Le temps de la sorcière – Arni Thorarinsson

le temps de la sorciere

Une enquête journalistique sympathique !!

Roman de 360 pages publié par les éditions Métalié le 23 août 2007 – traduction Eric Boury

De quoi ça parle :

La vie est difficile quand on est alcoolique “en pause” et journaliste exilé, pour mauvais esprit, dans le nord de l’Islande. Pourtant, il se passe des choses dans ce grand nulle part bouleversé par la mondialisation et l’arrivée des émigrés. Un petit chien disparaît, une vieille dame téléphone pour dire que la mort accidentelle de sa fille arrange bien les affaires de son gendre. Des adolescents se suicident. Un reportage sur la troupe de théâtre du lycée est publié, et le jeune et talentueux acteur qui tient avec tant de conviction le rôle principal disparaît…
Pour échapper aux chiens écrasés et aux radios-trottoirs, mais surtout pour contredire l’ambitieux rédacteur en chef qui le téléguide depuis la capitale, Einar enquête sur cette microsociété gangrénée par la corruption, la drogue et la “politique des cousins”. Il étudie le théâtre classique et découvre un présent inquiétant peuplé lui aussi, si on y regarde bien, de sorcières.
Un roman noir plein d’humour, de vivacité et de suspense.

C’est grâce à Anaïs serial lectrice que j’ai eu envie de découvrir cet auteur du Grand Nord et cette première découverte fût une réussite.

Traité du point de vue journalistique à 100 % cette histoire ou plutôt ces histoires se mêlent et il faudra tout le talent de Einar pour en venir à bout. On sent bien l’ambiance pesante de cette petite ville du nord de l’Islande, où Einar est envoyé pour y développer la parution d’un journal. Le côté journalistique est vraiment omniprésent, on ressent bien la pression du chef de Einar pour trouver des sujets à publier. Entre petites affaires (disparition d’un chien ), question du jour et affaires plus importantes, Einar doit mener plusieurs rédactions de front tout en se battant pour rester droit dans ses bottes et respecter les règles du journalisme. C’est vraiment très bien fait. Le rythme est assez lent, il n’y a pas d’énormes rebondissements, pas de courses poursuites mais juste un journaliste qui, pour rédiger ses articles, doit interviewer les protagonistes des événements plus que troublants qui se passent dans cette petite ville. Liens avec la police local, renseignements donnés, entretiens plus ou moins émouvants tout est mis en place pour nous livrer une vision globale, le lecteur se balade aux côtés de Einar, apprend les mêmes choses que lui en même temps que lui. C’est une immersion totale dans la vie d’un journaliste, on ne suit que lui, pas de passages où il n’est pas présent, on a l’impression d’être dans un reportage consacré sa vie et à son métier.

Pendant les 3 quarts de cette histoire tout se passe tranquillement, « les fils de l’écheveau se démêlent, les uns après les autres, lentement mais sûrement », les informations s’emmagasinent et tout d’un coup, les choses s’accélèrent,  les révélations s’enchaînent et tout devient clair.

Il faut aimer les récits lents et sans action à proprement parler qui maintiennent l’attention du lecteur au même niveau jusqu’à la résolution finale. Mais l’écriture est tellement fluide et agréable qu’à aucun moment on ne s’ennuie, on prend plaisir à découvrir ce qui se passe et la résolution finale est la cerise sur le gâteau.

Bref, c’est un roman à découvrir, une première découverte réussie qui va faire augmenter ma liste de livres à lire des autres titres de l’auteur.

 

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