire qui tient la dragée haute aux meilleurs enquêteurs des R.G. et d’Interpol. Fin observateur des bouleversements du temps, Christopher Brookmyre nous livre une nouvelle fois, pour notre plus grand plaisir de lecture, un regard original, juste et pertinent sur la violence du monde qui nous entoure.

J’ai mis volontairement la quatrième de couverture de mon exemplaire, qui est depuis fort longtemps épuisé, parce qu’après avoir lu la quatrième de couverture des versions plus récentes parues chez Points, je réalise que c’est le ton de ce résumé qui m’a donné envie de le lire.

L’humour avec une pointe de cynisme est bien ce qui caractérise ce roman que j’ai trouvé original dans sa façon de nous montrer les choses du point de vue du méchant dans un premier temps puis par l’intégration d’un homme « normal », ni policier, ni militaire, un simple père de famille qui se jette dans la bataille. D’ailleurs je ne résiste pas à vous faire partager un passage du livre qui le concerne et où vous pourrez constater par vous même le niveau d’humour cynique du roman:

extrait petite bombe noire

Il y a un énorme travail d’écriture puisque l’auteur a adapté son style aux personnages. Les chapitres consacrés à Ash sont présentés à certains moments comme des notices de jeux vidéos et c’est très drôle.

L’intrigue se met en place assez lentement mais juste au moment où vous commencez à vous dire que ca devient longuet, les choses rebondissent et le rythme s’accélère. Même les chapitres qui semblent n’avoir rien à voir avec l’histoire se révèlent liés les uns avec les autres. On a l’impression d’être dans un film d’action aux multiples scènes qui se recoupent et c’est très plaisant.

Toute l’intrigue et les personnages sont dotés d’un réalisme flippant, il n’ y a pas de côté « joué », on a vraiment l’impression que cela pourrait se passer pour du vrai.

Bref, c’est un très bon roman qui m’a fait découvrir l’auteur et qui m’a procuré une très bon moment de lecture.

Ragdoll – Daniel Cole

ragdoll

Thriller de 464 pages publié par les éditions Robert Laffont en mars 2017.

De quoi ça parle:

Votre nom figure sur la liste du tueur. La date de votre mort aussi…
Un  » cadavre  » recomposé à partir de six victimes démembrées et assemblées par des points de suture a été découvert par la police. La presse l’a aussitôt baptisé Ragdoll, la poupée de chiffon.
Tout juste réintégré à la Metropolitan Police de Londres, l’inspecteur  » Wolf  » Fawkes dirige l’enquête sur cette effroyable affaire, assisté par son ancienne coéquipière, l’inspecteur Baxter.
Chaque minute compte, d’autant que le tueur s’amuse à narguer les forces de l’ordre : il a diffusé une liste de six personnes, assortie des dates auxquelles il a prévu de les assassiner.
Le dernier nom est celui de Wolf.
Coup d’essai, coup de maître pour ce thriller déjà vendu dans plus de 35 pays avant parution et en cours d’adaptation pour une série TV.
 » À vous couper le souffle ! Si vous avez aimé Seven, vous adorerez Ragdoll.  » M. J. Arlidge, auteur d’Am Stram Gram

Ce roman connait un énorme succès dans le monde entier. Les deux dernières phrases de la quatrième de couverture laissaient présager une tuerie de lecture pour la fan du genre que je suis. On me l’a d’ailleurs mis de force entre les mains en me disant que c’était un roman pour moi, que j’allais adorer. Me l’aurait-on trop « vendu »? Mon cerveau torturé aurait-il mis en place une stratégie de contradiction? Parce que je l’ai trouvé très moyen ce thriller. Certes c’est une « page turner », je l’ai lu en 4 jours mais je n’ai pas accroché plus que cela à l’histoire (surtout à sa résolution) ni aux personnages.

Pourtant j’ai adoré Seven je ne comprends pas.!!

C’était bien parti pourtant. Le début m’a bien emballée, ce flic qui pète un câble quand un tueur en série est déclaré non coupable, puis des mois plus tard quand un corps composé de 6 victimes est découvert avec une liste de futures victimes dont le flic fait partie, autant d’ingrédients pour me combler.  Il commençait quand même à me manquer quelque chose, à savoir de la profondeur dans les personnages et je crois que c’est là que le bas blesse, parce qu’au fil de mes lectures je me suis aperçue que mes romans préférés étaient ceux dont les personnages avaient su me toucher et auxquels je m’étais attachée. Or dans ce thriller on suit les personnages sans vraiment les connaître personnellement, de manière superficielle. 1er bémol.

Ensuite la 2ème victime de la liste se fait tuer (je ne spolie pas hein on se doute bien que les 1ers de la liste vont mourir hein sinon il n’y a aucun intérêt) selon un modus operandi déjà vu et que j’ai vu venir à 3 km.  Grosse déception.

J’ai tout de même poursuivi ma lecture parce que pour les polars/thrillers j’arrive à aller au bout même si je n’accroche pas vraiment. Et il faut bien reconnaître que le rythme est haletant, que les doutes s’installent et que l’auteur arrive à faire saliver le lecteur sur la résolution.

Mais voilà, la résolution de l’intrigue m’a déçue, tant par son manque d’originalité que par son côté léger en explications.

En refermant ce thriller, la première impression qui m’est venue à l’esprit c’est « ouais bof » et c’est dommage.

L’heure du thé – Chantal Forêt

lheure du the

Roman de 301 pages publié par les éditions L’Archipel en octobre 2013.

De quoi ça parle :

Après avoir été séparée de sa soeur cadette depuis l’enfance, Nelly s’apprête à retrouver Anne dans un restaurant. Mais Anne n’est pas au rendez-vous. Inquiète de son silence, Nelly se rend au domaine de la Boissière, en Auvergne, pour y rencontrer la belle-famille d’Anne. Dans la pénombre d’une maison de maître, au fond d’un parc à l’abandon, Paul Maréchal, le mari d’Anne, et Alice, sa mère, accueillent en parente celle dont ils ignoraient l’existence.
La vieille dame en noir apprend alors à Nelly que sa soeur s’est tuée trois jours plus tôt dans un accident de voiture… Malgré sa réticence à partager l’intimité de ces inconnus, les soupçons qu’elle nourrit déjà incitent Nelly à rester pour en savoir plus : comment Anne, jeune artiste bohème, a-t-elle pu épouser cet homme soumis et échouer dans ce domaine isolé ? Alice Maréchal, possessive et hautaine, la considérait-elle vraiment comme sa propre fille ? Pourquoi Mado, la gouvernante, paraît-elle gênée par les questions de Nelly ? Dans le silence ouaté de la demeure bourgeoise, entre l’heure du thé et celle de la promenade, Nelly, en quête de vérité, marche dans les pas de sa soeur et prend d’instinct la place qui était la sienne au sein de cette famille…
Un mimétisme qui pourrait lui coûter cher.

Mon avis:

Présenté sur la quatrième de couverture comme un huis-clos angoissant, j’avoue tout de suite ne pas avoir ressenti d’angoisse à la lecture de ce roman. Certes, il est principalement axé sur les 4 personnages principaux, Nelly, Alice, Paul et Mado mais l’angoisse est bien loin d’être au rendez-vous.

L’histoire est assez simpliste. Nelly qui ne voyait plus sa soeur Anne depuis des années se retrouve démunie face au décès de cette dernière juste au moment où elles avaient décidé de renouer le contact. Nelly décide alors de partir chez la famille d’Anne pour en savoir plus sur cette soeur qu’elle ne verrait plus jamais. « Elle ne pouvait abandonner sa soeur dans la mort comme elle l’avait fait dans la vie« .  Ce qu’elle découvre est loin de lui plaire, elle ne reconnait pas ce qu’elle avait imaginé de sa soeur. L’ambiance est lourde, elle se retrouve « écartelée entre l’envie d’échapper à l’étouffement qu’elle éprouv(e) entre ces deux étrangers en deuil et le besoin instinctif, presque viscéral de s’attarder auprès d’eux qui avaient connu et aimé sa soeur« .

Alors bien sûr (ben oui hein dans un huis-clos angoissant c’est le schéma normal)  le doute s’installe, l’accident de voiture dans lequel sa soeur est décédée était-il bien un accident? Et l’intrigue qui se déroule selon un rythme hyper lent n’est pas plus surprenant que cela. Ca se lit mais honnêtement sans vraiment grande passion.

Le seul personnage qui se détache du lot n’est pas Nelly, le personnage principal, mais la belle-mère bien particulière. C’est  à elle que le lecteur s’attache, c’est elle qui mène la danse et qui fait l’attrait de cette lecture.

Au final, c’est une lecture sympathique, qui se lit bien mais qui, une fois finie, ne laisse pas un souvenir impérissable. Peut-être qu’à force de lire des polars/thrillers mes attentes se sont hissées à un niveau supérieur mis en terme de huis-clos angoissant on est bien loi du talent de Sandrine Colette!!! Dommage car le résumé était prometteur.

La voisine – Jenn Ashworth

la voisine

Un thriller efficace

Roman de 515 pages publié en 2012 par les éditions Presse de la cité, puis par les éditions  du Club France Loisirs, ce thriller anglais est le premier roman de son auteur et c’est une lecture sympathique.

De quoi ça parle :

Lorsqu’elle emménage dans sa nouvelle maison, Annie tombe immédiatement sous le charme de son voisin, Neil. Mais il vit avec Lucy, une jeune femme svelte et épanouie, aux antipodes d’Annie, obèse et mal dans sa peau. Un mur seulement les sépare, et la jeune femme ne tarde pas à espionner ses voisins. Elle se persuade un peu plus chaque jour que Neil l’aime en secret. Dès lors, Lucy devient le seul obstacle à leur bonheur, et Annie compte bien se débarrasser d’elle, d’une manière ou d’une autre.

J’ai trouvé ce roman dans une bourse aux livres et à la lecture de la quatrième de couverture, l’idée de lire un roman en se plaçant du côté du « méchant » m’a tout de suite plu. Je m’attendais à une débauche de violence mais c’était sans compter sur la nationalité de l’auteur… en effet en bon thriller anglais le rythme est assez lent et on est plus dans le psychologique que dans le physique.

Annie est un personnage mystérieux, antipathique qu’on a envie de baffer. Mais elle a aussi un petit côté qui attire la pitié. C’est un personnage ambivalent qui intrigue. Les bribes de son passé qui viennent parsemer le récit de détails sur son caractère et le mystère qui entoure sa vie d’avant accrochent le lecteur. Le travail de l’auteur sur ce personnage est profond et recherché, c’est le personnage principal et tout tourne autour d’elle me direz-vous mais quand même.

Le rythme est vraiment lent, pendant les deux premières parties, on n’a pas vraiment l’impression d’être dans un thriller, on attend impatiemment que ça bouge, on trépigne de voir du sang, des coups bas, de l’action quoi!!! Il faut attendre la troisième partie pour que tout se bouscule et se mette en branle, à la lus grande joie et surprise du lecteur qui comprend enfin tout ce qu’il vient de lire. Propre aux thrillers anglais, chaque détail peut sembler insignifiant, la lenteur des débuts, tout se révèle à la fin et c’est sympa. J’avoue que la couverture et la quatrième de couverture laissaient penser à un roman beaucoup plus actif et macabre, ce qui peut être décevant pour les lecteurs accros à l’adrénaline, mais cela ne m’a pas gênée outre mesure, la lecture est plaisante.

J’ai bien aimé ce roman qui m’a beaucoup fait penser à La fille du train de Paula Hawkins.

Si vous aimez les thrillers anglais au rythme lent et aux révélations finales surprenantes, vous ne serez pas déçus. Un premier roman de l’auteur à découvrir!!!