Ce soir on regardera les étoiles – Ali Ehsani

ce soir on regardera les etoiles

Roman de 220 pages publié par les éditions Belfond dans leur collection Le cercle-Belfond le 1er février 2018.

De quoi ça parle :

Des bombardements de Kaboul aux mirages des côtes italiennes, la leçon de vie pleine d’humanité d’un enfant déterminé à faire bouger les frontières d’un monde à la dérive. Bouleversant.
La guerre, c’est le quotidien d’Alì, huit ans. Les rues de Kaboul englouties sous les tirs de mortier, les terrains de foot improvisés au milieu des décombres, le petit garçon est habitué. Mais un soir, au retour de l’école, c’est sa maison qui a disparu et, avec elle, ses parents.
Sans famille ni argent, Alì et son grand-frère Mohammed prennent la route. Direction l’Iran, la Turquie, la Méditerranée, d’autres rives, à la recherche d’autres étoiles sous lesquelles trouver refuge.
Cinq ans plus tard, Alì est devenu un adolescent. Un gamin de treize ans cramponné au châssis d’un poids lourd en partance pour l’Italie. Un jeune homme épuisé, qui rassemble ses forces pour fuir, toujours plus loin. Seul.
Car Mohammed, son grand frère, son héros, s’est égaré en chemin… Qu’est-il arrivé ? Les deux garçons pourront-ils jamais tenir leur promesse d’être réunis, libres et heureux, sous les étoiles ?

Mon avis :

Cette lecture fût une très belle lecture. Emouvante et originale dans l’écriture, j’ai pris beaucoup de plaisir malgré la dureté du sujet.

Ali et son frère Mohammed vivaient à Kaboul, ils n’étaient pas riches mais ils n’étaient pas malheureux. Entourés de leurs parents et malgré les difficultés, ils vivaient leurs vies d’enfants. Jusqu’à ce que la guerre leur arrache leurs parents et leur maison… Et là, leur vie a pris une autre tournure.

« Il est normal que tout être humain cherche à améliorer sa condition et, dans certains cas, partir est le seul moyen d’y arriver ».

Et c’est ce voyage, cette quête d’un avenir meilleur que l’auteur qui, n’est autre qu’Ali, nous raconte. Et c’est un voyage difficile. Déjà dès le second chapitre on découvre que les deux frères ont été séparés. Et c’est là que l’originalité de l’écriture se révèle. C’est Ali qui parle et qui s’adresse à son frère. On a l’impression de lire une longue lettre et c’est très plaisant à lire.

Alternant des passages où les 2 frères sont ensemble et d’autres où Ali est tout seul le périple de nos petits orphelins est peuplé de rencontres bonnes ou mauvaises, d’espoirs, de désillusions mais toujours avec force et courage. Ils ne se plaignent jamais, ne s’appesantissent pas sur leurs malheurs, ce sont même des souvenirs heureux de leur passé qu’Ali nous raconte.

« Ici, il n’y a de place que pour l’avenir, nous avons laissé derrière nous un monceau de décombres, de peur et de douleur dont personne n’a envie de parler. »

L’auteur qui n’est autre qu’Ali, ce petit garçon fort attachant, nous livre un témoignage très émouvant qui montre, avec beaucoup de pudeur et de sensibilité, ce que doivent subir tous ces gens qui n’ont d’autre choix que de tout tenter et même au péril de leur vie, pour espérer avoir une vie meilleure. C’est un magnifique roman qui nous montre l’immigration par l’autre bout de la lorgnette.

Profondément touchant et édifiant c’est un roman à lire assurément et à faire lire au plus grand nombre.

Un book club est organisé le 4 mars sur Facebook dans le groupe des lecteurs du cercle Belfond, vous avez encore le temps de vous l’offrir et de le lire pour participer et échanger sur cette lecture.

Merci à la plateforme NetGalley et aux éditions Belfond de m’avoir permis de découvrir ce titre

 

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Le jour où j’ai rencontré ma fille – Olivier Poivre d’Arvor

le jour ou j'ai rencontré ma filleTémoignage de 264 pages, publié par les éditions Grasset le 21 août 2013 – prix : 18.00 €

« Tout commence par l’âge qui vient : alors qu’il atteint la cinquantaine, le narrateur apprend qu’il est stérile. Il s’aperçoit, en même temps, qu’il ne désire rien de plus qu’être père. Mais si le corps refuse ? Tout recommence au Togo, quelques mois plus tard, lorsqu’il rencontre une petite fille de sept ans, Amaal, et qu’il décide de l’adopter. Mais là encore, comment fait-on quand on est un homme célibataire pour devenir père ?
Des laboratoires parisiens où il découvre son azoospermie aux terres de l’Afrique fertile où l’espoir renaît, des labyrinthes de l’administration au vol Lomé-Paris qui ramènera enfin sa fille chez eux, Olivier Poivre d’Arvor nous raconte le chemin initiatique de deux ans qui a changé sa vie. Pour la première fois, cet homme pudique lève le voile sur un sujet tabou.« 

Mon avis :

J’aime beaucoup les témoignages même s’ils sont bien souvent tristes et cette lecture fut une lecture émouvante!!! Je tiens d’ailleurs à remercier la librairie Nouvelle d’Orléans pour m’avoir prêté ce livre dans le cadre de leur club de lecture des blogueurs.

Ce livre est un témoignage émouvant d’un homme qui, au moment où l’envie de devenir père se fait sentir, apprend que cela ne sera pas possible, en tous cas pas de manière naturelle.

Ce livre parle de la difficulté d’accepter cette situation, du chemin parcouru par l’auteur, de son retour sur toutes ses expériences passées à la recherche d’un possible enfant, puis de sa rencontre avec Amaal, jeune togolaise de 7 ans qui l’adopte très vite comme papa.

S’en suit un témoignage tout aussi émouvant sur le parcours à accomplir pour faire d’une réalité sentimentale, une réalité légale.

On aurait pu croire à un récit bien larmoyant mais pas du tout, le récit est sans pathos, et c’est avec émotion, angoisse, révolte qu’on vit aux côtés de l’auteur son combat pour enfin être reconnu comme le papa d’Amaal.

Cette lecture fut pour moi très agréable et c’est un beau message d’espoir pour ceux qui attendent de vivre le même bonheur.

Bref,un livre à lire tout simplement!!!