Room – Emma Donoghue

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Une lecture émouvante !!!

Roman de 408 pages publié par les éditions Stock le 24 août 2011 – traduction Virginie Buhl

De quoi ça parle :

Sur le point de fêter ses cinq ans, Jack a les préoccupations des petits garçons de son âge. Ou presque.
Il ne pense qu’à jouer et à essayer de comprendre le monde qui l’entoure, comptant sur sa mère pour répondre à toutes ses questions. Cette mère occupe dans sa vie une place immense, d’autant plus qu’il habite seul avec elle dans une pièce unique, depuis sa naissance.
Il y a bien les visites du Grand Méchant Nick, mais Ma fait tout pour éviter à Jack le moindre contact avec ce personnage. Jusqu’au jour où elle réalise que l’enfant grandit, et qu’elle ne va pouvoir continuer longtemps à entretenir l’illusion d’une vie ordinaire. Elle va alors tout risquer pour permettre à Jack de s’enfuir.
Mais l’enfant va-t-il réussir à trouver des repères loin de leur univers ? Quel accueil lui réservera le monde extérieur, lui l’enfant né de la captivité d’une femme ?

Cette lecture est une merveille d’émotions bouleversantes car cette histoire est monstrueuse. Dans l’esprit du film La vie est belle on découvre Jack, un petit garçon de 5 ans qui n’a connu toute sa vie qu’une petite pièce de 12 m² où il vit avec sa mère qui déploie toute son imagination pour lui rendre la vie la plus « normale » possible. Tous les objets portent un nom, il y a Monsieur Tapis, Monsieur Frigo, Madame Table et ainsi de suite. Jack vit sa vie selon un rituel bien établi. Et cette partie est troublante pour le lecteur. On ne sait rien, même si on le devine, des raisons pour lesquelles Jack vit avec sa mère dans cette pièce et les visites du Grand Méchant Nick jettent un voile effrayant et mystérieux qui obnubile le lecteur. Mais pour Jack tout est normal c’est sa vie et il l’aime. D’ailleurs c’est de son point de vue que l’on suit cette histoire, c’est lui qui raconte.

J’ai bien aimé cette partie car c’est vraiment impressionnant de voir les choses du point de vue d’un enfant.

Mais la deuxième partie est encore plus émouvante. Je ne spolie pas puisque on sait en lisant la quatrième de couverture que Jack va sortir. Et là c’est tout un autre univers qui s’ouvre pour lui et pour le lecteur. Son monde passe de 12 m² à l’infini et le bouleversement du lecteur est total. Vivre avec Jack cette nouvelle découverte est émouvant et perturbant. On ressent bien son incompréhension de ce qui lui arrive. C’est aussi à travers ses yeux que l’on vit la façon dont sa maman vit cette nouvelle aventure. Et ses réactions sont bien surprenantes.

C’est un roman très original dans sa conception. L’auteur a fait preuve d’un énorme talent pour nous raconter cette histoire au travers du regard d’un enfant de 5 ans. On ressent toutes les émotions de tous les personnages, rien ne manque et pourtant le procédé narratif était risqué. Mais c’est extrêmement bien fait. C’est un roman qui fait réfléchir sur ce qui est vraiment nécessaire et/ou indispensable au bonheur, sur les relations sociales, sur le lien mère-enfant. Bref, on n’en ressort pas indemne, c’est une lecture qui marque et dont on se souvient très longtemps. La preuve, je l’ai lu en janvier et je me souvient encore parfaitement des émotions ressenties pour rédiger mon avis aujourd’hui 😉

Sortez vos mouchoirs et plonger dans cette histoire bouleversante !!!!

Baby love – Joyce Maynard

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Une histoire émouvante !!!

Roman de 302 pages publié par les éditions Philippe Rey le 8 février 2013 – traduction Mimi Perrin

De quoi ça parle:

Elles sont quatre adolescentes – la plus vieille a dix-huit ans – confrontées chacune à une maternité précoce. Sandy, Tara et Wandy sont déjà mères. Jill pense être enceinte, mais son petit ami refuse de la croire. Sandy est mariée à un garçon de dix-neuf ans – qui renâcle à la vie conjugale. Les autres pères putatifs ont plus ou moins disparu dans la nature, mais peu importe. Ce qui unit ces gamines, c’est l’amour qu’elles portent à leur bébé, leur seule réussite, leur unique source de bonheur dans une vie d’une banalité terrifiante. Elles le gavent, le dorlotent, le déguisent, jouent avec lui comme à la poupée, et parfois, sans vraiment le vouloir, le malmènent un peu. Et cet après-midi-là, sur les marches d’une laverie automatique, leur lieu de rendez-vous favori, ce sont encore des rêves qu’elles font autour de leurs enfants dont elles parlent avec un optimisme désarmant. Sans se douter un instant de tout ce qui menace leur destin et risque de le faire dramatiquement basculer : non seulement l’arrivée dans la petite ville de deux jeunes femmes, mais encore les obsessions folles d’une vieille bigote, et – inattendue tout autant qu’angoissante -, la présence d’un tueur… Avec ce premier roman paru en 1981 aux Etats-Unis, Joyce Maynard signe un subtil portrait, toujours d’actualité, de l’Amérique profonde.

Ne dit-on pas que le métier de maman est le plus beau métier du monde? Sauf que comme pour tous les métiers il s’apprend, parfois avec difficulté. C’est ce que’ découvrent les adolescentes de ce roman. Devenues mères par choix ou par accident, elles doivent faire avec, vivre et survivre dans une petite ville d’amérique où le travail ne court pas les rues. Et les pères ne sont pas oubliés pour autant.

Le roman entrelace les vies de nombreux personnages sans avertissement, on passe de l’un à l’autre comme on tourne une page, voire même au détour d’un paragraphe. C’est assez déroutant au début, vu le nombre de personnages, et la rapidité avec laquelle on passe de Sandy à Tara avec un peu de Wandy au milieu, il faut beaucoup de concentration pour ne pas se perdre. J’avoue qu’après avoir eu quelques lectures avec peu de personnages, j’ai eu un peu de mal au début. Mais finalement, avec un peu de persévérance on s’attache vraiment à ces jeunes mamans et on prend énormément de plaisir à les suivre.

L’atmosphère est pesante, on sent très bien le poids de la misère dans cette petite ville d’amérique où tout le monde connaît tout le monde, où le travail est rare, où tout nouvel arrivant est scruté… on comprend parfaitement le rêve d’une vie meilleure qui habite chacun des personnages.

C’est vraiment une très belle histoire, très réaliste qui montre avec objectivité et beaucoup de talent, surtout grâce à une écriture soignée, qu’être mère n’est pas une chose facile et que les choses ne se passent pas forcément comme on l’avait imaginer.

J’ai beaucoup aimé ce roman, l’écriture qui m’a fait penser aux romans de Laura Kasischke et c’est avec plaisir que je suivrai les romans de Joyce maynard. d’ailleurs un autre de ses romans, L’homme de la montagne, m’attend dans ma PAL mais plus pour très longtemps.

Bref, un magnifique roman à découvrir !!!

A l’intérieur – Jodi Picoult

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A l’intérieur de Jodi Picoult publié le 21.01.2016 par les éditions Michel Lafon

Traduit de l’anglais (États-Unis) par Joëlle Touati

« Quand votre fils ne vous regarde jamais dans les yeux… comment savoir s’il est coupable ?
Adolescent atteint du syndrome d’Asperger, Jacob Hunt ne possède pas le mode d’emploi pour communiquer avec les autres. Enfermé dans sa bulle, il est pourtant d’une intelligence prodigieuse. Un sujet le passionne plus que tout : la criminalistique. Il parvient souvent à se rendre sur des scènes de crime, où il ne peut s’empêcher d’expliquer aux policiers comment faire leur travail. En général, il tombe juste.
Mais lorsqu’un assassinat se produit dans le quartier, l’attitude de Jacob est un signe flagrant de culpabilité pour la police. Pour la mère et le frère de Jacob, l’intolérance et l’incompréhension qui ont toujours menacé leur famille ressurgissent brutalement.
Et cette question lancinante, qui ne laisse pas leur âme en paix… Jacob a-t-il, oui ou non, commis ce meurtre ? »

 J’ai découvert la plume de Jodi Picoult avec Ma vie pour la tienne que j’avais beaucoup aimé. L’été dernier, grâce à Little Pretty Books qui en avais parlé sur son blog, j’avais récidivé avec Pardonne-lui que j’avais adoré. C’était officiel j’étais devenue fan et j’en avais tellement fait les louanges lors du club de lecture de ma médiathèque que lorsque son dernier roman A l’intérieur est sorti et a rejoint le fond de la médiathèque (la liste des ouvrages hein pas le fond le fond quoi) la responsable du club de lecture me l’a aussitôt mis en mains … pour mon plus grand bonheur. J’ai SURKIFFE cette lecture.

TOUT, absolument tout, dans ce roman est topissime.

Les personnages sont extrêmement attachants et émouvants. L’auteur, fidèle a elle-même, a apporté un soin particulier à la psychologie et au caractère de ses personnages. Ils sont très travaillés, très réalistes dans leurs comportements.

Le sujet du syndrome d’Asperger dont est atteint Jacob, le héro charismatique et particulièrement drôle (pour la lectrice que je suis, non concernée par cette pathologie et qui n’a pu s’empêcher de sourire à la lecture de certaines de ses répliques), est traité d’une façon très approfondie de sorte à ce que le lecteur appréhende complètement tous les aspects, même les plus difficiles, de cette pathologie.

Notamment, à travers le personnage d’Emma, la mère dévouée corps et âme à son fils, on découvre tous les problèmes que les parents doivent gérer. Entre crises d’angoisse, rituels permanents, absence totale d’empathie (imaginez un fils qui ne vous dit jamais qu’il vous aime) et troubles obsessionnels compulsifs, la vie d’Emma n’est pas facile et malgré toutes les difficultés elle ne renonce jamais et soutient Jacob . Mais jusqu’où l’amour d’une mère peut-il aller?

A travers le personnage de Théo, le frère de Jacob, c’est la relation fraternelle qui est analysée, un thème cher puisque déjà mis en avant dans Ma vie pour la tienne, et les sentiments ce celui qui est « normal » et dont on n’a pas besoin de s’occuper…Difficile de trouver sa place et que faire pour ne pas être « oublié ».

L’intrigue est également bien menée. L’histoire se déroule en alternant les chapitres consacrés à chacun des personnages et permet d’obtenir un rythme régulier et entraînant . Les sentiments de chacun sont bien décrits et permettent au lecteur de suivre parfaitement la logique de l’histoire. L’arrivée de nouveaux personnages dans le déroulé de l’intrigue, très à l’américaine, amène aussi un regard neuf, extérieur sur la situation de Jacob. On découvre ainsi la manière dont sont perçus les « Asperger » et l’incompréhension dont ils sont victimes.

En ce qui me concerne j’avais deviné ce qui s’était passé et je pense que tous les lecteurs habitués à lire des romans policiers seront dans le même cas (notre cerveau tournant à plein régime pour imaginer toutes les hypothèses possibles et résoudre l’énigme). D’ailleurs je ne pense pas que l’intrigue et sa résolution soient le principal objectif de l’auteur, et la rapidité du dénouement me conforte dans cette idée. Mais le fait d’avoir dénoué l’intrigue n’enlève absolument rien au plaisir de lire ce roman, l’envie de savoir si on a raison prend le relais et c’est toujours avec le même intérêt que l’on arrive au bout de sa lecture, ne regrettant qu’une seule chose… quitter ses personnages qui nous ont accompagnés pendant près de 600 pages.

Bref, A l’intérieur est un magnifique roman qu’il est indispensable de lire.

Mon podcast – épisode 4

Hello,

Ca y est l’épisode 4 de mon podcast est en ligne.

 

J’y parle des projets terminés :

  • le solaris de Mélanie Berg
  • mes chaussettes Orage

J’y parle aussi de mes projets en cours :

  • le bryum de Lilofil
  • les chaussettes My cup of tea socks de RobinLynn

J’y parle enfin de ma dernière lecture coup de coeur : Une vie entre deux océans de M.L Stedman

Le cercle des tricoteuses – Ann Hood

le cercle des tricoteuses

Le cercle des tricoteuse – Ann Hood – City éditions – edition poche 2016 – 384 pages

« Mary vient de perdre son unique enfant. Elle est désespérée et s’enfonce peu à peu dans la dépression. Jusqu’au jour où elle découvre les vertus du tricot. Avec des aiguilles et une pelote de laine entre les mains, Mary apprend à occuper son esprit sans ressasser sa douleur. Dans le magasin de tricot d’Alice, elle rejoint le « cercle des tricoteuses ». Il y a Scarlet qui, derrière son sourire, dissimule un vrai chagrin. Beth est le modèle de la femme au foyer, mais son univers tranquille est sur le point de s’effondrer. Et que cache Ellen, l’Irlandaise qui semble porter le poids du monde sur ses épaules ? Alors que les semaines passent, sous l’œil de la mystérieuse Alice, des amitiés improbables se forment. Des secrets sont révélés et des pactes noués. Chaque membre du club doit apprendre à aller de l’avant et affronter son avenir… »

Il y avait bien longtemps que je n’avais pas publié un avis de lecture sur ce blog ! Non pas que je ne lise plus, bien au contraire (même si le rythme a beaucoup diminué), mais aucune de mes lectures ne m’avais redonné l’envie de faire un article … jusqu’à celle-ci.

Je dois bien avouer que c’est le titre qui a attiré mon regard en premier lors de mes déambulations dans le rayon livres de mon supermarché. Si vous venez visiter mes pages, vous savez certainement que je suis une mordue de tricot ET de lecture. Autant vous dire qu’il était inévitable qu’un livre avec un tel titre ne finisse pas dans mon caddie.

Aussitôt acheté, aussitôt lu et c’est un COUP DE COEUR.

Pourquoi? Parce que ce livre raconte une très belle histoire, émouvante, passionnante sur les relations humaines et la vie qui continue malgré les bâtons que le destin met sur votre route

Mary qui a perdu sa fille de 5 ans il y a quelques mois a bien du mal à se remettre de ce traumatisant évènement. Sur les conseils de sa mère avec qui elle entretient des relations plutôt froides et distantes, elle rencontre Alice, une vieille dame qui tient une boutique de laine et anime un « cercle » d’amateurs de tricot. Mary, qui n’y connaît rien en la matière se retrouve bien vite avec une paire d’aiguilles entre les mains et la mission « compliquée » de tricoter une écharpe. Et c’est le début d’un long chemin vers la recherche de la paix.

L’histoire nous est racontée du seul point de vue de Mary, on découvre ses relations de plus en plus difficiles avec son mari après la perte de leur enfant unique, ses énormes difficultés à reprendre le dessus et à aller de l’avant. Au fil de ses discussions avec les autres membres du cercle, on découvre aussi la vie de ces autres personnages et ce qui les a conduit à intégrer ce fameux cercle. Tous sont venus un jour voir Alice et ont intégré le cercle. Ils y ont trouvé écoute et réconfort qui les ont aidé à surmonter le drame qui les avait touchés. Ils ont ensuite accueilli, écouté et réconforté les nouveaux membres, bouclant ainsi le « cercle ». Des amitiés se lient, des a priori sont malmenés, des drames se produisent…autant d’évènements qui rendent cette lecture très agréable et dont on a du mal à se sortir.

Les personnages sont très adroitement façonnés, très authentiques, issus de milieux très différents et avec des caractères très attachants, ils portent cette histoire et en font un très bon et beau moment de lecture. Point de trop larmoyant, de trop convenu, de trop tout mais une juste appréciation de la vie d’une maman qui vient de perdre de son enfant et qui doit malgré tout continuer à vivre.

Bref, c’est un excellent roman qui mériterait selon moi d’être lu par le plus grand nombre de lecteurs, qu’ils soient tricoteurs ou non.

***

Cette lecture fut aussi l’occasion pour moi de découvrir City editions une nouvelle maison d’édition que je ne connaissais pas et que j’ai bien envie de continuer à découvrir notamment par la lecture des autres titres de romans dont les photographies des couvertures ont été habilement mises à la fin de ce roman ci.

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Alors à très vite pour un nouvel avis de lecture sur une nouvelle histoire de tricoteuse 😉

L’invention de nos vies – Karine Tuil

Roman de littérature contemporaine de 504 pages publié le 21/08/13 par les éditions Grasset

« Sam Tahar semble tout avoir : la puissance et la gloire au barreau de New York, la fortune et la célébrité médiatique, un « beau mariage »… Mais sa réussite repose sur une imposture. Pour se fabriquer une autre identité en Amérique, il a emprunté les origines juives de son meilleur ami Samuel, écrivain raté qui sombre lentement dans une banlieue française sous tension. Vingt ans plus tôt, la sublime Nina était restée par pitié aux côtés du plus faible. Mais si c était à refaire ?
À mi-vie, ces trois comètes se rencontrent à nouveau, et c est la déflagration…
« Avec le mensonge on peut aller très loin, mais on ne peut jamais en revenir » dit un proverbe qu illustre ce roman d une puissance et d une habileté hors du commun, où la petite histoire d un triangle amoureux percute avec violence la grande Histoire de notre début de siècle. »

Mon avis :

Un énorme coup de coeur pour une lecture passionnante!!

Tout d’abord un grand merci à la librairie Chapitre d’Orléans de m’avoir prêté ce roman dans le cadre de leur club de lecture des blogueurs car cela m’a permis de découvrir, en avant-première, le nouveau roman d’un auteur français doué d’un talent certain pour accrocher son lecteur.

Vous l’aurez compris, j’ai ADORE cette lecture.

Ce roman est rudement bien écrit, de manière originale avec une utilisation très réussie des « / » entre plusieurs mots qui donnent un certain rythme très plaisant à lire. Les mots sont extrêmement bien choisis et alors que d’habitude les phrases longues me rebutent, ici, grâce à la fluidité du style, elles sont passées toutes seules et en ont rendu la lecture très agréable.

Et l’histoire que nous raconte l’auteur est hautement passionnante, pleine de suspens, de rebondissements qui font qu’il est impossible de lâcher ce lourd roman jusqu’à la fin.

Les trois personnages de ce roman sont très bien décrits, ils ont chacun le droit à de longs passages qui permettent au lecteur de bien s’imprégner des situations qu’ils vivent. Leurs parcours respectifs qui s’entremêlent au gré des chapitres deviennent au fil des pages très passionnants.

Avec une fille et deux hommes et le fait que la demoiselle avait fait un choix entre les deux, on aurait pu croire à une histoire assez commune, habituelle aux triangles amoureux mais pas du tout. L’auteur a su raconter une histoire pleine d’action et de rebondissements, une histoire cohérente et réaliste sur le mensonge et ses conséquences et qui nous montre que chacun tient son destin entre ses mains.

Bref, pour une première découverte de la plume de l’auteur c’est un énorme coup de cœur que je ne peux que vous recommander vivement !!!

Et petite cerise sur le gâteau, j’ai eu le plaisir de rencontrer l’auteur à La foret des Livres qui a eu lieu le 25 août 2013 où ce roman a reçu le Prix du roman ; très sympathique et accessible elle m’a gentiment dédicacé un autre de ses romans La domination et que j’ai hâte de découvrir de même que Six mois, six jours qui est dans ma PAL depuis trop longtemps.

Kinderzimmer – Valentine Goby

Roman de littérature contemporaine de 218 pages publié par les éditions Actes Sud le 21/08/2013

« En 1944, le camp de concentration de Ravensbrück compte plus de quarante mille femmes. Sur ce lieu de destruction se trouve comme une anomalie, une impossibilité : la Kinderzimmer, une pièce dévolue aux nourrissons, un point de lumière dans les ténèbres. Dans cet effroyable présent une jeune femme survit, elle donne la vie, la perpétue malgré tout. Un roman virtuose écrit dans un présent permanent, quand l’Histoire n’a pas encore eu lieu, et qui rend compte du poids de l’ignorance dans nos trajectoires individuelles. »

Mon avis :

On dit souvent que l’arrivée d’un enfant change tout. Et bien c’est exactement l’impression que m’a laissée ce roman qui se divise en deux parties selon moi : l’avant James et l’après.

La première partie de ce roman m’a semblé longue, lourde et rédigée dans un style difficile à lire ce qui m’a posé quelques difficultés pour entrer dans l’histoire, « classique » des romans concernant les camps de concentration, décrivant, sans beaucoup de dialogues, la vie des femmes, leur environnement et leurs conditions de détention. J’avoue avoir eu beaucoup de mal avec cette partie, je suis restée extérieure aux événements et aux sentiments de l’héroïne.

Et puis arrive le petit James, ce petit bébé qui déboule dans l’horreur dès les premiers jours de sa vie et là l’histoire a pris une autre tournure pour moi. La maman que je suis a été très touchée par les conditions dans lesquelles les bébés étaient accueillis et (sur)vivaient dans les camps. J’ai beaucoup plus accroché à cette partie, tournant les pages pour savoir si et comment ce petit bout et sa maman allaient s’en sortir. Les personnages me sont devenus plus attachants et c’est avec un réel plaisir livresque que j’ai suivi leurs mésaventures jusqu’au dénouement réaliste et cohérent.

L’auteur a choisi de cibler son roman sur un aspect de cette affreuse période auquel j’avoue n’avoir jamais pensé et finalement après un début difficile ce fut une lecture très intéressante.

Pour reprendre les termes même de l’auteur, « Kinderzimmer est un roman grave, mais un roman de la lumière ».

Bref, un livre à lire tout simplement.