Sur la ligne blanche – Michel Embareck

sur la ligne blanche

Polar de 181 pages publié en 1985 et réédité par les éditions L’Archipel (Archipoche) en février 2018.

C’est un polar qui ravira les fans de rock tant la plongée au cœur de ce monde est totale.

De quoi ça parle :

« Star des médias, Langlet, surnommé le pape du rock, fait et défait les réputations dans le micro-maquereaucosme du show-biz. Trente ans, fast-donjuan, buveur, shooté, ubiquiste, ce wonder boy tout-puissant n’a pas réussi de la sorte sans se faire de nombreux ennemis. Aussi sa disparition soudaine fait-elle sensation.
Journaliste sur la touche, le narrateur, flairant le scoop de sa vie, se lance sur les traces du disparu, dont il va reconstituer le fulgurant et dangereux parcours en une série de ash-backs stroboscopiques, zigzaguant des milieux branchés aux campements de ferrailleurs et du Palace aux vestiges du Golf Drouot… » (Michel Lebrun, L’Année du polar)
Journalistes vendus aux producteurs, concerts organisés par la mafia, musiciens animés du seul souci d’échapper à l’usine… Entre Paris, Marseille, New York et Le Havre, l’enquête-fiction de Michel Embareck nous entraîne en Cadillac dans les coulisses obscures du show-biz, où l’intégrité s’achète et où l’honnêteté se noie dans le Jack Daniel’s.
Fresque d’une génération en perfecto et santiags croco, Sur la ligne blanche redonne au rock les couleurs du mythe.

Mon avis :

Fan de polars/thrillers, je saisis chaque occasion de découvrir un nouvel auteur et surtout quand il est français. Les éditions L’Archipel m’ont donné cette occasion dans le cadre de leur appel à partenariat pour le mois de février et j’étais ravie d’avoir été sélectionnée pour découvrir ce polar.  Sauf que je n’avais pas détecté le caractère omniprésent du rock pur et dur dans ce roman.

Car la plongée dans le monde du rock est telle que les non initiés, dont je fais partie, peuvent se retrouver perdus, noyés non pas dans l’alcool mais dans les références perpétuelles à des grands noms du rock. Je ne m’attendais pas à une telle immersion et du coup ma lecture s’en est ressentie un peu difficile. J’ai eu du mal à m’attacher aux personnages et ma lecture s’est faite de façon trop distante à mon goût pour apprécier pleinement ce que je lisais.

Cela étant dit, l’intrigue est bien ficelée, l’auteur nous balade entre le présent où le narrateur, un journaliste, essaie de comprendre ce qui a pu arriver à Philippe Langlet, ex-présentateur vedette de la télé française, pape du rock, poignardé dans les douches d’une prison américaine  et les 6 derniers mois de la vie de Philippe Langlet. L’alternance des chapitres donne du rythme à l’histoire et comme autant de coups de baguettes sur une batterie, l’auteur déroule la partition d’une enquête sombre, aux frontières de la légalité, comme sur une corde ou le moindre faux pas peut vous faire basculer.

Le tout porté par une écriture ciselée, incisive, des phrases courtes, très courtes, sans verbes, successions de mots forts …

extrait sur la ligne blanche

… comme des refrains d’une chanson avant de reprendre une écriture plus classique. Cette alternance de rythme colle parfaitement avec le sujet et participe au climat général de ce polar, une plongée totale dans un monde particulier.

La fin de ce polar a éclairé ma lanterne et j’ai refermé ce polar moins déçue que ce que je m’étais imaginé, je n’avais rien vu venir et cette belle surprise a été bien agréable.

Bref, ce polar est un bon polar qui ravira les fans de rock, ceux qui savent et qui  comprendront les références musicales qui parsèment le récit.

Merci aux Editions l’Archipel pour leur confiance

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Pyromane – Wojciech Chmeliarz

pyromane

Polar de 416 pages publié par les éditions Agullo dans la collection Agullo noir le 4 mai 2017 – traduction Erik Veaux

De quoi ça parle:

À Varsovie, au cœur d’un hiver glacial, l’inspecteur Mortka est appelé un samedi matin aux aurores sur les lieux d’un incendie criminel. Dans les ruines fumantes d’une villa d’un quartier chic, on découvre le corps de Jan Kameron, un businessman qui a connu des revers de fortune. Sa femme Klaudia, une ex-star éphémère de la chanson, lutte pour sa vie à l’hôpital. Mortka espère d’abord qu’il s’agisse d’un règlement de comptes lié aux affaires pas toujours limpides de Kameron. Mais bien vite, il lui faut se rendre à l’évidence : un pyromane sévit dans les rues de la capitale, balançant des cocktails Molotov par les cheminées et semant la mort sur son passage… Il faudra toute la ténacité de Mortka, déjà fragilisé par son divorce récent et épuisé par les fiestas de ses colocs étudiants, pour mener à bien une enquête où les fausses pistes abondent. Sans compter le harcèlement de sa hiérarchie qui lui colle une profileuse dans les pattes, et le comportement suspect de son adjoint porté sur la boisson…

Avec cette première aventure de l’inspecteur Jakub Mortka, dit Le Kub, Wojciech Chmielarz nous offre un polar noir comme la suie, où police ne rime pas toujours avec justice…

Mon avis :

Je ne connaissais absolument pas ni les polars polonais, ni cette maison d’édition. Et la découverte fût agréable dans les deux cas. Le format, à mi chemin entre le broché grand format qui pèse trois tonnes et le poche, est agréable à prendre en mains. La couverture sobre et mystérieuse si on enlève le bandeau est très sympathique également.

Venons en aux faits…

Ce polar venu du froid…de l’Est m’a offert un excellent moment de lecture. L’auteur a su ajuster les deux composantes qui me plaisent dans ce genre de roman. On a un juste équilibre entre la vie personnelle des personnages et une intrigue très bien ficelée.

Tout commence avec un incendie dans une maison où on retrouve un cadavre et dont une femme a réussi à sortir miraculeusement. Très vite la piste criminelle est mise en avant et c’est à Jakub Mortka dit Le Kub que l’enquête est confié. Avec son adjoint Kochan ils vont tout faire pour mettre la main sur ce pyromane.

C’est le point de départ d’une enquête qui va se révéler très bien ficelée avec des nouvelles pistes et des nouvelles questions au fil des interrogatoires et des recherches de nos 2 policiers. Le ryhtme est très bon sans être intense on ne s’ennuie jamais, chaque action des policiers ouvre de nouvelles portes et apporte également de nouvelles perspectives sans perdre le lecteur. Tout est cohérent et bien amené.

Au milieu de l’enquête à proprement parler on apprend à connaître Le Kub, sa vie, ses déboires amoureux, ses relations avec ses enfants et ses collègues policiers que ce soit son coéquipier ou ses autres collègues. Et même pendant ces passages, on ne perd jamais de vue l’enquête policière et c’est très agréable.

On découvre également le mode de fonctionnement de la justice qui m’a semblé assez similaire du système américain ce qui m’a surprise car je ne m’y attendais pas. La pression du procureur et la concurrence entre collègues pour avoir le meilleur taux de résolution.

Le tout est orchestré de main de maître par l’auteur pour nous amener jusqu’à la résolution finale elle même très bien faite. Le lecteur a toutes les réponses à ses questions et tout prend un sens.

Bref, c’est un excellent polar qu’on dévore page après page pour découvrir le coupable. Un excellent moment de lecture. Ce polar a été lauréat du prix du Gros Calibre, récompensant les meilleurs polars polonais et c’est selon moi largement mérité.

Une nouvelle enquête du Kub, « La ferme aux poupées », doit paraître en avril 2018. Autant vous dire que j’ai hâte de pouvoir découvrir cette nouvelle enquête et je suis persuadée que si vous lisez Pyromane, vous serez aussi impatients que moi de retrouver le Kub et son coéquipier Kochan.