Par amour – Valérie Tong Cuong

par amour

Roman historique de 404 pages publié par les éditions JC Lattès le 25 janvier 2017. Il est disponible en format poche depuis le 3 janvier 2018.

De quoi ça parle :

Par amour, n’importe quel être humain peut se surpasser. On tient debout, pour l’autre plus encore que pour soi-même.

Valérie Tong Cuong a publié dix romans, dont le très remarqué Atelier des miracles. Avec cette fresque envoûtante qui nous mène du Havre sous l’Occupation à l’Algérie, elle trace les destinées héroïques de gens ordinaires, dont les vies secrètes nous invitent dans la grande Histoire.

Mon avis :

C’est avec L’atelier des miracles (mon avis ici) resté fort longtemps dans ma PAL, que j’ai découvert la plume de Valérie Tong Cuong. Et j’ai beaucoup aimé. En visitant le blog de Carnet parisien  je suis tombée sur sa chronique de Par amour et s’agissant d’un roman sur un thème cher à mon coeur, il fallait impérativement que je le lise…alors quand je l’ai vu à la médiathèque je me suis empressée de le prendre. Et ce fût une nouvelle fois un énorme coup de coeur.

C’est un roman choral qui nous plonge au coeur de la seconde guerre mondiale au Havre. Au milieu du combat que se livrent les anglais et les allemands, on suit le combat d’une famille pour survivre. Avec une écriture douce, tout en subtilité, l’autrice nous montre que les civils français ont également beaucoup souffert et beaucoup perdu pendant cette horrible période.

On suit Emélie, Joffre son mari, Lucie et Jean ses enfants, Muguette sa soeur, Marline et Joseph, les enfants de Muguette pendant leurs quatre années de souffrance, de résistance et de courage. La faim, la peur, la séparation, rien de ne leur sera épargné. Leur histoire se déroule à travers les yeux des différents personnages, vivant chacun la même histoire mais avec leur propre ressenti. Des retours en arrière effectués avec beaucoup de talent par l’autrice permettent de revoir un moment sous un autre point de vue.

C’est un roman magnifique, porteur de beaucoup d’émotions qui nous chamboule et nous emporte aux côtés des personnages auxquels on s’attache très vite et surtout très fort. Ils ont tous un point commun : l’amour, l’amour des siens, l’amour des autres, l’amour de la vie.

Je dis toujours que pour qu’une lecture me plaise il suffit que je m’attache aux personnages et que je me fasse le film dans ma tête et c’est ce qui s’est passé ici mais avec une telle force qu’arriver à la fin et refermer ce roman fût un déchirement.

L’autrice nous a offert avec ce roman une magnifique histoire racontée de façon admirable.  Une lecture indispensable.

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Mille petits riens – Jodi Picoult

mille petits riens

Roman de 592 pages à paraître le 7 mars 2018 aux éditions Actes Sud

De quoi ça parle :

Ruth est sage-femme depuis plus de vingt ans. C’est une em­ployée modèle. Une collègue appréciée et respectée de tous. La mère dévouée d’un adolescent qu’elle élève seule. En prenant son service par une belle journée d’octobre 2015, Ruth est loin de se douter que sa vie est sur le point de basculer.
Pour Turk et Brittany, un jeune couple de suprémacistes blancs, ce devait être le plus beau moment de leur vie : celui de la venue au monde de leur premier enfant. Le petit garçon qui vient de naître se porte bien. Pourtant, dans quelques jours, ses parents repartiront de la Maternité sans lui.
Kennedy a renoncé à faire fortune pour défendre les plus démunis en devenant avocate de la défense publique. Le jour où elle rencontre une sage-femme noire accusée d’avoir tué le bébé d’un couple raciste, elle se dit qu’elle tient peut-être là sa première grande affaire. Mais la couleur de peau de sa cliente, une certaine Ruth Jefferson, ne la condamne-t-elle pas d’avance ?
Avec ce nouveau roman captivant et émouvant, Jodi Picoult aborde de front le grand mal américain et nous montre – à travers les petits riens du quotidien, les pas vers l’autre – comment il peut être combattu.

Mon avis:

Jodi Picoult est une autrice que j’adore depuis que j’ai lu Ma vie pour la tienne. D’elle j’ai également lu Pardonne-lui et A l’intérieur. Toutes mes lectures ont été des coups de coeur. Aussi, quand Babélio m’a proposé de découvrir en avant première son nouveau roman, autant vous dire que je me suis précipitée pour postuler et que j’ai sauté de joie quand j’ai su que j’allais le recevoir. Et cette lecture fût un ENORMISSIME coup de coeur.

C’est une lecture dense, difficile émotionnellement parlant mais tellement passionnante.

Ruth est une sage-femme noire qui, depuis 20 ans, aide les femmes à passer le plus agréablement possible (ou tout du moins le moins douloureusement possible) cette étape cruciale qu’est l’accouchement. Elle essaie depuis bien plus longtemps encore de gommer par son comportement exemplaire la couleur de sa peau, espérant que les blancs la considèreront  comme une des leurs. Mais un post-it va changer le cour de sa vie et modifier sa vision du monde dans lequel elle vit.

post it original

Un couple de suprémacistes blancs venu pour mettre au monde leur premier enfant n’ont pas vu la douceur et la compétence de cette femme, ils n’ont vu que la couleur de sa peau et demandé à ce qu’elle ne touche plus jamais à son bébé. Et quand leur bébé décède, ils accusent Ruth d’avoir tuer leur bébé.

« Il n’y a rien de pire que de sortir de l’hôpital sans le bébé que vous étiez censé mettre au monde la-dedans »

Sous couvert du procès au cours duquel le sort de Ruth va être joué, l’autrice nous plonge dans une profonde réflexion sur le racisme. On suit alternativement Ruth, Turk le papa suprémaciste et Kénnedy la jeune maman avocate au service des plus démunis.

Pour Ruth qui toute sa vie durant a essayé de se fondre dans la masse, de ne pas faire de vague, « c’est comme si ce petit post-it dans le dossier de Davis Bauer avait sectionné une artère vitale et qu'(elle) n’arrivait pas à stopper l’hémorragie« . Elle réalise que quoi qu’elle fasse et peu importe qu’elle le fasse encore mieux que les autres, elle sera toujours une femme noire, celle qu’on suit dans les magasins pour vérifier qu’elle ne vole rien. Et le choc est rude. Elle a « libéré un monstre probablement tapi en (elle) depuis des années. Il était là, caché quelque part, attendant que quelque chose vienne ébranler (son) inébranlable optimisme, tranchant ses liens du même coup« . Ses relations avec Kennedy, son avocate vont être l’occasion de montrer ce qu’elle subit tous les jours, d’ouvrir les yeux de cette femme blanche qui « n’accorde aucune importance à la couleur de peau » sur ces mille petites phrases que l’ont dit sans réfléchir, ces milles comportements que l’on adopte, ces « mille petits riens » qui peuvent être pires que d’afficher ouvertement ses opinions raciales.

Parce qu’en opposition à cette vision du racisme « passif », inconscient, l’autrice nous montre, par le personnage de Turk, le racisme revendiqué, assumé, un mode de vie comme une religion. Turk est un personnage qu’on déteste, il a un vilain tatouage sur la crane qui montre clairement ses opinions, on découvre son passé de skinead violent, comment il a rencontré son épouse. Il est horrible… mais c’est aussi un père ravagé par le chagrin d’avoir perdu son bébé, un homme pétri de colère qui veut qu’un coupable soit désigné.

En alternant le point de vue des trois personnages, l’autrice nous offre une histoire dure, profondément psychologique avec des protagonistes extrêmement travaillés, une histoire qui fait réfléchir sur ses propres convictions. C’est captivant, envoûtant tellement on a envie de savoir comment vont évoluer les personnages et comment tout va se finir et on tourne les pages encore et encore. Et l’autrice nous offre un dénouement insoupçonnable, la cerise sur le gâteau. Une histoire qu’il est difficile de quitter tant elle est porteuse de questionnements intérieurs.

Bref, c’est un magnifique roman, une histoire à lire absolument.

Et il est dit dans le communiqué de presse qu’une adaptation cinématographique est en cours avec Julia Roberts et Viola Davis dans les rôles titres…Oh joie!!!!

Merci à Babelio pour ce superbe cadeau dans le cadre d’une opération Masse critique privilégiée

 

 

 

Au nom de ma mère – Hanni Münzer

aunomdemamere

Roman de 396 pages publié par les éditions L’Archipel le 8 novembre 2017, c’est mon second coup de cœur de ce début d’année 2018.

De quoi ça parle:

Étudiante à Seattle, Felicity reçoit un appel : Martha, sa mère, a disparu… Felicity la retrouve à Rome, où Martha s’est enfuie avec des archives familiales.
Martha a en effet découvert une longue lettre écrite par sa propre mère, Deborah, fille d’une diva qui connut son heure de gloire aux débuts du IIIe Reich. Une lettre qui va plonger Felicity dans une quête douloureuse.
Alternant passé et présent, ce roman mêle amour et trahison, colère et culpabilité, péché et expiation, autour d’un secret de famille courant sur quatre générations.

Mon avis :

Encore une lecture sur la seconde guerre mondiale. Je n’y peux rien, c’est ma thématique de lecture préférée. Chacune de mes lectures de cette nature a été porteuse d’émotions et s’est révélée être un coup de coeur ou presque et là encore j’ai été bouleversée.

Ce roman démarre très vite. En une cinquantaine de pages, l’auteur pose l’intrigue fort bien résumée par la quatrième de couverture. Des questions sont posées et le mystère est entier lorsque l’auteur nous fait faire un bond en arrière pour nous replacer dans les années 1920. On découvre alors Elisabeth et son mari Gustav et leur vie en Allemagne, on découvre progressivement comment le nazisme a pris le pouvoir dans ce pays.

« La puissance du bien se révèle sans fard afin de se prodiguer à tous, tandis que le mal s’approche de nous hypocritement et nous séduit par la ruse et la fourberie si bien que nous comprenons trop tard, voire jamais que nous sommes irrémédiablement pris à son piège »

C’est une histoire haletante qui monte en puissance au fil des pages, au gré des tentatives de cette famille pour quitter le pays avant qu’il ne soit trop tard. Entre rebondissements et tension narrative, on est happé dans cette période terrible où la peur de l’avenir vous pousse à faire des choses auxquelles vous n’auriez jamais pensé. Fort bien documentée, cette première partie de l’histoire est très intéressante sur la montée en puissance du pouvoir nazi.

On passe ensuite à l’histoire de Déborah, la fille d’Elisabeth et Gustav, qui est encore plus captivante. Elle est jeune mais doit déjà faire face à un destin tragique et tout faire pour s’en sortir avec son jeune frère. On suit sa vie aux côtés d’un officier SS qui les a aidés, elle et sa famille tout en cherchant des liens avec ce qu’on a appris dès le début du roman et du coup la lecture prend des tournures de « thriller », on a plein de questions et on tourne les pages encore et encore pour avoir nos réponses. L’histoire devient encore plus passionnante et captivante, de nombreux rebondissements, de nouvelles interactions avec des nouveaux personnages, une tension grandissante donnent un rythme effréné à cette lecture dont on ne peut plus se sortir avant d’en connaître le fin mot.

Et le retour au présent avec le dénouement final que nous offre l’autrice est tout simplement magnifique. On ne voit rien venir et le plaisir n’en est que plus grand. On a toutes les réponses à nos questions et on en ressort bouleversés.

C’est une belle histoire de femmes courageuses, fortes et déterminées que nous offre l’autrice avec en toile de fond une belle réflexion sur les liens familiaux et l’amour maternel.

La lecture de la postface nous apprend que si ce roman est une fiction il est adapté de faits réels.

Bref, cette lecture fût un énorme coup de cœur et je ne peux que vous encourager à découvrir ce roman à votre tour.

Elle voulait juste marcher tout droit – Sarah Barukh

elle voulait juste marcher tout droit

Roman de 432 pages publié par les éditions Albin Michel le 1er février 2017, cette lecture fût un énormissime coup de coeur livresque.

De quoi ça parle :

1946. La guerre est finie depuis quelques mois lorsqu’Alice, huit ans, rencontre pour la première fois sa mère. Après des années à vivre cachée dans une ferme auprès de sa nourrice, la petite fille doit tout quitter pour suivre cette femme dont elle ne sait rien et qui lui fait peur, avec son drôle de tatouage sur le bras.
C’est le début d’un long voyage : de Paris à New York, Alice va découvrir le secret de son passé, et quitter à jamais l’enfance.

Comment trouver son chemin dans un monde dévasté par la guerre ? Avec une sensibilité infinie, Sarah Barukh exprime les sentiments et les émotions d’une enfant prise dans la tourmente de l’Histoire.

Un premier roman magistral.

Mon avis :

Depuis mes débuts de lectrice et ma lecture de Au nom de tous les miens de Martin Gray, je suis une inconditionnelle des romans qui traitent de cette horrible période de l’Histoire qu’est la seconde guerre mondiale, parce qu’ils sont toujours porteurs d’émotion et de courage. Et ce premier roman de l’auteur ne déroge pas à cette règle.

J’ai dévoré ce roman, happée dès les premières pages par le personnage d’Alice, une petite fille de 5 ans, qui doit affronter les moqueries de ses petits camarades de classe parce qu’elle n’a pas de maman, ni de papa et qu’elle vit chez une nourrice, Jeanne, depuis qu’elle est tout bébé. Elle est extrêmement attachante avec ses questions auxquelles la réponse automatique donnée est « parce que c’est la guerre ». Elle se pose des questions, elle s’imagine des choses qui façonnent son caractère et la rendent encore plus attachante. De son côté le lecteur, eu égard à la période, se fait également son propre scénario et attend avec avidité de savoir s’il a raison ou non, embarqué aux côtés de cette petite fille courageuse et déjà malmenée par la vie.

Le retour de la mère est une étape importante dans la vie d’Alice. Cette maman qu’elle a fantasmée, rêvée, espérée et qui revient la chercher. Oui mais voilà, on est loin de la parisienne belle et bien habillée à laquelle Alice s’attendait. C’est une femme frêle, froide, limite mutique qui vient arracher Alice à la vie qu’elle s’était faite et à laquelle elle avait fini par s’habituer aux côtés de Jeanne, cette femme gentille aimante qu’elle aimait comme une mère et qui a tout fait pour la protéger et la rendre heureuse. Le choc est rude. Mais Alice est une petite fille obéissante et respectueuse et elle se résout à quitter son petit village de campagne pour suivre sa maman à Paris avec l’espoir de pouvoir tout savoir et rattraper le temps perdu.

Et c’est le début d’une aventure palpitante pour notre jeune héroïne.

L’histoire est très bien construite, alternant moments calmes et rebondissements qui donnent du rythme à cette lecture sans enlever le côté émotions fortes. Le lecteur est tenu en haleine et tourne les pages encore et encore pour accompagner Alice dans tous les évènements qui vont se produire et avoir les réponses à ses questions.

Le personnage d’Alice est extrêmement bien travaillé, cohérent avec son âge, c’est une belle réussite d’avoir su garder la naïveté de l’enfance en miroir avec la « noirceur » des adultes. Elle est empathique, courageuse et en constante évolution au fil des pages. C’est un réel bonheur que de la suivre et de le voir se dépatouiller et affronter la vie.

Bref, Elle voulait juste marcher tout droit est une histoire émouvante, passionnante qui vous emporte des les premières pages, c’est aussi petite héroïne tellement attachante et forte qui vous touchera, c’ est encore des rebondissements, du suspens qui vous tiennent en haleine et vous gardent dans les pages qui se tournent encore et encore…

A LIRE ABSOLUMENT !!!!!

 

L’atelier des miracles – Valérie Tong Cuong

atelier des miracles

Un coup de coeur !!

Roman de 264 pages publié par les éditions JC lattes le 9 janvier 2013

De quoi ça parle :

Prof d’histoire-géo mariée à un politicien narcissique, Mariette est au bout du rouleau. Une provocation de trop et elle craque, envoyant valser un élève dans l’escalier. Mariette a franchi la ligne rouge.
Millie, jeune secrétaire intérimaire, vit dans une solitude monacale. Mais un soir, son immeuble brûle. Elle tourne le dos aux flammes se jette dans le vide. Déserteur de l’armée, Monsieur Mike a fait de la rue son foyer. Installé tranquillement sous un porche, il ne s’attendait pas à ce que, ce matin, le « farfadet » et sa bande le passent à tabac.
Au moment où Mariette, Millie et Mike heurtent le mur de leur existence, un homme providentiel surgit et leur tend la main – Jean, qui accueille dans son Atelier les âmes cassées, et dont on dit qu’il fait des miracles.

C’est un roman dont tout le monde a dit le plus grand bien et je ne vais pas déroger à cela, j’ai adoré cette lecture.

L’écriture est douce et poétique, très agréable à lire. Les 3 personnages sont très attachants, ces pauvres bougres n’ont pas été gâtés par la vie. Chacun évoqué dans des chapitres qui se suivent de manière alternative, on suit ce qui leur arrive avec empathie et on a envie qu’ils s’en sortent. Après tout le titre nous en donne l’espoir. « Chacun de nous peut un jour être confronté à sa propre impuissance, glisser, chuter et même mourir, par simple ignorance mais surtout par solitude. Il faut se battre pour les ramener à la vie. Prendre la main de celui qui ne vous la tend pas, forcer le destin, offrir un miroir magique qui montre à ceux que la souffrance aveugle ce qu’ils ont en eux de beau et de grand« .

C’est leur rencontre avec Monsieur Jean, au pire moment de leur vie, au moment fatidique ou tout pourrait basculer, qui va changer leur destinée. De trois histoires individuelles, on passe à 3 histoires qui s’emmêlent les unes avec les autres, toujours très agréables à suivre. On est embarqués avec eux dans le tourbillon de leur vie, dans leur combat pour affronter leurs problèmes, survivre et s’en sortir.

L’auteur est très talentueuse pour nous faire vibrer d’émotion et apprécier la lecture d’un roman qui apparaît au premier abord comme une simple histoire de vies. Mais tout est-il toujours simple dans la vie? Ne dit-on pas que rien n’est gratuit? Le mystérieux Monsieur Jean est-il aussi altruiste qu’il le prétend?

« C’est un beau roman, c’est une belle histoire » comme dirait Michel Fugain alors il serait vraiment dommage de passer à côté.

Tu tueras le Père – Sandrone Dazieri

tu tueras le pere

Un énormissime coup de coeur !!!!

Thriller de 666 pages publié par les éditions Robert Laffont – collection La bête noire – le 8/08/2015 – traduction Delphine Gachet

De quoi ça parle :

Le père est là, dehors, quelque part. La cage est désormais aussi vaste que le monde, mais Dante est toujours son prisonnier.
Non loin de Rome, un homme affolé tente d’arrêter les voitures. Son fils de huit ans a disparu et le corps de sa femme gît, décapité, au fond d’une clairière.
Le commissaire Colomba Caselli ne croit pas à l’hypothèse du drame familial et fait appel à un expert en disparitions de personnes : Dante Torre. Kidnappé enfant, il a grandi enfermé dans un silo à grains avant de parvenir à s’échapper. Pendant des années, son seul contact avec l’extérieur a été son mystérieux geôlier, qu’il appelle « le Père ».
Colomba va confronter Dante à son pire cauchemar : dans cette affaire, il reconnaît la signature de ce Père jamais identifié, jamais arrêté…

J’avais vu passer ce roman sur Facebook et les avis étaient positifs. Du coup quand je suis tombée dessus dans les rayons de la bibliothèque j’ai saisi l’occasion de découvrir cet auteur qui m’était inconnu et ce roman dont j’avais lu le plus grand bien.

Et alors ce fût une tuerie de lecture, commencé un vendredi matin avant d’aller bosser je n’ai pas pu le lâcher du weekend et je l’ai terminé le dimanche. 666 pages en 3 jours, plus de 550 en 2 jours, du jamais vu pour moi.

Avant je vous aurai dit qu’il est à mon sens difficile de maintenir le lecteur en perpétuelle tension pendant tout le temps d’un thriller de plus de 600 pages, il y a toujours des passages de flottement ou l’attention/la tension du lecteur se relâche. Mais ça c’était avant. Parce que Sandrone Dazieri nous offre ici un tourbillon d’action et d’émotions pendant toute la durée de ce thriller. Certes la construction en elle-même est assez classique puisqu’on retrouve une alternance de chapitres consacrés aux « gentils » et de chapitres consacrés au « méchant ». Lesdits chapitres sont assez courts et s’enchaînent vraiment bien, l’écriture est simple mais efficace ce qui donne une fluidité et une dynamique assez rapide.

L’intrigue est extrêmement bien ficelée, les détails, les questions, les rebondissements, tout est maîtrisé d’une main de maître pour accrocher le lecteur et le maintenir en immersion complète jusqu’au bout du bout du bout de ce thriller. Je n’ai ressenti aucune lenteur, aucun ennui, j’ai adoré suivre le déroulement de l’enquête, j’ai vibré, j’ai eu peur, j’ai souri, tout un tas d’émotions qui ont rendu cette lecture très addictive.

Et cette intrigue déjà fort plaisante en elle-même est portée par des personnages exceptionnels. Énormément travaillés, les 2 héros de ce roman sont tout de suite  très attachants pour le lecteur. On est vraiment à leurs côtés, on vit bien leur complicité croissante. Ils se ressemblent, se comprennent et leur duo marche bien. Dante m’a fait penser à Spencer Reed (Esprits criminels) que j’aime beaucoup, il est torturé mais il essaie d’avancer. Et Colomba n’est guère mieux lotie. Tous les deux forment un duo d’enquêteurs tout à fait hors normes qui démêlent petit à petit les fils de cette histoire.

Bref, j’ai adoré et j’ai déjà la suite Tu tueras l’ange en ligne de mire !!!

L’enfant de l’aube – Charlotte Vale Allen

l'enfant de l'aube

Une pépite !!!

Roman de 472 pages publié en 2009 par les éditions Harlequin dans la collection Jade, cette lecture m’a emportée, c’est un énorme COUP DE COEUR.

De quoi ça parle :

Alors qu’elle vient de perdre son mari dans un tragique accident, Kyra Latimer reçoit une étrange visite : celle de Jennifer Cullen, une jeune femme désemparée, qui se prétend sa fille et n’est venue là que pour lui abandonner son enfant. Bouleversée par ce nouveau drame, Kyra n’écoute que son coeur : en voyant le petit garçon de trois ans et demi qui accompagne Jennifer, un enfant craintif et silencieux, de toute évidence maltraité, Kyra n’hésite pas une seconde à le garder auprès d’elle. Jesse ne demande qu’à être aimé, il est pour elle une promesse d’avenir, l’aube d’une nouvelle existence. Une vie de mère, entièrement consacrée à cet enfant qui lui ressemble : lui aussi a eu sa part de souffrances, lui aussi a connu le rejet. Dans son rôle de mère, Kyra reprend goût à la vie et retrouve confiance en elle. Quant au petit Jesse, il va s’épanouir à ses côtés et combler sa nouvelle maman dans ses espérances. Mais le destin, parfois, ne donne que pour mieux reprendre et Kyra va risquer, une fois de plus, de perdre ce qu’elle a de plus cher au monde…

A la lecture du résumé, on imagine l’histoire classique maintes fois dépeinte dans les romans du petit garçon abandonné par sa mère avec bien des années plus tard un retour en force de ladite maman pour reprendre son enfant… et bien non l’auteur est allé beaucoup plus loin dans la réflexion et elle surprend son lecteur par des rebondissements inattendus et des émotions particulièrement fortes.

Le personnage de Kyra est admirablement bien décrit, c’est une femme très attachante que l’on aime dès les premières pages. Elevée dans une famille d’acteurs/réalisateurs célèbres elle s’est vue pendant toute son adolescente comme le vilain petit canard de la famille et n’a eu que peu de rapports avec ses parents et son frère jumeau. Sa rencontre avec son mari va changer sa vie. « Gary était l’homme le plus délicieux, le plus aimable et le plus sensuel qu’elle ait jamais rencontré« . Auprès de lui Kyra « ne se sentait plus ridiculeusement énorme ou inadéquate« . Elle avait trouvé le bonheur. Aussi, quand au bout de 10 ans d’un mariage heureux, ombragé seulement par l’absence d’enfant, Gary meurt, Kyra est brisée. A 38 ans elle se retrouve veuve sans avoir eu le temps de se préparer. Le choc est rude. Quand, le jour même des funérailles, elle voit débarquer une jeune femme qui se prétend être sa fille et qui veut lui abandonner son petit garçon de 3 ans, elle y voit un signe du destin, « elle avait perdu Gary, et par une sorte de compensation de la fatalité, elle se voit offrir ce qu’elle avait toujours par dessus tout désiré« . Elle accepte et c’est l’aube d’une nouvelle vie qui commence pour elle… et l’aube d’une merveilleuse lecture pour celui/celle qui tourne les pages.

On vit avec Kyra et Jesse, on tremble de les voir se découvrir, s’apprivoiser, nouer de véritables relations mère/fils. On ressent bien les émotions de Kyra dans son nouveau rôle de maman, elle apprend et ouvre les yeux sur ses propres relations avec ses parents et son frère. Elle devient une femme forte qui se bat pour son fils, pour qu’il soit heureux. Kyra est vraiment un très beau personnage dans ce roman car elle est surprenante. Moi même maman, je ne suis pas sûre d’avoir les mêmes réactions qu’elle face à ce qu’elle doit affronter et je suis admirative. Bref j’ai adoré ce personnage.

Jesse aussi est très attachant dans ses réactions et son développement. On rêverait tous d’avoir un aussi gentil garçon.

Bon on se doute bien que la vie n’est pas un long fleuve tranquille, surtout dans les romans, et qu’il va se passer des choses pour pimenter cette histoire. Et quelles choses mes amis!!! L’auteur révèle ici tout son talent car le lecteur est tenu en haleine jusqu’à la fin, comme dans un polar, avide de savoir comment les choses vont se dénouer. Toutes les questions qu’on se pose vont-elles trouver des réponses? Comment tout cela va-t-il finir?

Et c’est là que je dois m’arrêter, même si je brûle d’envie de vous en dire plus pour vous inciter à lire ce roman, car je risquerai de trop vous en révéler. Je dirai juste que si vous aimez les belles histoires familiales, les sentiments révélés, les rebondissements et passer par toutes les émotions dans vos lectures, ce roman est pour vous. Moi j’ai adoré cette lecture et je vous la recommande chaudement.