Sur la ligne blanche – Michel Embareck

sur la ligne blanche

Polar de 181 pages publié en 1985 et réédité par les éditions L’Archipel (Archipoche) en février 2018.

C’est un polar qui ravira les fans de rock tant la plongée au cœur de ce monde est totale.

De quoi ça parle :

« Star des médias, Langlet, surnommé le pape du rock, fait et défait les réputations dans le micro-maquereaucosme du show-biz. Trente ans, fast-donjuan, buveur, shooté, ubiquiste, ce wonder boy tout-puissant n’a pas réussi de la sorte sans se faire de nombreux ennemis. Aussi sa disparition soudaine fait-elle sensation.
Journaliste sur la touche, le narrateur, flairant le scoop de sa vie, se lance sur les traces du disparu, dont il va reconstituer le fulgurant et dangereux parcours en une série de ash-backs stroboscopiques, zigzaguant des milieux branchés aux campements de ferrailleurs et du Palace aux vestiges du Golf Drouot… » (Michel Lebrun, L’Année du polar)
Journalistes vendus aux producteurs, concerts organisés par la mafia, musiciens animés du seul souci d’échapper à l’usine… Entre Paris, Marseille, New York et Le Havre, l’enquête-fiction de Michel Embareck nous entraîne en Cadillac dans les coulisses obscures du show-biz, où l’intégrité s’achète et où l’honnêteté se noie dans le Jack Daniel’s.
Fresque d’une génération en perfecto et santiags croco, Sur la ligne blanche redonne au rock les couleurs du mythe.

Mon avis :

Fan de polars/thrillers, je saisis chaque occasion de découvrir un nouvel auteur et surtout quand il est français. Les éditions L’Archipel m’ont donné cette occasion dans le cadre de leur appel à partenariat pour le mois de février et j’étais ravie d’avoir été sélectionnée pour découvrir ce polar.  Sauf que je n’avais pas détecté le caractère omniprésent du rock pur et dur dans ce roman.

Car la plongée dans le monde du rock est telle que les non initiés, dont je fais partie, peuvent se retrouver perdus, noyés non pas dans l’alcool mais dans les références perpétuelles à des grands noms du rock. Je ne m’attendais pas à une telle immersion et du coup ma lecture s’en est ressentie un peu difficile. J’ai eu du mal à m’attacher aux personnages et ma lecture s’est faite de façon trop distante à mon goût pour apprécier pleinement ce que je lisais.

Cela étant dit, l’intrigue est bien ficelée, l’auteur nous balade entre le présent où le narrateur, un journaliste, essaie de comprendre ce qui a pu arriver à Philippe Langlet, ex-présentateur vedette de la télé française, pape du rock, poignardé dans les douches d’une prison américaine  et les 6 derniers mois de la vie de Philippe Langlet. L’alternance des chapitres donne du rythme à l’histoire et comme autant de coups de baguettes sur une batterie, l’auteur déroule la partition d’une enquête sombre, aux frontières de la légalité, comme sur une corde ou le moindre faux pas peut vous faire basculer.

Le tout porté par une écriture ciselée, incisive, des phrases courtes, très courtes, sans verbes, successions de mots forts …

extrait sur la ligne blanche

… comme des refrains d’une chanson avant de reprendre une écriture plus classique. Cette alternance de rythme colle parfaitement avec le sujet et participe au climat général de ce polar, une plongée totale dans un monde particulier.

La fin de ce polar a éclairé ma lanterne et j’ai refermé ce polar moins déçue que ce que je m’étais imaginé, je n’avais rien vu venir et cette belle surprise a été bien agréable.

Bref, ce polar est un bon polar qui ravira les fans de rock, ceux qui savent et qui  comprendront les références musicales qui parsèment le récit.

Merci aux Editions l’Archipel pour leur confiance

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La veuve – Fiona Barton

la veuve image

Thriller de 409 pages publié par les éditions Fleuve Noir le 12.01.2017

C’est un thriller très particulier qui laisse un goût amer à la fin. Ca se lit bien, c’est addictif et même j’avais deviné certaines choses j’ai pris du plaisir à lire cette histoire mais j’attendais plus de la fin. Un bon thriller mais pas transcendant.

De quoi ça parle :

La vie de Jane Taylor a toujours été ordinaire. Un travail sans histoire, une jolie maison, un mari attentionné, en somme tout ce dont elle pouvait rêver, ou presque. Jusqu’au jour où une petite fille disparaît et que les médias désignent Glen, son époux, comme LE suspect principal de ce crime. Depuis ce jour, plus rien n’a été pareil. Jane devient la femme d’un monstre aux yeux de tous. Les quatre années suivantes ressemblent à une descente aux enfers : accusée par la justice, assaillie par les médias, abandonnée par ses amis, elle ne connaît plus le bonheur ni la tranquilité, même après un acquittement. Mais aujourd’hui, Glen est mort.
Fauché par un bus. Ne reste que Jane, celle qui a tout subi, qui pourtant n’est jamais partie. Traquée par un policier en quête de vérité et une journaliste sans scrupule, la veuve va-t-elle enfin délivrer sa version de l’histoire ?

Mon avis :

Le problème avec les thrillers, c’est qu’à force d’en lire on imagine tous les scénarios possibles et on peut être déçus quand le final n’est pas à la hauteur de ce que l’on attendait. Le titre et le résumé de ce thriller font de Jane Taylor, le pilier central, celui autour duquel toute l’histoire tourne. Elle est celle qui sait, celle qu’on va tenter de faire parler pour connaître enfin le fin mot de cette terrible histoire d’enlèvement….Et vous en parler sans trop en dire est aussi un challenge. Allons-y!!

Le style est simple et fluide ce qui rend la lecture aisée. L’alternance des chapitres consacrés aux 3 personnages dynamise le récit et les allers/retours entre 2010 le moment présent du roman et 2006 là où tout a commencé permettent d’immerger complètement le lecteur dans cet univers glauque. En effet, les histoires d’enfants enlevés par des pédophiles sont toujours sources de malaise pour le lecteur.

En alternant les points de vue de la veuve, de la journaliste et de l’enquêteur, l’autrice attire le lecteur dans une toile d’araignée où chaque fil est une piste, une question, une idée qui irrémédiablement entraînent le lecteur vers la fin. C’est plaisant à lire, c’est addictif, on a envie de savoir et on enchaîne les pages avec impatience et envie.

Sauf que la fin d’un thriller est tellement attendue que la déception est parfois au rendez-vous quand elle n’est pas à la hauteur des attentes du lecteur. Et c’est ce qui s’est passé pour moi. J’ai beaucoup aimé toute ma lecture, je me suis posée beaucoup de questions, j’ai émis plein d’hypothèses et même en découvrant le fin mot de cette histoire j’imaginais un truc étonnant et j’ai été déçue d’être déçue. La fin est cohérente, elle colle bien avec toute l’histoire mais j’attendais autre chose.

Bref, c’est un bon thriller addictif qui se lit bien mais sans être transcendant.

La fille du roi des marais – Karen Dionne

la fille du roi des marais

Thriller de 252 pages publié par les éditions JC Lattès le 7 mars 2018.

De quoi ça parle :

« Enfin, Helena a la vie qu’elle mérite ! Un mari aimant, deux ravissantes petites filles, un travail qui occupe ses journées. Mais quand un détenu s’évade d’une prison de sa région, elle mesure son erreur : comment a-t-elle pu croire qu’elle pourrait tirer un trait sur son douloureux passé ?
Car Helena a un secret : elle est l’enfant du viol. Sa mère, kidnappée adolescente, a été retenue prisonnière dans une cabane cachée au fond des marais du Michigan, sans électricité, sans chauffage, sans eau courante. Née deux ans plus tard, Helena aimait cette enfance de sauvageonne. Et même si son père était parfois brutal, elle l’aimait aussi… jusqu’à ce qu’elle découvre toute sa cruauté.
Vingt ans après, elle a enfoui ses souvenirs si profondément que même son mari ignore la vérité. Mais aujourd’hui son père a tué deux gardiens de prison et s’est volatilisé dans les marais, une zone qu’il connaît mieux que personne. Malgré la chasse à l’homme lancée par les autorités, Helena sait que la police n’a aucune chance de l’arrêter. Parce qu’elle a été son élève, la seule personne capable de retrouver cet expert en survie, que la presse a surnommé Le Roi des Marais, c’est sa fille. »

Mon avis :

Ce thriller est un huis clos passionnant et émouvant avec des descriptions des paysages et de l’environnement telles qu’on s’y croirait et qu’à chaque pause dans la lecture, le retour au monde réel est parfois difficile…

Le choix d’une héroïne féminine est original, perturbant et angoissant. On a beaucoup de mal à cerner le personnage d’Héléna. Elle est mère de famille, elle a une vie normale mais on sent encore le côté sauvage. Alors quand elle décide de partir « chasser » son père en fuite pour le remettre aux autorités, on s’interroge, va-t-elle pouvoir réussir, après tout c’est son père et toutes les petites filles aiment leur père.

Elle est le personnage principal, la narratrice, c’est à travers elle que l’on vit toute l’histoire, la présente quand elle parcourt le marais sur les traces de son père, l’ancienne quand elle nous raconte sa vie d’enfant dans ces mêmes marais aux côtés de son père dont elle est la petite ombre. On sent bien le côté ambivalent de ses sentiments. Ignorante de sa situation d’enfant du viol, elle vivait une vie normale à ses yeux d’enfant. Elevée par son père très autoritaire et parfois brutal, selon les rites indiedens, au milieu des bois dans une cabane sans eau ni électricité où la chasse était l’activité indispensable pour se nourrir, Héléna a développé une personnalité qui dérange le lecteur. Elle est le clone de son père et le fait que ce soit une fille est encore plus dérangeant pour le lecteur. On a du mal à s’attacher à elle, voire même on la trouve antipathique … Mais au fil de son récit d’enfant on voit son évolution, comment elle change peu à peu, comment elle prend, lentement conscience de la nature de son père. L’évolution est encore plus flagrante sur ses relations avec sa mère. On apprend au fil des pages à connaître vraiment Héléna et ce qu’elle a vécu dans les marais puis dans le monde moderne quand elle a quitté le marais, ses attentes, ses déceptions et on se surprend à s’attacher à elle. On a l’impression d’apprivoiser un animal sauvage.

L’autrice décrit tellement bien les paysages et l’ambiance des bois qu’on s’y croirait vraiment. On est immergé dans ce décor sombre, humide, et cette ambiance participe à l’angoisse de l’intrigue. Et cette intrigue est très bien faite. Les chapitres ne sont pas trop longs, ils nous font passer du passé au présent de manière subtile et la tension grimpe au fur et à mesure pour les 2 histoires : comment Héléna a quitté le marais quand elle était enfant? Va-t-elle retrouver son père aujourd’hui et comment tout ça va finir?  les derniers chapitres sont captivants. J’aime quand la tension monte progressivement durant toute l’histoire.

Bref, La fille du roi des marais est un excellent thriller, angoissant, captivant et aussi émouvant à découvrir aujourd’hui en librairie.

Merci à la plateforme NetGalley France et aux éditions JC Lattès pour leur confiance.

Qui je suis – Mindy Mejia

qui je suis

Thriller de 306 pages à paraître le 21 mars 2018 aux éditions Fayard / Mazarine éditions

De quoi ca parle :

Hattie Hoffman a passé sa vie à jouer de nombreux rôles : la bonne élève, la bonne fille, la bonne petite amie. Mais Hattie rêve d’autre chose, quelque chose de plus intense… et qui se révèle extrêmement périlleux. Lorsqu’on découvre son corps sauvagement poignardé, une redoutable onde de choc traverse la ville de Pine Valley.
Très vite, il apparaît que Hattie entretenait une relation secrète, hautement compromettante et potentiellement explosive. Quelqu’un d’autre était-il au courant ? Et dans ce cas, jusqu’où cette personne était-elle prête à aller pour mettre fin à cette relation ?
Riche en rebondissements, Qui je suis retrace une année de la vie d’une jeune femme dangereusement fascinante, au cours de laquelle surgissent les secrets les plus sombres d’une petite ville, tandis que Hattie se rapproche peu à peu de sa mort.
Suggestif et tranchant, ce roman examine la frontière entre l’innocence et la culpabilité, l’identité et la duperie. L’amour conduit-il à la découverte de soi… ou à la destruction ?

Qui je suis est un excellent thriller, très bien construit, qui alpague le lecteur et le garde accroché pendant plus de 300 pages pleines de suspense et de tension. En tous cas moi j’ai dévoré ce thriller en 3 jours.

Hattie Hoffman est une jeune fille mystérieuse, férue de comédie, elle rêve de quitter sa campagne pour découvrir New York. Mais qui est-elle vraiment? C’est la question qui va se poser quand son corps sans vie va être retrouvé dans une grange.

« J’avais passé ma vie à jouer des rôles, à être ce qu’ils voulaient que je sois ».

Pendant que le shérif Del Goodman mène l’enquête pour découvrir qui a pu commettre ce crime horrible, l’autrice nous fait remonter en arrière et nous raconte ce qui s’est passé dans la vie de Hattie pendant l’année écoulée pour en arriver à ce moment fatal pour la jeune fille. L’alternance de chapitres sur l’enquête policière à travers les yeux du Shérif « Del », par ailleurs très ami avec le père de la victime, et de chapitres sur la vie de Hattie à travers ses propres yeux mais aussi ceux d’un troisième personnage, donnent un rythme soutenu à cette lecture qui devient très vite addictive. L’intrigue est très bien construite, les chapitres sur Hattie se terminant bien souvent sur un indice aussitôt exploité dans le chapitre suivant consacré à l’enquête policière. Cette construction qui balade le lecteur entre passé et présent est hautement passionnante et tient bien en haleine.

Il y a plusieurs suspects possibles, plusieurs hypothèses qui se forment dans l’esprit du lecteur, d’autant plus s’il est un « pro » des thrillers et le tout est de savoir laquelle va se révéler être la bonne. C’est ce que j’apprécie dans les romans de ce genre, quand je me dis « ouais ben c’est lui/elle » et que plus tard tard, je me dis « ah ben non c’est ça qui s’est passé » et que plus loin encore je change encore d’option. C’est ce que l’autrice nous fait dans ce thriller, elle nous fait tourner en bourrique, forçant notre esprit à imaginer la résolution finale mais une résolution finale qui change au fil des pages qui se tournent.

Et l’histoire en elle même est aussi passionnante. Sur fond de littérature théâtrale, on apprend à mieux connaître Hattie. Elle met mal à l’aise, elle questionne, elle émeut, on a beaucoup de mal à la cerner et à savoir qui elle est vraiment. C’est frustrant mais c’est ce qui nous fait tourner les pages de ce roman pour en découvrir toujours plus sur cette jeune fille déterminée. L’autrice nous offre également une belle réflexion sur les sentiments amoureux, sur les choix de vie et leurs conséquences.

Ce thriller m’a fait passer un excellent moment de lecture et si vous voulez savoir qui est Hattie Hoffman et ce qui lui est arrivé, rendez-vous en librairie le 21 mars prochain .

 

Merci à la plateforme NetGalleyFrance et aux éditions Fayard/Mazarine éditions pour leur confiance.

La maison de poupée – M.J Arlidge

maison de poupée

Thriller de 398 pages publié par les éditions Les Escales noires le 30 mars 2017 – traduction Sandrine Quelet.

De quoi ça parle :

Une jeune femme se réveille, désorientée. Elle n’est pas dans son lit mais dans une cave. Prisonnière d’un simulacre de chambre. La panique monte. Comment a-t-elle atterri là ?Pourquoi ?
Non loin de là, des promeneurs font une découverte macabre : le corps décomposé d’une femme. Sa disparition n’a jamais été signalée : sa famille recevait régulièrement de ses nouvelles via les réseaux sociaux et n’avait donc aucune raison de s’inquiéter. Quel assassin peut être assez pervers pour jouer ainsi avec les proches de ses victimes?
La détective Helen Grace se lance sur la piste de ce meurtrier redoutable. Un prédateur vicieux et intelligent qui ne recule devant rien. Mais elle doit faire vite. Quelque part, une femme lutte pour sa survie…

Mon avis :

C’est le troisième roman de l’auteur et j’ai découvert après lecture qu’il s’inscrivait dans la « saga » Helen Grace et était précédé des deux autres romans de l’auteur Am Stram Gram et Il court, Il court le furet. Je n’ai pas lu ces 2 romans et cela explique pourquoi j’ai trouvé certains passages bizarres, comme si on connaissait déjà les personnages (ben tiens oui!!!). Mais cela ne m’a pas empêchée d’apprécier ma lecture.

La maison de poupée est un roman ultra dynamique qui démarre très vite et immerge directement le lecteur dans l’intrigue. Par une alternance de chapitres assez courts sur l’enquête des policiers après la découverte d’un corps sur la plage et sur Ruby, une jeune femme prisonnière, l’auteur nous offre un suspense et une intrigue bien ficelée. On suit en parallèle ces 2 « histoires » qui sont aussi passionnantes l’une que l’autre même si un peu classiques finalement.

Les personnages sont très bien travaillés, surtout celui de Ruby que l’on découvre terrorisée et qui doit affronter sa peur et essayer de se sortir de là. J’ai bien aimé son caractère à la fois fort et fragile. Elle m’a parue très réaliste et en cohérence avec ce qu’elle vivait.

Il y a par ailleurs une intrigue personnelle au personnage d’Helen Grace qui se joue avec plusieurs acteurs dont on suit les points de vue. J’ai bien aimé  même si c’est là que le fait de ne pas avoir lu les précédents tomes a nuit à la compréhension intégrale des enjeux. Mais cette partie, aussi intéressante soit-elle, vient un peu parasiter l’intrigue première en cassant le rythme et en sortant le lecteur de l’histoire première.

La résolution finale s’en est ressentie en apparaissant un peu abrupte avec des raccourcis un peu rapides sur l’identification du méchant mais cela reste un bon roman policier / thriller palpitant, une lecture agréable où on ne s’ennuie pas.

 

Satan était un ange – Karine Giebel

satan était un ange

Thriller-Noir – Thriller
ISBN: 9782266258654

Thriller de 384 pages publié le 12 novembre 2015 par les Editions Pocket, c’est le 4ème roman que je lis de l’auteur. Après Juste une ombre, Les morsures de l’ombre et Purgatoire des innocents, tous très appréciés j’ai poursuivi ma découverte de cet auteur avec ce thriller.

De quoi ça parle :

Deux trajectoires, deux lignes de fuite. Hier encore, François était quelqu’un. Un homme qu’on regardait avec admiration, avec envie. Aujourd’hui, il n’est plus qu’un fugitif tentant d’échapper à son assassin. Qui le rattrapera, où qu’il aille. Quoi qu’il fasse. Paul regarde derrière lui ; il voit la cohorte des victimes qui hurlent vengeance. Il paye le prix de ses fautes. L’échéance approche… Dans la même voiture, sur une même route, deux hommes que tout semble opposer, et qui pourtant fuient ensemble leur destin différent. Rouler droit devant. Faire ce qu’ils n’ont jamais fait. Puisque l’horizon est bouché, autant tenter une dernière percée. Flamboyante

Mon avis :

Ce thriller se déroule sous forme de road movie. On suit François, un homme « banal » en fuite à bord de son véhicule qui voit sa vie bousculée et basculer lorsqu’il croise la route de Paul, un jeune auto-stoppeur. Tous les 2 embarqués dans la même galère, ils unissent leurs forces pour s’en sortir.

Il y a de l’action,  le rythme est bon mais assez irrégulier. L’intrigue est un peu classique et (trop) prévisible. On imagine assez facilement ce qui va se passer et comment cela va finir…La quatrième de couverture très mystérieuse de cette édition (merci aux Editions Pocket) laissait présager un suspense intense. Mais pas du tout… l’histoire révèle assez vite qui est l’assassin qui poursuit François (et l’édition grand format est encore pire…Ah ces quatrièmes de couverture!!!!) et moi j’aurai aimé ne pas le savoir aussi tôt dans le roman.

MAIS 

Et c’est là tout le talent de l’auteur qui parvient à nous surprendre et à nous fournir à chaque lecture un bon moment livresque, différent du précédent roman lu, encourageant ainsi l’envie de découvrir toujours sa plume. Point de routine livresque avec Karine Giebel. Et j’adore ça.

Parce qu’effectivement, l’intrigue est peut être « cousue de fil blanc » mais à aucun moment on ne s’ennuie, chaque passage a son importance et l’émotion prend le pas sur le suspense. On prend plaisir à découvrir qui sont réellement les 2 personnages et surtout Paul, un personnage très mystérieux au départ, qui se révèle un peu plus au fil des pages. Il est très plaisant de voir évoluer la relation de François et de Paul et si on aimait assez facilement François, on apprend au fur et à mesure à apprécier Paul. Issus de 2 milieux radicalement opposés, ils s’apprivoisent l’un l’autre et une relation attachante s’instaure entre eux. Pour le plus grand bonheur du lecteur.

L’auteur nous offre une lecture qui fait réfléchir sur le comportement humain face à l’injustice de la vie et de la mort. Qu’est-on prêt à faire quand on n’a plus rien à perdre, même pas la vie? Et elle nous montre également qu’il peut y avoir du bon dans chacun d’entre nous, une belle leçon sur les comportements humains.

Ce roman n’est certes pas le meilleur roman de l’auteur que j’ai lu mais j’ai quand même passé un bon moment livresque sans m’ennuyer et c’est ce qu’il faut en retenir. A défaut d’être un excellent thriller à dévorer, Satan était un ange reste un bon roman à découvrir.

After Anna – Alex Lake

after anna

Un thriller efficace !!

Thriller anglais de 394 pages publié par les éditions Pygmalion le 8 février 2017 – traduction Thibaud Eliroff

De quoi ça parle:

Une petite fille de cinq ans disparaît à la sortie de son école. La police n’a aucun indice. Pas la moindre piste sérieuse. La presse s’empare du fait divers et ne recule devant rien. Ses parents, Julia et Brian, vivent l’épreuve la plus effroyable qui soit. Pourtant, une semaine après l’enlèvement, Anna leur est rendue, indemne. Sans aucun souvenir de la semaine qui vient de s’écouler. Mais pour Julia, le pire reste à venir.

Cette petite fille toute de jaune vêtue a attiré mon regard sur la table des nouveautés de la bibliothèque. Ajoutez à cela une phrase d’accroche percutante « Le véritable cauchemar commence lorsque sa fille lui est rendue« , il n’en fallait guère plus pour me tenter.

Comme tous les thrillers anglais que j’ai lus, le rythme est assez particulier, lent mais qui se lit bien. Les chapitres sont assez courts et sont divisés en sous parties, un peu comme au théâtre. Et on commence tout de suite dans le vif du sujet puisque le prologue raconte comment la petite Anna a disparu à la sortie de l’école. Avec l’utilisation du « Tu »,  « Tu l’as repérée à la sortie de l’école, seule, cherchant des yeux un parent qui n’arrivait pas. Quel genre de personne faut-il être pour laisser une enfant de cinq dans cette situation?  » toi lecteur tu te sens mal à l’aise, tu a l’impression de te retrouver dans la tête du « vilain ».

Il y a 2 parties, une « avant » et une « après » le retour d’Anna. La première partie consacrée à la découverte de la disparition d’Anna et à la façon dont ses parents et plus particulièrement Julia, la maman, vont vivre cette situation est assez longue. Même si j’ai aimé cette partie très axée sur la psychologie de la mère qui doit affronter non seulement sa propre culpabilité (ben oui après tout c’est elle qui est arrivée en retard à l’école hein !!) mais également la « vindicte populaire » des gens bien pensants qui font tout comme il faut, je n’ai pu m’empêcher de penser à un moment que bon ça y est on a compris, quand est-ce qu’elle revient la chtiote que le cauchemar commence. Parce qu’évidemment avec cette phrase d’accroche, il n’ y a pas de mystère tu sais qu’elle va revenir la petite alors en lecteur avide d’émotions fortes, cette partie dépourvue de tout suspense, elle finit par te gonfler un peu. Toi tu attends le retour de Anna avec impatience. Il y a bien l’ombre du « vilain » qui plane en début de chaque chapitre qui se rappelle à toi mais est-ce suffisant ? Et c’est là que l’auteur réussit son coup parce que tu lis une partie purement descriptive de la situation, tu voies l’évolution psychologique de la maman, de sa relation avec le papa qui n’était déjà plus très joyeuse et tu apprécies cette lecture.

La deuxième partie voit arriver le retour tant attendu de la petite Anna et avec lui, une tournure que tu n’avais pas imaginée, tu attendais de l’action du cauchemar  et tu te retrouve avec la suite de la première partie, toute en psychologie des personnages face à ce retour et aux conséquences pour leur vie. Tu en viens même à douter du caractère  thrilleresque de ce roman. On t’aurait menti!!!

Et puis bam, sans que tu ne le vois venir, il (ou elle) est malin cet Alex Lake, tu bascules dans le cauchemar tant attendu, et tu réalises tout le talent de l’auteur pour te balader, pour te faire apprécier une histoire poignante, émouvante et réaliste en plus.

Bref, du pur thriller anglais comme je les aime.